La Pistis Sophia… 1 / 4


la FIDÈLE SAGESSE.

Introduction au Livre de la Pistis Sophia



Il n'y a pas si longtemps que ça, dans les pays sous domination catholique, simplement prononcer le titre de cet ouvrage "La PISTIS SOPHIA" vous valait l'excommunion voire le bûcher. Le fait de savoir que cet ouvrage existait était déjà interdit et condamné.

Le fait que ce document soit reconnu comme étant un livre d'une très grande Sagesse par de nombreuses religions gnostiques, disparues ou plutôt détruites pour la majorité d'ailleurs, n'expliquent pas tout.

Depuis ses débuts, la religion catholique se base sur l'impureté de la Femme pour asseoir son pouvoir. Marie-Madeleine n'est-elle pas la prostituée alors que chez les Orthodoxes elle est considérée comme la plus Sainte des Femmes… Découvrir dans ce texte que non seulement Jésus l'a choisi parmi ses disciples mais que dans les débats hautement philosophiques et spirituels qui suivent, elle y a une place prépondérante, pour les pères fondateurs de l'église catholique, c'était et c'est certainement toujours inadmissible.

Pierre a dû faire un travail de correction énorme sur ce texte trouvé sur le Net. Il avait d'abord été scanné, puis retravaillé par un système de reconnaissance de caractères. Mais non corrigé, il contenait des milliers de fautes, "vente" pour "vérité" par exemple… Pire, la ponctuation était tellement généreuse surtout en point-virgule et espaces avant et après qu'elle rendait la lecture extrêmement difficile, voire impossible. Mais en retravaillant chaque phrase pour en favoriser la lecture, cela lui a permit d'en comprendre de nombreuses subtilités. Ila rajouté des titres et sous-titres et également limité l'introduction à quatre pages, car elle débattait de querelles de chiffonniers pas du tout d'Emmaüs.

Le livre de la Pistis Sophia est une production d'origine gnostique digne d'intérêt. Jésus, le Sauveur, en est le principal personnage. Ce livre se compose d'une série d'entretiens qu'il a avec ses disciples et il n'est point hors de propos de ranger cet écrit avec les évangiles apocryphes. Bien sur, il s'en écarte par le style et le genre des récits, il n'est plus question de parler des miracles opérés par Jésus, il ne s'agit plus non plus d'événements empruntés au Nouveau Testament et plus ou moins défigurés. Dans ce livre, tout roule sur les ténébreux mystères d'une théologie apparemment incompréhensible et d'une cosmogonie chimérique mais peut-être pas tant que ça.

Le manuscrit de la Pistis Sophia existe au Musée britannique ; c'est un in-4° de 318 pages, écrit en double colonne et en langue copte. Il provient des collections d'un médecin célèbre, le docteur Askew. D'après la forme des caractères, sa date peut être fixée au sixième ou au septième siècle de notre ère. Un orientaliste des plus instruits, M. Édouard Dulaurier, profitant d'une mission scientifique dont il avait été chargé pour l'Angleterre, fit une copie de ce manuscrit.

Il semblerait que tous les dogmes de Valentin, exposés par les auteurs contemporains, se trouvent enseignés dans ce livre. Sa cosmogonie, sa théorie des émanations et de la probole, y reçoivent les plus riches et les plus curieux développements.

Ce livre imite, dans sa contexture, une forme dramatique. Le Christ, après sa résurrection, passe douze années à converser avec ses disciples et à les instruire dans les mystères d'une science supérieure dont ses enseignements, pendant sa vie terrestre n'auraient été qu'une imparfaite révélation. Les disciples et les saintes femmes paraissent tour à tour en scène, et proposent des questions à Jésus, qui les résout de manière à leur donner connaissance de la doctrine gnostique. Ces questions embrassent la cosmogonie, la théorie des émanations, la nature et la hiérarchie des esprits et des génies, la discussion de l'origine du mal physique et moral. L'ouvrage se termine par le récit d'une cérémonie où figurent Jésus et ses disciples et qui reproduit probablement l'une de celles du culte gnostique.

Le système des émanations, la doctrine de la Lumière, qui se rencontrent dans tourtes les cosmogonies, constituent le fond de ce livre. Dans des hauteurs dont l'œil ou la pensée ne peut sonder l'impénétrable abîme, réside le premier de tous les mystères, la fin de toutes les fins, le père de toute paternité, celui qui est lui-même son père, l'être que l'on n'adore que par le silence et l'extase et duquel découle la grande Lumière des Lumières.

Le cadre est un dialogue entre le Christ et ses disciples. Chacun des disciples provoque par ses questions le Christ à exposer les théories gnostiques. Le principal rôle dans ces interrogations appartient à Marie (Marie-Madeleine), transformée elle-même en éon. Le Christ raconte l'histoire de sa vie anté-mondaine et expose toute la théorie des éons, parmi lesquels Pistis Sophia occupe la première place. Persécutée par les autres éons, elle s'abandonne à la tristesse et adresse à Dieu treize élégies imitées et en grande partie extraites des psaumes. La fin du livre est consacrée à l'explication des noms mystiques de la Divinité.

Fidèle Sagesse, Sophia, ayant levé les yeux vers ces splendeurs infinies, brûla du désir de s'élancer jusqu'à elles. Mais les archons, jaloux et irrités de ce qu'elle avait conçu cette pensée ambitieuse, la précipitèrent dans les ténèbres. Égarées, éperdue dans ces régions désolées, elle implora la Lumière, la suppliant de l'aider de sa volonté toute puissante à remonter dans le lieu d'où elle avait été bannie. Dans ses élans de regrets et d'amour pour cette clarté ineffable dont la vue lui a été ravie, elle lui adresse treize cantiques qui, pour le sens et l'intention dans laquelle ils sont récités cadrent avec un pareil nombre de psaumes de David choisis parmi ceux qui s'accordent le mieux avec sa situation.

Un monument qui provient de la même source, quoique appartenant à un ordre d'idées différent, est le rituel gnostique du musée de Leyde, écrit en caractères égyptiens démotiques et publiés par Leemans. Plusieurs noms se rencontrent également dans l'un et dans l'autre de ces écrits.

Exposons succinctement le sujet de ce livre.

Après sa résurrection, Jésus donne à ses disciples, qui n'avaient que des connaissances fortes imparfaites, la révélation des mystères du ciel. Après avoir parlé de l'enfance de Jean-Baptiste, il raconte sa venue au milieu des éons, ses combats contre les esprits rebelles, les changements qu'il apporte dans le cours des astres. Il rencontre Fidèle Sagesse, retenue dans le chaos, tourmentée par ses ennemis et voulant en vain s'élever vers les régions supérieures. La Sagesse s'adresse à la Lumière, afin d'implorer son secours et de lui exposer ses peines. Pour ce faire, elle récite plusieurs cantiques et à la suite de chacun d'eux, un des apôtres ou une des saintes femmes présente auprès de Jésus, récite un des psaumes de David ou un des prétendus hymnes de Salomon, dont le sens s'applique aux paroles qu'a prononcées La Sagesse.

Les apôtres interrogent ensuite le Sauveur sur la conduite qu'ils doivent tenir à l'égard des hommes qui refuseront d'écouter leurs prédications. Ils le questionnent sur les peines qui sont réservées aux pécheurs dans l'autre vie. Jésus expose à cet égard le tableau des divers genres de supplices qui doivent frapper les coupables selon le nombre des délits, tableau singulier, rempli de circonstances où se fait sentir l'influence orientale et qu'on ne retrouverait pas ailleurs. Arrivent ensuite des détails sur le rôle que jouent les planètes ou les esprits qui les dirigent. Certes, cette astrologie est bizarre et presque inintelligible. S'efforcer de l'éclaircir serait une tentative aussi pénible que superflue, peut-être ne faut-il la percevoir que comme un support de réflexion, un miroir déformant aussi.

On remarque, entre autres particularités dignes d'être mentionnées, le principe du millénarisme, mais étendu à une période bien autrement longue que dix siècles ordinaires.

Nous pouvons distinguer dans cette œuvre des opinions étranges et des vues obscures, au sujet de saint Jean-Baptiste et de Melebisédech. Parmi les noms des êtres étrangers à notre monde qu'énumère l'auteur de la Pistis Sophia, on remarque celui de Ialdabaotb, répandu chez les Valentiniens et surtout chez les Ophites. Son nom, emprunté à la Palestine, signifie fils des ténèbres. Il doit son existence à Sophia. Il reçut de sa mère l'impulsion de créer qu'il répéta dans sa Croix et suivant sa nature, l'œuvre créatrice du Dieu suprême. Il donna l'existence à un ange qui fut son image. Celui-ci en produisit un second, le second un troisième, le troisième un quatrième, le quatrième un cinquième, le cinquième un sixième. Tous les sept se réfléchissaient les uns les autres. Ils différaient néanmoins et habitaient sept régions distinctes. Les noms des six génies émanés d'Ialdabaoth, empruntés aux idiomes de la Syrie, étaient Iaô, Sabaoth, Adonaï, Eloï, Oraüs, Astaphaüs.

Dans le livre qui nous occupe, nous ne trouvons que les deux premiers de ces noms. Selon les Ophites, Ialdabaoth, génie où la Lumière céleste était profondément altérée, acheva le schisme entre les intelligences pures et celles qui se trouvaient en rapport avec la matière. Afin de se rendre indépendant et de passer pour l'Être suprême, il eut l'idée de créer un monde à lui. Le principe pneumatique, le rayon de Lumière qu'il tenait de sa mère, passa de lui dans l'homme.

Pour que la Pistis Sophia ne soit pas une énigme indéchiffrable, il faut avoir une idée des théories gnostiques. En voici un aperçu nécessairement fort succinct :

L'émanation du sein de Dieu de tous les êtres spirituels, leur dégénération progressive et leur affaiblissement, leur rédemption : tel est l'élément constitutif du gnosticisme. Il admet une double série de manifestations et d'êtres qui se rattachent à une même cause première sans toutefois se ressembler. Les uns sont des déploiements immédiats de la plénitude de la vie divine, les autres sont des émanations d'un genre secondaire.

L'Être suprême, le chef de l'une et l'autre série est un abîme (bythos), un être parfait que nulle intelligence ne saurait comprendre. Après avoir passé des siècles dans le repos, il se manifeste par une premier déploiement de ses perfections. Les intelligences auxquelles il donne ainsi l'existence portent aussi le nom de déploiement ou de puissances (dynameis). Elles ont aussi le nom d'éons (aiones).

Le nom de puissances se trouve dans les écrits de Philon pour désigner des esprits distincts de Dieu. Ils remplissent et pénètrent tout, ce sont les idées de Platon hypostasiées.

Les éons participent de la nature de Dieu, le mot grec a??? et a???e? correspond au mot syrien Ithio, pluriel Ithie. C'est chez les cabalistes juifs que cette théorie des incarnations reçut son développement scientifique. Les gnostiques s'en emparèrent et l'étendant au gré de leur imagination, ils y trouvèrent le sujet de longs récits, aussi obscurs que singuliers.

L'un des principaux éons, La Sagesse (Sophia) jouait un grand rôle dans le système de Bardesane et de Valentin. D'après le premier de ces chefs de secte, Sophia était la compagne de Christos, la fille de la compagne du père inconnu mais elle était loin d'être aussi parfaite que sa mère et son frère. Elle était le fruit d'une émanation imparfaite, d'un faible rayon tombé de l'Être suprême sur la terre. Dans l'ordre intellectuel, c'était la compagne de Christos, dans l'ordre physique, c'était l'âme du monde ou la puissance divine qui avait passé de la pensée de Dieu, de l'Ennoia, dans l'ordre des choses matérielles. Elle avait plané sur la surface des eaux, elle avait créé le monde visible avec le secours des éléments et elle avait pu entrer en rapport avec la matière parce qu'elle était d'une nature moins parfaite que Christos.

D'abord elle se plut à former ou à diriger la formation de la matière. Bientôt elle sentit son isolement. Elle commença par gémir sur sa situation et elle adressa à Dieu ses prières. Cet amour pour le monde supérieur réveillé en elle la conduisit sur la voie pour y rentrer. Mais il fallait s'en rendre digne et cela surpassait ses forces. Son frère et son époux, Christos, qu'elle avait quitté, vint à son secours. Elle vit en lui la parfaite image de la Lumière divine. Elle l'anima de tout son être et il la guida dans la marche de son épuration.

Selon Valentin, Sophia était tombée dans le chaos, elle planait sur les éléments de !a création, l'eau et les matières, l'abîme et les ténèbres. Elle ne s'abîmait pas à cause du germe de Lumière qui était en elle. Ne pouvant s'élever auprès de sa Mère si la pensée divine ne s'abaissait sur la matière, elle ne le transformait point mais elle communiquait au chaos le mouvement ou cette âme du monde qui le met en vie et en action. De la masse qui l'enveloppait, elle forma en s'élevant la voûte du ciel. Toutefois, malgré ses efforts, elle ne put d'abord rompre ses rapports avec la matière. Le sentiment du fardeau dont l'accablait son corps, lui fit voir son égarement. Elle eut le désir de s'en relever et des efforts bien concertés la ramenèrent à son rang originaire. Elle n'avait jamais appartenu au plérôme et elle n'y entra pas. Mais elle parvint à une région moyenne où elle reçut une Lumière plus pure et où elle se dégagea entièrement de son corps.

Quelques écoles gnostiques admettaient une seconde Sophia, fille de la première ou de Sophia Achamoth. Cette Sophia inférieure était une création imparfaite qui, ne pouvant s'élever avec sa mère dans le plérôme, se précipita dans le chaos et se confondit avec lui. Sa chute, ses égarements, son rétablissement furent une répétition un peu plus marquée des destinées de sa mère. Dans son état d'abaissement, la tristesse et les angoisses alternaient en elle avec le rire et les joies. Tantôt elle pressentait son anéantissement tantôt l'image de la Lumière qu'elle avait quittée ravissait toutes ses facultés. Jésus vint enfin à son secours, l'instruisit, la délivra de ses maux, l'unit avec Dieu, et l'éleva au plérôme auquel elle tenait par sa mère.

Il importe d'exposer rapidement ici quelles étaient, parmi les gnostiques, les opinions répandues au sujet de Jésus, opinions variant d'ailleurs parmi les diverses écoles.

Selon les Valentiniens, Christos était à distinguer de Jésus, Christos avait été engendré par le Nous, la première manifestation des puissances de Dieu, le premier des éons, le commencement de toutes choses, le révélateur de la divinité. Christos rétablit l'ordre et l'harmonie parmi les éons qu'avait momentanément égarés un esprit de désordre. Dans leur reconnaissance, ils résolurent de glorifier le Dieu suprême par une création qui réunit tout ce qu'il y avait de beau dans leur nature. Ce fut un éon, nommé Jésus, qui devait répandre dans toutes les créatures placées en dehors du plérôme les germes de vie divine qu'il renfermait en sa personne. Il fut pour le monde inférieur ce que Christos avait été pour le plérôme.

D'après les Ophites, le Sauveur céleste, descendant par les régions des sept anges, apparut dans chacune d'elles sous la forme de leurs chefs, cacha la sienne, assuma la Lumière et entra dans l'homme Jésus au baptême du Jourdain.

Ialdabaoth, s'apercevant que son fils Jésus détruisait son empire et qu'il abolissait son culte, le livra à la haine des Juifs et le fit crucifier par eux. Mais Christos et sa sœur le ranimèrent, et, laissant à la terre la dépouille matérielle de Jésus, ils lui donnèrent un corps aérien doué d'une Lumière éblouissante. Jésus resta sur la terre dix-huit mois après sa résurrection. Il reçut par les soins de Sophia, cette science parfaite ou cette véritable Gnose, qu'il communiqua à ses apôtres. Élevé ensuite dans la région intermédiaire, Jésus siège à la droite du Créateur pour recevoir les âmes de Lumière qui se purifient par Christos.

Pour saisir le sens de quelques expressions employées par l'auteur de la Pistis Sophia et pour saisir certaines de ses idées, il faut se souvenir que les émanations procèdent par des syzygies composées chacune de deux intelligences d'un sexe différent et que des décans ou doyens (de?a???) jouaient un rôle important dans le système de Bardesane, lequel joignait aux éons princes de la terre, aux sept esprits planétaires et aux génies des douze constellations du zodiaque, trente-six intelligences astrales, appelées décans. Constatons aussi que les gnostiques admettaient l'existence de plusieurs cieux dont le nombre variait suivant les diverses écoles. A chacun de ces cieux présidaient autant de génies et d'archons. Chaque archon avait des classes de génies qui lui étaient subordonnées et chacun avait engendré des satellites.

Ces groupes sectaires affirmaient aussi que l'ordre actuel des choses cessera d'exister dès que le but de la rédemption sera pleinement accompli sur la terre ; alors le feu répandu dans le monde en jaillira de toutes parts. Il consumera jusqu'aux scories de la matière, dernier siège du mal, et les esprits arrivés à leur parfaite maturité, passeront dans le plérôme, pour y jouir d'un bonheur parfait.

De nombreux chercheurs ont échoué dans leurs tentatives pour donner un sens aux idées de l'auteur de la Pistis Sophia, idées que couvrent d'épaisses ténèbres, qui exposent des rêveries chimériques et qu'il serait bien superflu de vouloir ramener à un système définitif et arrêté. Toutes ces tentatives pénibles et ingrates ont permis de mettre en relief les incompréhensibles et stériles aberrations où s'égaraient aux premiers siècles de l'ère chrétienne les penseurs qui osaient s'écarter des routes de la vérité. On peut comparer Fidèle Sagesse, un des livres sacrés des gnostiques, avec les Évangiles canoniques et l'on reconnaîtra toute la différence qui sépare de pareilles théories des doctrines sublimes et simples contenues dans les livres inspirés.

Le Mystère Originel

Lorsque Jésus fut ressuscité d'entre les morts, il passa onze ans, parlant avec ses disciples et les enseignant jusqu'aux lieux non seulement des premiers préceptes et jusqu'aux lieux du premier mystère, de celui qui est dans l'intérieur des voiles, dans l'intérieur du premier précepte, qui est lui-même le vingt-quatrième mystère, mais aussi des choses qui sont au-delà, qui sont dans la seconde place du second mystère, qui est avant tous les mystères, le père de la similitude de la colombe.

Jésus dit à ses disciples : Je suis venu de ce premier mystère, qui est le même que le dernier mystère, qui est le vingt-quatrième.

Ses disciples ne connaissaient ni ne comprenaient ces choses, car aucun d'eux n'avait pénétré ce mystère mais ils pensèrent que ce mystère était le sommet de l'Univers et la tête de toutes les choses qui existent. Et ils pensèrent que c'était la fin de toutes les fins, car Jésus leur avait dit, au sujet de ce mystère, qu'il environne le premier précepte et les cinq empreintes et la grande Lumière et les cinq assistants et également tout le trésor de la Lumière.

Et Jésus n'avait pas encore annoncé à ses disciples toute l'émanation de toutes les régions du grand invisible et des trois triples pouvoirs et des vingt-quatre invisibles et de leurs régions et de leurs éons et de leurs rangs, le tout selon la manière dont émanent ceux qui sont les mêmes que les proboles du grand invisible.

Il ne leur avait pas dit leurs naissances et leurs créations et leur vivification et leurs archons et leurs anges, et leurs archanges et leurs décans et leurs satellites et toutes les maisons de leurs Croixs. Jésus n'avait pas dit à ses disciples toute l'émanation des proboles du trésor de la Lumière. Il ne leur avait pas parlé de leurs Sauveurs selon l'ordre de chacun d'eux et le mode de leur existence. Il ne leur avait pas parlé des régions des Sauveurs jumeaux qui est l'enfant de l'enfant et il ne leur avait pas dit le lieu des trois amen qui sont dispersés dans l'espace. Il ne leur avait pas dit en quel lieu émanent les cinq arbres ni les sept amen qui sont les mêmes que les sept voix ni quelle est leur région selon le mode de leur émanation. Jésus n'avait pas dit non plus à ses disciples quelles sont les régions des cinq assistants ou en quelle région ils sont. Il ne leur avait pas parlé des cinq empreintes ni du premier précepte et en quel lieu elles sont. Il avait seulement, en parlant avec ses disciples, révélé l'existence de ces êtres mais il ne leur avait pas expliqué leur émanation et le rang de leur région.

Ils ne savaient donc pas qu'il y avait d'autres régions dans l'intérieur de ce mystère et il n'avait pas dit à ses disciples de quel lieu il était sorti jusqu'à ce qu'il entrât ans ce mystère, jusqu'à ce qu'il en fût émané, mais il leur avait dit en les enseignant :

Je suis venu de ce mystère.

C'est pourquoi ils pensaient, au sujet de ce mystère, que c'était la fin de toutes les fins et que c était le sommet de l'Univers, et que c'était le plérôme entier.

Et Jésus dit à ses disciples : Ce mystère environne toutes les choses que je vous ai dites depuis le jour où je suis venu vers vous jusqu'au jour d'aujourd'hui.

C'est pourquoi les disciples ne pensaient pas qu'il y eût quelque chose dans l'intérieur de ce mystère.

La Lumière sur le Mont des Oliviers

Il advint que les disciples étant assis ensemble sur le mont des Oliviers dirent ces paroles et se livrant à une grande allégresse se réjouissaient et se disaient mutuellement :

Nous sommes plus heureux que tous les hommes qui sont sur la terre parce que le Sauveur nous a révélé toutes ces choses et que nous avons reçu toute élévation et toute perfection. Et, tandis qu'ils parlaient ainsi, Jésus était assis un peu à l'écart. Et il arriva que le quinzième jour de la lune du mois de Tobé qui était le jour où la lune était pleine, ce même jour, le soleil s'étant levé dans sa marche ordinaire, il parut ce jour-là une grande force de Lumière, jetant un éclat incomparable, et nulle espèce de Lumière n'en approchait. Car elle sortait de la Lumière des Lumières, et elle vint sur Jésus et l'enveloppa tout entier. Il était un peu éloigné de ses disciples et il brillait d'un éclat incomparable.

Les disciples ne voyaient pas Jésus à cause de la grande Lumière qui l'entourait, car leurs yeux étaient aveuglés par l'éclat de cette Lumière. Ils apercevaient seulement la Lumière qui lançait de grands jets de Lumière. Ces jets n'étaient pas égaux entre eux, et la Lumière n'était pas partout égale, et elle se dirigeait en diverses directions, depuis la partie inférieure jusqu'à la partie supérieure, et la splendeur de cette Lumière atteignait depuis la terre jusqu'aux cieux. Et les disciples, en voyant cette Lumière, furent dans un grand trouble et dans un grand effroi.

Et il advint qu'une grande splendeur lumineuse vînt sur Jésus et l'enveloppa peu à peu. Alors Jésus fut élevé au-dessus de la terre, et il plana, et s'envola, resplendissant d'une clarté immense. Et les disciples le regardèrent jusqu'à ce qu'il fût monté au ciel, aucun d'eux ne prenant la parole, mais ils étaient tous dans un grand silence. Et ces choses se passèrent le quinzième jour de la lune, le jour où se termine le mois de Tobé.

Et il arriva que lorsque Jésus fut monté dans le ciel après la troisième heure, toutes les forces des cieux se troublèrent et s'agitèrent entre elles, et tous les éons, et toutes les régions et tous leurs ordres, et la terre entière fut agitée, ainsi que tous ses habitants. Et tous les hommes furent troublés ainsi que les disciples, et ils pensaient qu'il était possible que le monde fût au moment d'être détruit. Et toutes les forces qui étaient dans le ciel ne cessèrent point être troublées, et elles s'agitèrent entre elles, depuis la troisième heure du quinzième jour de la lune de Tobé jusqu'à la neuvième heure du jour suivant. Et tous les anges, et les archanges, et toutes les puissances des régions supérieures chantaient des hymnes, de sorte que le monde entier entendait leur voix qui ne cessa point jusqu'à la neuvième heure du jour suivant.

Mais les disciples étaient assis ensemble, épouvantés et livrés au trouble le plus extrême. Ils s'effrayaient du grand mouvement qui avait lieu, et ils pleuraient ensemble disant : Qui est-ce qui arrivera ? Est-ce que le Sauveur détruira toutes les régions ? Et en parlant ainsi ils versaient ensemble des larmes, et la neuvième heure du jour suivant, les cieux s'ouvrirent et ils virent Jésus qui descendait, resplendissant d'un éclat extraordinaire. Et cette Lumière n'était pas égale, mais il y en avait de diverses façons, et elle se divisait en des Lumières infinies, plus éblouissantes les unes que les autres. Il y en avait de trois espèces qui brillaient d'une manière différente, la seconde qui était au milieu l'emportait sur la première, et la troisième était supérieure aux deux autres. Et la première lueur était semblable à la Lumière qui était venue envelopper Jésus avant qu'il montât aux cieux.

Et il advint que lorsque les disciples virent cela, ils furent grandement troublés et saisis d'effroi. Et Jésus miséricordieux el doux, voyant ses disciples extrêmement troublés, leur parla, disant :

Rassurez-vous, c'est moi, ne craignez point.

Et lorsque les disciples entendirent ces paroles, ils dirent : Seigneur, si tu retires à toi cette Lumière éblouissante, nous pourrons rester ici sinon, nos yeux resteront aveuglés et nous sommes troublés et le monde entier est aussi troublé à cause de la grande Lumière qui t'environne. Alors Jésus retira en lui la splendeur de sa Lumière, et les disciples rassurés vinrent vers Jésus et se prosternant à la fois devant lui, ils l'adorèrent, disant :

Maître, où as-tu été et à quelle fonction as-tu été appelé ? Et d'où viennent tous ces troubles et toutes ces perturbations qui ont lieu ?

Et Jésus, plein de miséricorde, leur dit : Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, depuis l'heure où-je suis venu aux cieux d'où je suis sorti, car dès ce moment, je vous parlerai en toute clarté depuis le commencement de la vérité jusqu'à la fin et je vous parlerai face à face sans parabole. Je ne vous cacherai rien, dès cette heure, à l'égard des choses qui appartiennent aux régions supérieures et à l'égard de celles qui appartiennent aux régions de la vérité. Car l'autorité m'a été donnée par l'Ineffable et par le premier mystère de tous les mystères par qui je vous parle depuis le commencement jusqu'à l'accomplissement et depuis les choses intérieures jusqu'aux extérieures et depuis les choses extérieures jusqu'aux intérieures. Écoutez donc afin que je vous dise toutes ces choses.

Il advint que j'étais assis à quelque distance de vous dans le jardin des Olives, méditant sur l'ordre de la mission pour laquelle j'avais été envoyé, car elle était accomplie, et le dernier mystère, qui est le même que le vingt-quatrième mystère depuis les choses intérieures jusqu'aux extérieures, ne m'avait pas encore envoyé un vêtement (vestimentum, ??d?µa), et ces choses sont dans la seconde place du premier mystère dans l'ordre de ses places.

Le Vêtement de Lumière

Il advint que lorsque je comprenais que le but de mon ministère pour lequel j'étais venu était accompli et que le mystère ne m'avait pas encore envoyé mon vêtement, que le temps n'étant pas accompli, et que lorsque je méditais sur ces choses assis dans le jardin des Oliviers, à quelque distance de vous, le soleil se levant aux lieux où l'a placé le premier mystère par lequel il a été créé. Voici que d'après l'ordre du premier mystère, mon vêtement de la Lumière me fut envoyé, celui qui m'avait été donné depuis le commencement, et que j'ai mis dans le dernier mystère qui est le vingt-quatrième mystère depuis ceux qui sont dans le rang de la seconde place du premier mystère.

Et c'est ce vêtement que je mis dans le dernier mystère jusqu'à ce que le temps fut accompli où je devais commencer à parler avec la race humaine et à leur révéler toutes choses depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin, en parlant depuis les intérieurs des intérieurs jusqu'aux extérieurs des extérieurs.

Réjouissez-vous donc et soyez pleins d'allégresse, parce qu'il vous a été donné que je vous parle depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin. Je vous ai choisis dès le commencement par le premier mystère. Réjouissez-vous, car, descendant dans le monde, j'ai, depuis le commencement, conduit avec moi douze forces selon la manière que je vous ai dite dès le commencement. Je les ai prises des douze Sauveurs du trésor de la Lumière suivant le commandement du premier mystère ; je les ai jetées dans le sein de nos mères, en venant dans le monde, et ce sont celles qui sont aujourd'hui dans notre corps. Ces forces m'ont été données au-dessus de tout le monde, car vous devez sauver le monde entier, pour que vous puissiez souffrir les menaces des chefs du monde, et les peintes du monde, et ses périls, et ses persécutions.

Je vous ai dit bien des fois que la force qui a été mise en vous, je l'avais tirée des onze Sauveurs qui sont dans le trésor de la Lumière. C'est pourquoi je vous ai dit dès le commencement que vous n'étiez pas de ce monde, et moi je n'en suis pas. Tous les hommes qui sont dans le monde, ont pris des âmes des archons des éons. Mais la force qui est en vous vient de moi, car votre âme appartient aux régions supérieures. J'ai amené les douze Sauveurs du trésor de la Lumière que j'ai prise d'une portion de ma force que j'ai prise la première. Et lorsque je suis venu en entrant dans le monde, je suis venu au milieu des archons des Croixs, semblable à Gabriel, l'ange des éons, et les archons des éons ne m'ont pas connu, mais ils pensaient que j'étais l'ange Gabriel.

Il advint que lorsque je fus venu au milieu des chefs des éons, je regardai d'en haut le monde des hommes suivant le commandement du premier mystère, et je trouvai Elisabeth, mère de Jean-Baptiste avant qu'elle l'eut conçu. Je mis en elle la force que j'avais reçue du petit Jaô, le bon qui est dans le milieu, afin qu'il pût prêcher avant moi, et qu'il préparât ma voie, et qu'il baptisât de l'eau de la rémission des péchés. Et cette force est dans le corps de Jean. Et au lieu d'un archon destiné à la recevoir, je trouvai l'âme d'Élie le prophète dans la Croix des éons, et je le pris, et je reçus son âme, et je la conduisis à la Vierge, fille de la Lumière, et celle-ci la donna à ses héritiers qui la conduisirent dans la Croix des archons et la placèrent dans le sein d'Elisabeth. La force du petit Jaô, de celui qui est au milieu, et l'âme d'Élie le prophète, ont été liées dans le corps de Jean-Baptiste. C'est pourquoi vous avez douté au temps que je vous ai dit :

Jean dit : Je ne suis pas le Christ, et vous me dites : il est écrit dans l'Écriture, que si le Christ vient, Élie viendra avant lui et lui préparera la voie. Mais lorsque vous m'avez parlé ainsi, je vous ai répondu : Élie est véritablement venu et il a préparé toutes choses selon la manière qui a été écrite, et ils lui ont fait ce qu'ils ont voulu. Et comme je connaissais que vous ne compreniez pas ce que je vous ai dit de l'âme d'Élie liée en Jean-Baptiste, je vous ai répondu dans un discours en parabole, vous parlant face à face, si vous voulez comprendre Jean-Baptiste et cet Élie dont je vous ai annoncé la venue.

Et Jésus continuant de parler, dit : Il advint ensuite que, suivant le commandement du premier mystère, je regardai d'en haut le monde des hommes, je trouvai Myriam qui est appelée ma mère selon la chair, je lui parlai sous la figure de Gabriel, et lorsqu'elle se fut élevée vers moi, je mis en elle la première force que je reçus de Barbelon, c'est-à-dire le corps qui venait des régions supérieures. Et au lieu de l'âme, je mis en elle la force que je reçus du grand Sabaoth, le bon qui est dans la division de droite, et les douze forces des douze Sauveurs du trésor de la Lumière que je reçus des douze diacres qui sont dans le milieu, je la portai dans la Croix des archons. Et les décans des archons et de leurs satellites pensaient que c'était les âmes des archons, et ils la portèrent aux satellites, et je les liai dans les corps de vos mères. Et lorsque votre temps fut accompli, elles vous enfantèrent dans le monde, nulle âme des archons n'existant en vous.

Lorsque Jésus eut dit ces choses à ses disciples sur le mont des Olives, il continua de parler et il dit : Réjouissez-vous, et que la joie se place sur votre joie, parce que les temps sont accomplis où je revêtirai mon vêtement qui m'a été préparé dès le commencement et que j'ai mis dans le dernier mystère jusqu'au temps de sa perfection. Mais son temps n'était pas accompli, le temps prescrit par le premier mystère, pour que je vous parle depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin, et depuis les intérieurs des intérieurs, parce que le monde doit être sauvé par vous. Réjouissez-vous donc et soyez dans la joie, car vous êtes heureux au dessus de tous les hommes sur la terre puisque vous devez sauver le monde entier.

Et lorsque Jésus eut fini de dire ces paroles à ses disciples, il dit : Voici que je reçus mon vêtement et toute science m'est donnée pour le premier mystère. Encore un peu de temps et je vous dirai tout mystère et tout pleurôme et je ne vous cacherai rien depuis cette heure, mais dans la perfection je vous instruirai de toute perfection et de tous les mystères qui sont eux-mêmes la fin de toutes les fins et le pleurôme de tous les pleurômes et la gnose de toutes les gnoses qui sont dans mon vêtement. Je vous dirai tous les mystères depuis l'intérieur des intérieurs jusqu'à l'extérieur des extérieurs ; écoutez donc, et que je vous dise toutes les choses qui me sont arrivées.

Il advint que lorsque le soleil se leva dans les lieux de l'Orient, une grande puissance de Lumière descendit, dans laquelle était mon vêtement que je mis dans le vingt-quatrième mystère comme je vous l'ai déjà dit. Et je trouvai le mystère dans mon vêtement écrit dans les cinq paroles qui appartiennent aux régions supérieures et qui sont : Zama, zama ôzza rachama ôzai, dont l'explication est celle-ci :

Le mystère, qui est en dehors du monde et qui est cause que l'Univers entier ait été fait, c'est toute l'agression et toute l'élévation ; il projette toutes les émanations et ce qui est en elles toutes. Je suis venu vers nous (veni ad nos) pour que nous nous associons a toi, mais nous étions tous avec toi.

Nous sommes Uns et Identiques,
Et Tu es Un et Identique.

C'est le premier mystère qui a été fait depuis le commencement et qui est ineffable avant l'émanation, et nous sommes tous son nom.

Maintenant, nous vivons donc tous ainsi pour toi dans la dernière limite qui est la même que le dernier mystère depuis l'intérieur. Nous t'avons envoyé ton vêtement qui est le tien depuis le commencement que tu as placé dans la dernière limite, jusqu'à ce que son temps soit accompli suivant le commandement du premier mystère. Et son temps étant accompli, je te le donnerai.

Viens à nous, parce que nous sommes tous en toi, pour que nous te revêtions du premier mystère et de toute sa gloire, suivant l'ordre de celui qui nous a donné le premier mystère, car tu es notre prédécesseur et tu as été fait avant nous. Hâte-toi, revêts ce vêtement ; viens à nous, car nous avons besoin de toi, afin que nous te revêtions de ce vêtement jusqu'à ce que le temps déterminé par l'Ineffable soit accompli. Ce temps est déjà accompli. Viens donc promptement vers nous afin que nous t'en revêtions jusqu'à ce que tu accomplisses tout le ministère de la perfection du premier mystère déterminée par l'Ineffable. Viens à nous et laisse le monde. Viens donc ; tu recevras aussitôt toute ta gloire qui est la gloire du premier mystère. Et lorsque je vis le mystère de toutes ces paroles dans le vêtement qu'il m'avait envoyé, je m'en revêtis à cette heure, et je devins une Lumière immense, et je volai dans les régions supérieures, et je vins aux portes du firmament étant devenu une Lumière incomparable. Et toutes les portes du firmament s'émurent et s'ouvrirent.

Jésus entre dans la Croix…

Ayant quitté ce lieu, je montai dans la première Croix, et je brillai d'une Lumière des plus immenses, quarante fois neuf fois plus grande que celle dont je rayonnais dans le firmament, et, lorsque je vins aux portes de la première, toutes ses portes s'émurent et s'ouvrirent à la fois d'elles-mêmes. J'entrai dans le séjour des Croixs, jetant une Lumière immense, et tous les archons furent dans un grand trouble, et s'agitant tous dans cette Croix, ils virent la grande Lumière qui m'appartenait. Et regardant mon vêtement, ils virent en lui le mystère de son nom, et leur trouble augmenta.

Et ils furent dans une grande épouvante, disant : Est-ce que le Seigneur de l'Univers nous a changés à notre insu ? Et tous leurs liens furent brisés, ainsi que leurs rangs. Et chacun s'arrêta en son rang, se prosternant tous à la fois devant moi et devant mon vêtement, ils m'adorèrent, et ils chantèrent tous des hymnes de l'intérieur des intérieurs, éprouvant une grande crainte et une grande perturbation.

Jésus entre dans l'Heimarméné…

Et quittant ce lieu, je vins aux portes de la seconde Croix qui est l'Heimarméné, et toutes ses portes s'émurent et s'ouvrirent d'elles-mêmes. Et j'entrai dans le séjour de l'Heimarméné entouré d'une Lumière immense et il n'y avait nulle espèce de Lumière qui ne fût en moi. Et la Lumière était quarante fois neuf fois plus grande dans l'Heimarméné que dans la Croix.

Et tous les archons qui sont dans cette Croix se troublèrent et ils tombèrent les uns sur les autres, saisis d'une grande épouvante en voyant la Lumière qui m'appartenait. Et, regardant mon vêtement, ils virent, dans mon vêtement, le mystère de son nom, et de plus en plus troublés, ils furent saisis de crainte, disant entre eux : " Comment le Seigneur nous a-t-il changés, sans que nous le sachions ?

Et les liens de leurs liens et de leurs rangs et de leurs séjours furent brisés, et chacun s'arrêta en son rang. Et tous se prosternant devant moi et devant mon vêtement, ils m'adorèrent. Et tous chantèrent une hymne depuis l'intérieur des intérieurs, étant saisis d'une grande crainte et d'un grand trouble.

Jésus entre dans le Triple Pouvoir…

Et, laissant ce lieu et montant vers les grands archons des éons, je vins à leurs voiles et à leurs portes, montrant une Lumière immense, et il n'y avait nulle espèce de Lumière qui ne fût en moi. Et il advint que lorsque je parvins aux douze éons, leurs voiles et leurs portes furent grandement troublés, et leurs voiles se replièrent d'eux-mêmes, et leurs portes s'ouvrirent à la fois, et j'entrai vers les éons, brillant d'une Lumière immense, à laquelle nul genre de Lumière n'était étranger, et celte Lumière était quarante fois neuf fois plus grande que dans l'Heimarméné.

Et leurs anges, et leurs éons, et leurs archanges, et leurs archons, et leurs dieux, et leurs Seigneurs, el leurs forces, et leurs étincelles, et leurs ancêtres, et leurs triples pouvoirs me virent, moi qui étais la Lumière immense et auquel nulle espèce de Lumière n'était étrangère. Et ils furent extrêmement troublés. Et une grande frayeur s'empara d'eux lorsqu'ils virent la Lumière éblouissante qui était à moi. Et leur trouble et leur crainte parvinrent jusqu'aux régions du grand Maître des cieux et jusqu'à celles des trois grands triples pouvoirs.

Et à cause de leur grande frayeur, le grand Maître et les trois triples pouvoirs ne cessèrent de courir de çà et de là dans leurs régions. Ils ne purent fermer leurs régions à cause de la grande frayeur qu'ils éprouvaient, et ils réunirent tous leurs éons et toutes leurs Croixs, et tous leurs sujets, troublés et effrayés à l'extrême à cause de la grande Lumière qui était en moi, bien différente de celle qui m'appartenait lorsque j'étais sur la terre des hommes lorsque le vêtement resplendissant était venu sur moi.

Car il ne pouvait souffrir la Lumière, comme elle est dans sa vérité, autrement le monde se dissoudrait ainsi que toutes les choses qu'il contient. Mais la Lumière qui était en moi, chez les douze éons, est huit fois mille fois et sept fois cent fois plus grande que celle qui fut avec moi dans le monde avec vous.

Il advint que tous ceux qui étaient chez les douze éons furent dans le plus grand trouble, lorsqu'ils virent la grande Lumière qui était en moi ; ils coururent çà et là dans leurs régions, et tous les éons furent troublés, et tous les cieux et tous leurs mondes à cause de l'épouvante qu'ils éprouvaient, parce qu'ils ne connaissaient pas le mystère qui était accompli. Et Adamas, le grand tyran, et tous les tyrans qui sont chez tous les éons, commencèrent à combattre en vain contre la Lumière. Et ils ne purent pas voir qui ils combattaient, parce qu'ils ne voyaient rien qu'une Lumière très éclatante.

Et il advint que lorsqu'ils combattaient contre la Lumière, ils succombèrent tous et, tombant sans force, ils devinrent comme les habitants de la terre quand ils sont morts, et qu'en eux il n'y a plus de souffle. Et j'enlevai la troisième partie de la force d'eux tous, afin qu'ils ne persistassent pas dans leurs mauvaises pratiques, et pour que si les hommes, qui sont dans le monde, les invoquaient dans leurs mystères que les anges pécheurs ont révélés et qui sont la magie, afin donc que si les hommes les invoquaient dans leurs mauvaises pratiques, ils ne pussent les accomplir.

Jésus modifie l'Ordre des Choses …

Et je changeai les Heimarménés et les Croixs qui sont leurs souveraines, et je les rendis pendant six mois tournées vers la gauche et accomplissant leurs influences, et pendant six mois tournées vers la droite et accomplissant leurs influences d'après le commandement du premier précepte et d'après le commandement du premier mystère, Iaô, le gardien de la Lumière, les avait placés regardant à gauche en tout temps, et accomplissant leurs influences et leurs fonctions.

Et il advint que lorsque j'arrivai à leurs régions, ils furent indociles à la Lumière et en hostilité avec elle. C'est pourquoi je leur enlevai la troisième partie de leur force, afin qu'ils ne pussent accomplir leurs mauvaises pratiques, et je changeai les Heimarménés et les Croixs, les plaçant tournées à droite pendant six mois accomplissant leurs influences, et tournées à gauche pendant six mois.

Et quand le Sauveur eut ainsi parlé à ses disciples, il dit : Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre.

Et quand Myriam eut entendu les paroles qu'avait dites le Sauveur, elle regarda dans l'air avec étonnement pendant la durée d'une heure et elle dit : Seigneur, permets-moi de te parler avec sincérité.

Et Jésus le miséricordieux répondit à Myriam : Myriam, tu es heureuse ; je t'instruirai de tous les mystères qui appartiennent aux régions supérieures. Parle avec sincérité, toi dont le cœur est plus que celui-là de tous tes frères dirigé vers le royaume des cieux.

Et Myriam dit au Sauveur : Seigneur, tu as dit : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre afin que nous entendions les paroles que tu as dites. Écoute-moi donc, Seigneur : Tu as dit : J'ai enlevé la troisième partie de la force de tous les archons des éons. J'ai changé leurs Heimarménés et leurs Croixs qui sont leurs souveraines afin que si la race des hommes qui sont en ce monde les invoquait dans leurs mystères que les anges pécheurs leur ont enseignés pour accomplir leurs méfaits, dans les mystères de leur magie, ils ne pussent dès cette heure, accomplir leurs méfaits, car tu leur as enlevé leur force el leurs devins.

Et ceux qui montrent aux hommes qui sont dans le monde toutes les choses futures n'ont plus la faculté, depuis cette heure, de leur montrer l'avenir parce que tu as changé leurs Croixs et que tu les as rendus durant six mois tournées à gauche, accomplissant leurs influences, et durant six autres mois tournées à droite, accomplissant leurs influences.

C'est de tes paroles, Seigneur, qu'a parlé la force qui était dans Isaïe le prophète, et qu'elle a dit en parabole, en parlant de l'Égypte : Où donc est l'Égypte, où sont tes devins elles interprètent de l'heure, et ceux qu'ils évoquent de la terre, et ceux qu'ils appellent eux-mêmes ?

La force qui était dans Isaïe le prophète a donc prophétisé, avant que tu ne vinsses et elle a annoncé que tu enlèverais leur force à tous les archons des éons, et que tu changerais leurs Croixs et leurs Heimarménés.

Et quand le prophète a dit : Vous ne savez pas ce qu'accomplira le Seigneur, cela signifie que nul des archons ne sait ce que tu accompliras dès cette heure et ce qu'a dit Isaïe de l'Égypte, doit se dire aussi de la matière sans efficacité et Isaïe parlait de la force qui est aujourd'hui dans ton corps matériel et que tu as prises dans Sabaoth le bon, qui est dans la région de droite.

C'est donc pour ce motif que tu nous as dit Seigneur Jésus : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre parce que tu sais si le cœur de chacun aspire ardemment vers le royaume des cieux.

Et lorsque Myriam eut cessé de dire ces paroles, le Sauveur dit : C'est bien, Myriam, tu es heureuse au-dessus de toutes les femmes qui sont sur la terre, car tu seras le pleurôme de tous les pleurômes et la fin de toutes les fins.

Et quand Myriam eut entendu le Sauveur s'exprimer de la sorte, elle ressentit une extrême allégresse et allant vers Jésus, elle se prosterna devant lui et adora ses pieds en disant : Seigneur, écoute-moi, et permets que je t'interroge au sujet des paroles que tu m'as dites concernant les régions dans lesquelles tu as été…

Et Jésus répondant à Myriam dit : Parle avec franchise et ne crains rien, je te révélerai toutes les choses que tu demanderas.

Et elle dit : Seigneur, tous les hommes sachant les mystères de la magie des archons de tous les éons, et de la magie des archons de l'Heimarméné et de ceux qui appartiennent à la Croix, comme les anges méchants les leur ont enseignés et ils les invoquent dans leurs mystères qui sont leur magie pour empêcher de bonnes actions, pourront-ils accomplir leurs projets en ce temps, ou non ?

Et Jésus répondant à Myriam dit : Ils ne les accompliront pas comme ils les accomplissaient depuis le commencement, lorsque je leur enlevai la troisième partie de leur force. Mais ils feront la faute en ceux qui savent les mystères de la magie du treizième éon.

Et quand Jésus eut dit ces paroles, Myriam se leva et dit : Seigneur, les devins et les observateurs de l'heure (les astrologues, les faiseurs d'horoscopes), montreront-ils dès lors aux hommes les choses futures ?

Et Jésus répondit à Myriam : Si les observateurs de l'heure tombent sur les Heimarménés et les Croixs tournées vers la gauche suivant leur première émanation, leurs paroles s'accompliront et ils diront ce qui devra arriver, mais s'ils rencontrent les Heimarménés ou que les Croixs soient tournées vers la droite, ils n'annonceront rien de vrai parce que leurs influences seront retournées ainsi que leurs quatre angles, et leurs trois angles, et leurs huit figures. Car, dès le commencement, leurs quatre angles et leurs trois angles et leurs huit figures étaient tournés vers la gauche. Mais je les changerai, faisant qu'elles se tournent six mois vers la gauche et six mois vers la droite.

Celui qui aura trouvé leur nombre depuis le temps que je les ai changées en réglant que pendant six mois, elles regardent leur voie gauche et que pendant six mois elles regardent leur voie droite, celui qui les aura observées de cette manière aura exactement leurs influences et annoncera toutes les choses qu'elles feront.

Il en sera de même des devins, s'ils invoquent le nom des archons pour que leurs influences tournées vers la gauche se révèlent à eux. Et sur toutes les choses à l'égard desquelles ils interrogeront les décans, ceux-ci les diront exactement.

Et si les devins invoquent leurs noms, regardant vers la droite, ils ne les entendront point regardant vers une autre figure, selon leur première disposition dans laquelle Iaô les a placées, et ils seront dans un grand trouble, ne connaissant pas leurs trois angles et leurs quatre angles, et toutes leurs figures.

Et il advint que Jésus ayant prononcé ces paroles, Philippe étant assis écrivait toutes les paroles que Jésus disait et ensuite Philippe s'avançant, se prosterna et adora les pieds de Jésus, disant :

Mon Sauveur et Seigneur, donne-moi la permission de parler et je t'interrogerai au sujet de la parole que tu nous as dite concernant les régions où tu as été à cause de ta mission.

Et le Sauveur miséricordieux répondant à Philippe dit : La permission est donnée, dis ce que tu veux dire.

Et Philippe répondit à Jésus : Seigneur, à cause du mystère, tu as changé les rapports des archons et de leurs éons et de leurs Heimarménés et de leurs Croixs et de toutes leurs régions. Tu les as rendus tous troublés dans leur voie et égarés dans leurs courses. As-tu fait ces choses pour le salut du monde ou non ?

Jésus répondant, dit à Philippe et à ses disciples : J'ai changé leur voie pour le salut de toutes les âmes. En vérité, en vérité, je vous le dis : si je n'avais changé leur voie, ils auraient perdu une multitude d'âmes et il se serait passé beaucoup de temps sans que les archons des éons et les archons de l'Heimarméné et de la Croix et toutes leurs régions et tous leurs cieux et tous leurs éons eussent été détruits. Les âmes auraient passé beaucoup de temps hors de ce lieu et le nombre des âmes des justes qui seront mises par le mystère dans la possession des régions supérieures, et qui seront dans le trésor de la Lumière, eût cessé d'être accompli.

C'est pourquoi j'ai changé leur voie pour qu'ils fussent troublés et qu'étant troublés, ils perdissent la force qui est dans la matière de leur monde afin que ceux qui doivent être sauvés soient promptement purifiés et transportés dans les régions supérieures et afin que ceux qui ne doivent pas être sauvés soient détruits.

Et quand Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, Myriam s'avança belle dans son langage et heureuse et elle se prosterna aux pieds de Jésus en disant : Seigneur, pardonne-moi si je te parle et ne te courrouce pas contre moi si je te cause de l'ennui en t'interrogeant souvent.

Et le Sauveur répondant en sa miséricorde dit à Myriam : Dis ce que tu voudras et je te révélerai avec clarté.

Et Myriam répondant dit à Jésus : Seigneur, comment les âmes s'arrêteront-elles hors de ce lieu et de quelle manière seront-elles promptement purifiées ?

Et Jésus répondant dit à Myriam : C'est bien Myriam, tu cherches la vérité dans tes questions qui sont bonnes et tu fournis la Lumière à toutes choses par ton empressement et ton zèle. Dès cette heure, je ne vous cacherai rien mais je vous révélerai toutes choses avec soin et avec clarté.

Écoute-donc Myriam et vous tous, mes disciples, recueillez ma parole.

Avant que je ne divulguasse ma mission à tous les archons des éons et à tous les archons de l'Heimarméné et des Croixs, ils étaient tous liés à leurs chaînes et à leurs Croixs et à leurs sceaux selon la manière que Iaô, le gardien de la Lumière les lia dès le commencement. Chacun d'eux restait dans son rang et chacun d'eux marchait dans son parcours selon la manière que les avait disposés Iaô le gardien de la Lumière.

Et lorsque fut venu le temps du nombre de Melchisédech, le grand héritier de la Lumière, il vint au milieu des éons et de tous les archons, liés dans les Croixs et il ôta la pure Lumière à tous les archons des éons et à tous les archons de l'Heimarméné et des Croixs. Car il ôta ce qui les avait troublés. Et il excita leur surveillant qui est sur eux pour qu'il tournât aussitôt leurs cercles et il enleva la force qui est en eux et le souffle de leur bouche et les larmes de leurs yeux et la sueur de leurs corps.

Et Melchisédech, l'héritier de la Lumière, purifia ces forces pour porter leur Lumière dans le trésor de la Lumière. Les satellites de tous les archons recueillirent toute leur matière et les satellites des archons de toute les Heimarménés et les satellites des Croixs qui sont au-dessous des archons la reçurent pour qu'ils fissent les âmes des hommes et des troupeaux et des reptiles et des bêtes et des oiseaux et qu'ils les envoyassent dans le monde des nommes.

Et les puissances du soleil et les puissances de la lune, lorsqu'elles regardèrent le ciel et qu'elles virent les places des voies des éons et des Heimarménés et des Croixs virent que la Lumière leur avait été enlevée. Et prenant la pure Lumière et le résidu de la matière, elles la portèrent dans la Croix qui est au-dessous des éons pour en faire les âmes des hommes et pour eu faire les reptiles, et les bêtes de somme, et les animaux, et les oiseaux, suivant le cercle des archons de cette Croix et suivant tous les figures de leur conversion afin de les rejeter dans le monde des hommes pour y devenir des âmes de ce lieu et cela selon la manière que je vous ai déjà dite.

C'est ce qu'ils faisaient avec persévérance avant que leur force ne fût diminuée en eux et qu'elle ne fût affaiblie et qu'ils ne devinssent débiles et sans puissance. Et il advint que lorsqu'ils furent sans puissance et que leur force eut cessé en eux et qu'ils devinrent débiles en leur force et que la Lumière qui est dans leur région eut cessé et que leur règne fut dissous, il advint que lorsqu'ils connurent ces choses pour un temps, et lorsque le nombre assigné à Melchisédech, l'héritier de la Lumière, fut accompli, il vint de nouveau pour entrer au milieu de tous les archons des éons et de tous les archons de l'Heimarméné et de la Croix. Il les troubla pour remettre promptement leurs cercles et il les comprima pour jeter la force hors d'eux du souffle de leur bouche et des larmes de leurs yeux et de la sueur de leurs corps. Et Melchisédech, l'héritier de la Lumière, les purifia suivant la manière qu'il accomplit avec persévérance, et il porta leur Lumière dans le trésor de la Lumière.

Et lorsque je vins pour monter au ministère où j'avais été appelé par l'ordre du premier mystère, je montai au milieu des douze archons des éons revêtu de mon vêtement et je resplendissais d'une Lumière immense et il n'y avait nulle espèce de Lumière qui ne fût en moi. Et lorsque tous les tyrans, le grand Adamas et les tyrans de tous les onze éons, tous s'efforcèrent de combattre avec la Lumière de mon vêtement voulant en avoir la possession entre eux afin de rester dans leurs royaumes. Ils faisaient ainsi, ne sachant pas avec qui ils combattaient. Et lorsqu'ils combattaient ainsi avec la Lumière, moi, suivant l'ordre du premier mystère, changeant leurs voies et les armes de ses éons, et les voies de ses Heimarménés et les voies de sa Croix, je les mis pendant six mois en regard des trois angles de gauche et des quatre angles et des choses qui sont dans leur région et dans leurs huit figures selon la manière où ils étaient dès le commencement. Je changeai leur conversion et leur direction.

Mais quand j'eus enlevé la troisième partie de leurs forces, je changeai leurs Croixs afin qu'ils regardassent quelque temps à gauche et qu'ils regardassent quelque temps droite. Je changeai toutes leurs voies et toutes leurs courses et j'accélérai la voie de leurs courses afin qu'ils fussent purifiés rapidement et j'abrégeai leur cercle et je rendis légère leurs voies. Et ils se hâtèrent beaucoup et ils furent excités en leur voie et ils ne purent dès cette heure dévorer la matière de leur pure Lumière.

Et j'abrégeai leurs temps et leurs durées afin que le nombre des âmes justes qui recevront les mystères et seront dans le trésor de la Lumière, fût promptement accompli.

Si je n'avais changé leurs courses et si je n'avais abrégé leurs temps, ils n'auraient laissé aucune âme venir dans le monde à cause de la matière de leur résidu qu'ils ont dévorée et une multitude d'âmes auraient été perdues.

C'est pourquoi je vous ai dit dans le temps : J'ai abrégé les temps à cause de mes élus. Autrement nulle âme n'eût pu être sauvée. J'ai abrégé les temps et les durées à cause du compte des âmes justes qui recevront les mystères et qui sont les âmes des élus et si je n'avais abrégé leur temps, nulle âme matérielle n'eût pu être sauvée mais elles auraient été consumées dans le feu qui est dans la chair des archons et telles sont les choses au sujet desquelles tu m'as interrogé.

Et lorsque Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, tous se prosternèrent à la fois et l'adorèrent en disant : Nous, tes disciples, nous sommes élevés au-dessus de tous les hommes à cause de la grandeur des choses que tu nous révèles.

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples : Écoutez, écoutez ce qui m'arriva avec les archons, des douze éons et avec tous leurs archons et leurs maîtres et leurs autorités et leurs anges et leurs archanges. Lorsqu'ils virent le vêtement brillant qui est sur moi, car chacun d'eux vit le mystère de son nom qui est en mon vêtement brillant dont j'étais revêtu, tous se prosternèrent à la fois, adorant le vêtement brillant qui est sur moi et tous s'écrièrent à la fois, disant :

Le Seigneur de l'Univers nous a changés à notre insu et tous chantèrent à la fois un cantique depuis l'intérieur des intérieurs et toutes leurs triples puissances et leurs grands ancêtres et leurs anges et leurs forces engendrées d'elles-mêmes et leurs vertus et leurs dieux et leurs flambeaux et tous leurs grands. Ils virent les gardiens de leurs régions ayant perdu une partie de leur force tomber dans la faiblesse et ils furent eux-mêmes dans une grande peur immense. Et découvrant le mystère de leur nom dans mon vêtement, ils s'empressaient de venir pour adorer le mystère de leur nom dans mon vêtement et ils ne purent à cause de la grande Lumière qui était avec moi.

Mais étant un peu éloignés de moi, ils l'adorèrent. Ils adorèrent la Lumière de mon vêtement et ils s'écrièrent tous, chantant des hymnes de l'intérieur des intérieurs.

Et il advint que lorsque les gardiens qui sont auprès des archons eurent découvert ces choses, tous tombant dans l'abattement, tombèrent hors de leurs régions et ils devinrent comme les habitants du monde lorsqu'ils sont frappés de mort, nul souffle ne restant en eux et se trouvant de la même manière qu'ils avaient été à l'heure où je leur enlevai leur force.

Et il advint ensuite que lorsque je m'éloignais de ces éons, chacun de tous ceux qui sont dans les douze éons furent tous liés dans leurs places. Ils commirent des méfaits suivant la manière que je les avais disposés pour qu'ils passassent six mois tournés vers la gauche commettant leurs méfaits dans ses quatre angles et dans ses trois angles et dans ceux qui sont dans leur région, et pour que derechef ils passassent six autres mois regardant vers la droite et vers ses trois angles et vers ses quatre angles et vers ce qui appartient à leur région. Telle est la manière dont marcheront ceux qui sont sous l'Heimarméné et dans les Croixs.


Texte Révisé dans le plus Grand Respect par mes soins…




Version PDF de ce Texte d'Isae et de Pierre pour Croix de Lumière...