L’Autre Versant de la Sainte-Baume…


05 septembre 2010 / Voyage sur les Traces de l'Esprit de Tiyi…

Depuis quelques jours, je sentais en moi la nécessité de retourner en pèlerinage à la Sainte-Baume, dernière demeure de Marie-Madeleine, Myriam de Magdala de son vrai nom… L’an dernier, c’est grâce à sa guidance que j’avais découvert ce lieu. C’est lors d’un voyage d’initiation à la guérison spirituelle au Brésil que j’avais également découvert la présence spirituelle à mes côtés de Marie, Myriam et sa demi-sœur Šarâla. Le texte de ma première visite à la Sainte-Baume s’intitule, "Marie-Madeleine et la Grotte de la Sainte-Baume" et il précède ce texte... Il a fallu une opportunité pour que je me décide à retourner dans un lieu qui, avec ce que j’y avais découvert, était devenu un lieu de souffrances où je ne pensais surtout pas devoir retourner.

C’est en début d’après-midi de ce dimanche 05 septembre 2010 que j’arrive après plusieurs heures de route. Au contraire du désert habituel, j’ai la surprise de découvrir une véritable foule venue en promenade dominicale. Les chemins sont très animés et le silence, normalement indispensable au recueillement, n'est pas vraiment présent.

L’esplanade et la grotte étant certainement envahies, je choisis de faire ma première visite à la grotte aux Œufs, espace que j’avais découvert l’an dernier comme étant un lieu d’initiation au Féminin Šacré. Inexplicablement, je n’arrive pas à trouver l’embranchement qui y mène normalement signalé par un repère au sol de couleur verte.

J’ai déjà fait plusieurs allers-retours quand Tiyi, Esprit Ascensionnée de la Terre nouvellement présente dans ma vie, m’incite à continuer mon chemin en suivant les repères de couleur rouge. Sans chercher à comprendre, j’allonge mon pas et je pars vers la cime, dans une direction opposée à la grotte de la Sainte-Baume, vers le Pas de la Cabre.


Il ne me faut qu’une dizaine de minutes pour y parvenir, pour le franchir et pour que mes yeux se posent sur une barre rocheuse... Je la trouve majestueuse mais je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression que cette barre est vivante et qu’elle pourrait très bien se relever… L'image d'une femme couchée ou immobilisée au sol me vient à l'esprit.

Pour revenir, deux chemins s’offrent à moi, soit faire demi-tour, soit faire une grande boucle qui passe par la chapelle du Saint-Pilon (sommet du pilier où deux anges étaient censées déposer et reprendre Marie-Madeleine sept fois par jour) et redescendre ensuite par le chemin normal. C’est bien sûr ce choix que je fais mais entre le Pas de la Cabre et la chapelle se trouve un piton rocheux vers lequel je m’approche rapidement.

Soudain, un immense corbeau me passe juste devant, s’élève d’un coup d’aile, décrit un large cercle juste avant de se poser sur le piton face à moi. Ce vol ne peut que me rappeler l’épisode qui présida à la naissance de ma ville natale, Lyon (Lugdunum), emplacement désigné par un vol de corbeaux à deux généraux romains en quête d’un lieu où fonder une ville. Ce bel oiseau que les Celtes considéraient comme toujours porteur d’un excellent présage me laisse le temps de le photographier avant de disparaitre le long de la falaise.


Au fond de moi, je suis convaincu qu’en ce lieu, "On" me donne la possibilité de découvrir quelque chose de très fort qui me concerne forcément. Je range mon appareil photo et je continue mon chemin jusqu’à la petite chapelle du Saint-Pilon… Après en avoir fait rapidement le tour, je me retrouve face à un immense paysage particulièrement sauvage et la barre rocheuse légèrement en contrebas sur ma droite attire de nouveau toute mon attention. Cela fait quelques secondes que je suis totalement immobile à l’observer quand j’entends la voix de Tiyi…

"Au pied de ce rocher, de l’autre côté, j’avais ma demeure et depuis ce lieu je dirigeais l’Université que Myriam et Šarâla avaient créé pour les femmes désireuses de LA servir"…

Pour moi, l’émotion est immense... Ainsi Tiyi est passée ici… Mais mes réflexions reprennent rapidement le dessus pour mieux comprendre ce que je perçois et entends et surtout pour poser les bonnes questions à Tiyi… Très vite, un dialogue intérieur va s’engager entre nous deux et voila ce que j'entends :

Comme tous les êtres humains, Tiyi m’apprend qu’Elle a vécu de très nombreuses incarnations après celle où Elle fut une Reine pleine de Sagesse en Egypte, la mère d’Akhenaton qui épousa la si lumineuse Néfertiti. C’était entre 1398 et 1342 avant J.C et cette incarnation lui avait permit de réussir sa seconde Illumination. Parmi les incarnations qui suivirent, Elle en vécut deux ici-même à l’Université de Myriam et c’est de la seconde qu’Elle décida de me donner connaissance…

La Vie de Tiyi dans le Massif de la Sainte-Baume…

J’avais trois ans quand je suis arrivée sur ces pentes, ficelée sur le dos de Maman qui venait de passer de longues semaines à voyager depuis son village natal proche de la ville actuelle de Bilbao, ville qui n’existait pas alors. Six mois auparavant, une femme s’était arrêtée au village, elle revenait de la Sainte-Baume et avait réussi sa formation de "Veilleuse". Ce terme désignait une femme qui avait appris à ranimer la flamme de vie en toute personne, flamme que les problèmes de la vie et les maladies tendaient à réduire, la mort arrivant quand cette flamme venait à s’éteindre.

Cette femme particulièrement lumineuse resta plusieurs semaines au village à guérir les gens malades. Mais ce qui la motiva à rester aussi longtemps fut l’attention particulière de Maman à qui elle décida de donner les premiers rudiments de guérisons. Elle l’initia notamment à l’imposition des mains pour calmer une douleur ou une brûlure et à la prière de guérison. Avant de repartir, elle lui donna toutes les indications utiles pour faire le voyage inverse pour le cas où Maman ferait le choix d’y aller.

Mon père était disparu en mer peu avant ma naissance en l’an 243 laissant Maman dans un profond désarroi. Faire le deuil d’un mari qu’elle adorait et me mettre au monde en même temps furent deux terribles épreuves qu’elle ne put accepter que grâce à l’aide de tout le village. Une fois remise, elle n’eut de cesse d’aider toutes les personnes qui se trouvaient dans le besoin. Quand Maman vit ce que cette "Veilleuse" pouvait faire avec autant d’Amour, elle prit la décision de faire le voyage vers l’Université de Myriam.

Après un rapide conseil de tribu, elle fut autorisée à partir mais seulement si elle était accompagnée par une autre femme, elle aussi désireuse de se former à la science des plantes. Pour ce qui me concernait, personne ne put la convaincre de me laisser au village, nous nous aimions bien trop pour rester séparées pendant au moins quatre ans.

Nous partîmes à la fin du printemps juste après les premières récoltes. Le chef du village nous donna une chèvre pour que nous puissions avoir du lait et aussi pour porter nos baluchons et nos provisions de route, surtout des farines et les premiers légumes de l’année. J’ai fait presque tout le voyage sur le dos de notre chèvre avec qui j’avais établi une communication peu commune. Elle me laissait téter son lait avec un plaisir qui ravissait Maman. De temps en temps, surtout dans les montées, je devais marcher à ses côtés et quand j’étais trop fatiguée, Maman ou son amie me portait sur leur dos.

A cette époque, la région était paisible mais Maman, suivant scrupuleusement les conseils qui lui avaient été donné, évitait les villages trop importants, préférant s’arrêter dans de petites bourgades où ses talents naturels de guérisseuse étaient chaque fois très appréciés. Nous étions alors pris en charge par la communauté et nous repartions le lendemain ou le surlendemain avec des provisions toutes fraiches et parfois avec une escorte toujours fort joyeuse pour nous montrer le chemin. La traversée des rivières posait un véritable problème car à chaque fois, il fallait trouver un batelier qui ne cherche pas à profiter de nous, Maman et son amie étant deux femmes particulièrement belles. Heureusement, leurs forces de caractères à toutes les deux leurs permit de se dégager de situations difficiles.

Un jour, après huit semaines de marche, nous arrivâmes au pied d’une immense montagne toute blanche et dans le bas, nous découvrîmes un espace tout aussi immense avec des plantations très largement éparpillées de tous les côtés. Pour te dire, Pierre, en face du Saint-Pilon où nous nous trouvons, tu peux apercevoir le circuit automobile du Castelet… Le plateau sur lequel il a été construit était le centre de ralliement de toute la communauté qui comportait lors de notre arrivée en l’an 246, 481 femmes, 120 enfants et 52 hommes, nous trois comprises.

Sur ce plateau, de nombreux bâtiment de ferme étaient construits et c’est là que les nouvelles arrivantes étaient accueillies… Presqu’au centre, il y avait une grande maison spécialement aménagée pour accueillir tous les enfants et leurs mamans. Mais avant d’aller plus loin, ces dernières devaient d’abord passer des épreuves de connaissances pour vérifier si elles avaient bien les capacités intellectuelles et spirituelles pour œuvrer en ces lieux…

Au bout de deux semaines, Maman et son amie réussirent très facilement les épreuves et reçurent l’agrément pour rester de la main même de la Supérieure, une femme dont l’Amour vous pénétrait jusqu’au Cœur, vous plongeant dans une douceur incomparable. Un courant particulièrement fort passa spontanément entre cette femme, Maman et moi également. Son amie, n’ayant pas le même niveau de connaissance, fut placée dans un groupe différent du sien. Mais comme il y avait partout de la joie, elles n’en souffrirent ni l’une ni l’autre. Maman fut hébergée avec moi dans un ensemble de petites maisons qui se trouvait dans le creux d’un vallon bien ensoleillé proche du hameau actuel du Riboux. C’est la Supérieure qui nous y emmena personnellement et qui nous présenta les femmes de cette communauté, et plus particulièrement les deux femmes avec qui nous allions partager le logement. Dans les sept autres maisons, il y avait quatre enfants avec qui j’allai découvrir la vie à la Sainte-Baume…

Le programme de formation durait quatre ans et ce temps ne pouvait être réduit car c’était le cycle des saisons qui conditionnait tout. Il fallait du temps pour découvrir les plantes, apprendre à les planter, à les soigner et à les faire croître, à en récolter l’essence et le plus difficile, apprendre comment les conditionner et les utiliser. Tout ce long travail avait sa part d’efforts physiques mais avait aussi sa part d’enseignements quotidiens. Comme les livres n’existaient pas et que l’écriture n’était pas connue par la grande majorité des femmes présentes, tout cet enseignement se transmettait forcément de mémoire.

Les épreuves de mémoires étaient éliminatoires mais il arrivait que certaines femmes, en cours de formation, n’arrivent plus à suivre. Selon les besoins de la communauté, elles pouvaient repartir avec quand même une bonne connaissance de guérisseuse. Exceptionnellement, elles pouvaient être autorisées à rester afin de s’occuper des nombreuses fermes placées à la périphérie du domaine et chargées de fournir les produits de la terre, les œufs et le lait dont la communauté avait besoin. Ces fermes accueillaient la minorité d’hommes nécessaires aux gros travaux agricoles et ils fondaient généralement une famille avec les femmes vivant dans ce même espace.

Par contre, en aucun cas, ils n’étaient autorisés à pénétrer dans l’immense espace centrale où étaient réparties les nombreuses plantations de plantes médicinales et aromatiques. Seules les femmes pouvaient entrer dans cet espace ainsi que les jeunes filles et les petits garçons de moins de sept ans. Passé cet âge, aucun homme n’était admis à l’intérieur de cette zone. En cas de manquement, il n’y avait pas de réelle sanction mais le coupable avait de bonnes raisons de craindre qu’une des Déesses vénérée en ces lieux ne lui inflige un quelconque tourment.

Pendant les quatre années qui suivirent, Maman et son amie réussirent brillamment leur formation mais au moment où nous nous apprêtions à rentrer dans notre village, la Supérieure de l’Université vint lui demander de rester dans la communauté afin de devenir enseignante. Maman accepta spontanément car, sans jamais en parler, c’était sa volonté depuis le début. Son amie reprit le chemin du village quelques jours plus tard avec un petit groupe de femmes habitants dans les régions traversées et même plus loin sur la côte atlantique de l’Espagne. Dans les années qui suivirent, cette amie revint deux fois pour récolter de nouveaux pieds de plantes dont elle avait besoin, mais aussi pour apprendre les dernières sciences de la Terre développées sur place.

Il faut que tu saches Pierre, que beaucoup de ces femmes arrivaient de vraiment très loin avec des connaissances millénaires qu’elles utilisaient sans trop de discernement chacune de leur côté. Et bien sûr, non seulement elles étaient invitées à partager ces connaissances pendant leurs séjours mais elles avaient vraiment à cœur de les faire grandir. Il était très rare que ces connaissances ne soient rapidement valorisées et perfectionnées par le travail particulier d’un groupe de femmes.

Quand j’y étais, le rayonnement de cette Université couvrait toute l’Europe actuelle et une partie du bassin méditerranéen. Il faut aussi que tu comprennes que rien, absolument rien n’était écrit, que tout était une affaire de mémoires et qu’une "Veilleuse" formée en ce lieu transmettait chaque fois ses connaissances d’abord à sa fille de sang ou à plusieurs femmes adoptées pour la circonstance. C’était souvent les femmes qui ne pouvaient avoir d’enfants qui faisaient le choix de s’orienter vers ces sciences de guérison. Un réseau de connaissances très vaste et très dense s’était rapidement établit en moins de deux siècles et ce réseau ne pouvait être alimenté que par les femmes ayant renouées avec des valeurs spirituelles très profondes en relation avec la "Source"… C’était donc un réseau de So(u)rcières…

Quand Maman prit la décision de rester, j’avais sept ans et ce fut aussi à ce moment que l’on me donna un véritable travail dans la communauté, gardienne de chèvres. Je devais en surveiller un petit nombre afin qu’elles ne détruisent pas certaines plantations. Les relations que nous avions avec ces animaux étaient de véritables relations d’Amours… Combien de chevreaux ont été sauvés par des femmes qui les allaitaient en même temps que leur bébé, je ne peux le dire car c’était une pratique vraiment très courante. Le soir, les chèvres ainsi que les autres animaux se laissaient enfermer avec plaisir dans les enclos car elles s’y savaient protéger. Il en était de même pour les poules et autres volatiles. La domestication ne se faisait que par des relations d’Amour sachant que ces animaux n’étaient pas consommés directement, seulement leurs laits et leurs œufs.

Dans les fermes voisines par contre, la consommation de viande continuait comme partout ailleurs du fait de la présence des hommes qui avaient en eux un très fort instinct de chasseur… La consommation de viande nous permettait de disposer de graisses animales dont nous avions besoin pour faire de nombreux baumes. Ces hommes devaient parfois faire des battues pour nous débarrasser de prédateurs particulièrement dangereux. Parmi eux, il y avait d’anciens soldats totalement dévoués, chargés de veiller sur le domaine et aussi d’escorter la Supérieure quand elle devait partir en voyage, ce qui arrivait plusieurs fois par an.

Peinture se trouvant dans la chapelle de la Sainte-Baume…

Je passai trois ans à garder mes chèvres tout en donnant des coups de mains occasionnels pour les plantes surtout quand il fallait récolter les pétales. Mes petites mains étaient alors très appréciées. A ce moment, j’en connaissais déjà bien plus que toutes les novices qui arrivaient régulièrement pour se former et je ne fus pas surprise d’être incorporée en tant qu’élève à un nouveau groupe alors que je n’avais que dix ans. Au début, ce fut assez dur de travailler avec des femmes ayant une réelle maturité mais Maman, que je voyais souvent, m’aidait et m’encourageait beaucoup.

Cela faisait deux ans que je suivais la formation et que j’apprenais à cultiver et à transformer les plantes quand la Supérieure décida de se retirer pour rejoindre un lieu où elle terminerait sa vie dans la tranquillité indispensable à une femme ayant acquis une telle sagesse et surtout une telle force spirituelle. Pour la remplacer, un Cercle composé des femmes les plus importantes de la communauté se réunit toute une nuit au sommet du Rocher et désigna Maman comme nouvelle Supérieure de l’Université de Myriam.

Maman quitta notre petit logement et ce fut très dur pour moi les premières semaines. J’ai dû apprendre à être autonome en même temps que mon corps de femme s’éveillait pleinement. Pour Maman, ce fut également très dur puisqu’elle devait désormais occuper seule la maison construite à la base du Rocher. Nous l’appelions le Sanctuaire car seules des femmes particulièrement pures étaient invitées à y pénétrer et parmi elles, très peu étaient autorisées à la traverser pour se rendre sur le Rocher.

Cette construction était très particulière car elle était faite de bois et de pierres. A l’intérieur, quatre énormes piliers de granit supportaient le toit composé de grosses pierres plates. A l’extérieur, cette toiture descendait, à L’Ouest comme à l’Est, jusqu’au sol décrivant une grande courbe qui la mettait à l’abri des vents les plus terrifiants. Cette toiture était recouverte de terre sur laquelle poussaient des végétaux particulièrement résistants au soleil et au vent. Ainsi ce sanctuaire était naturellement tempéré.

Face au soleil de midi se trouvait une large entrée devant laquelle était disposé un espace circulaire délimité par trois rangs de bancs faits de bois et de pierre. Du côté opposé, une porte assez étroite permettait à la Supérieure et aux femmes qu’elle y invitait à accéder directement sur le Rocher. Aucun autre accès n’était autorisé et cette consigne fut toujours respectée par les femmes de la Communauté.

Sur l’esplanade, l’espace circulaire délimitait le Cercle où les femmes en formation et leurs jeunes enfants se réunissaient pour chanter, danser et prier. La fréquence de ces réunions était réglée par les cycles de la Lune. Parfois elles étaient plus de 200 à s’y retrouver dans une joie que l’on a du mal à imaginer aujourd’hui... pas de pouvoir, pas de paraitre, pas de volonté égotique… que de l’Amour et du Partage… mais surtout, une Volonté commune de se fondre en UNE seule identité spirituelle, la "Source"…

Toutes les Déesses connues par au moins trois femmes de la communauté étaient vénérées car toutes étaient considérées comme étant des émanations directes de la Grande Mère de l’Univers qui ne se manifeste directement que très rarement. Si Elles sont aussi nombreuses et différentes les unes des autres, c’est simplement parce qu’Elles n’interviennent pas de la même manière auprès des êtres humains.

C’est en ce lieu et dans ces réunions d’un très haut niveau spirituel que les futures "Veilleuses" apprenaient les particularités de chacune des Déesses afin de faire le bon choix plus tard quand elles soigneraient telle ou telle personne. Aujourd’hui encore, l’espace de la Sainte-Baume est occupée par les Énergies de plusieurs centaines de Déesses ayant déposé leurs empreintes spirituelles en ce lieu…

Les deux années suivantes passèrent très vite et à quatorze ans, ma formation de "Veilleuse" était accomplie. A ce moment, je sentie en moi une profonde déroute car je n’avais nul village où retourner. Pratiquement, ma naissance s’était faite ici et je ne connaissais aucun autre lieu. Je m’en entretins plusieurs fois avec Maman. En tant que Supérieure, elle prit la décision de m’envoyer rendre visite à certaines de ses amies dont plusieurs habitaient dans des pays dont je ne connaissais ni le nom, ni la langue. Elle désigna un petit groupe formé de deux Veilleuses, de trois femmes de main et de cinq hommes pour nous protéger.

Nous sommes partis au début du printemps de l’an 257 pour un périple qui allait durer plusieurs années. Une seule étape pouvait durer plusieurs semaines, que ce soit à dos de cheval ou parfois en bateau. C’est ainsi que nous avons commencé par faire le tour du bassin méditerranéen jusqu’en Égypte, puis en remontant, en Turquie et en Grèce. Depuis ce pays, nous avons faits une traversée à cheval, en diagonale d’Est en Ouest jusqu’en Bretagne. Nous avions un tel renom que c’était un honneur, pour beaucoup de seigneurs de l’époque, de nous accueillir en leur domaine et de nous protéger tant que nous étions sur leurs terres. Nous ne manquions jamais de rien, et bien sûr, nous faisions tout ce qui étaient en nos pouvoirs fort élevés, tu peux le croire, pour soigner les malades qui nous étaient présentés. Nous étions trois "Veilleuses" et nous pouvions travailler séparément pour la majorité des cas. Mais pour les plus difficiles, nous pouvions unir nos forces spirituelles afin de réussir à vaincre des résistances très dures. Mais pour beaucoup, nous arrivions trop tard, la maladie ayant pris une forme irréversible.

Je connaissais de nombreuses langues que j’avais apprises pendant ma petite enfance auprès de femmes venues de pays différents. A sept ans, en plus de ma langue natale et de la langue occitane en vigueur dans la communauté, je parlais couramment le grec, l’hébreu et le latin. Cette souplesse linguistique m’aida grandement à en apprendre d’autres et même de me débrouiller avec plusieurs dialectes arabes. A la fin de ma vie, je m’exprimais librement en plus de douze langues importantes…

Ces voyages me donnèrent la possibilité d’enrichir mes connaissances sur le monde que découvrais, sur les coutumes et les manières de vivre de peuples forts différents les uns des autres. En fonction des climats, je découvris, non seulement des produits de guérisons différents de ceux que je connaissais déjà mais aussi, je pus découvrir d’autres maladies. J’appris, grâce à des personnes de grande sagesse à comprendre ce qu’étaient ses maladies, les raisons pour lesquelles elles se développaient et comment ouvrir la conscience des malades pour les aider à faire disparaitre les raisons de leurs maladies. C’est sûrement pendant ces sept années de voyages ininterrompus que je me suis le plus enrichie.

A mon retour, j’avais 21 ans, le même âge que Maman quand nous étions arrivés en ce lieu. J’étais devenue très belle et de nombreuses fois, des hommes de grandes valeurs avaient espéré me prendre pour épouse. Plusieurs fois, j’ai hésité car je savais au fond de moi que si j’acceptais, cela mettrait un terme à tout mon immense travail. Lors de mon passage en Égypte, j’avais pu comprendre le sens profond de mon incarnation présente et que ma famille ne devait être que la communauté de l’Université de Myriam.

Durant les douze années qui suivirent, Maman me confia la responsabilité d’enseigner la guérison par la prière ainsi que la préparation et l’utilisation de baumes particulièrement puissants capables d’ouvrir la conscience des personnes malades si elles en avaient une réelle volonté personnelle.

Et puis un jour de l’année 276, Maman âgée de seulement 51 ans, dépérit rapidement en quelques jours. En elle, il n’y avait aucune révolte contre la maladie qui l’emportait à toute vitesse sans la faire souffrir et contre laquelle je ne pouvais rien faire. C’était comme si tous ses organes internes ralentissaient leurs fonctions... Elle venait de rendre son dernier souffle quand je compris que c’était sa volonté à ELLE de la rappeler afin de lui confier bientôt une nouvelle mission dans une prochaine incarnation.

Elle fut incinérée sur l’esplanade, au centre du Cercle où, exceptionnellement, tous les membres, y compris les hommes, furent autorisés à pénétrer. Trois jours plus tard, à l’âge de 33 ans, j’étais désignée comme étant la nouvelle Supérieure de l’Université de Myriam…

J’ai dirigé cette communauté durant 25 ans et je me suis retirée en un lieu plus calme pas très loin de la montagne Sainte-Victoire du côté d’Aix-en-Provence. J’y ai passé mes deux dernières années bien entourée par des femmes d’Amour et y recevant beaucoup de visiteurs soucieux de la Paix en ce monde. Comme pour Maman, ELLE mit fin à mon incarnation présente sans aucune souffrance, me laissant dans une joie immense et dans une paix intérieure que j’avais rarement connu... C’est dans cet Océan d’Amour que je m’immergeai pour vivre ma quatrième Illumination. Mon corps fut ramené à la Sainte-Baume devant le Rocher où il fut incinéré de la même manière que pour Maman…

Maintenant, Pierre, tu comprends pourquoi il y a en ce lieu des Énergies très puissantes. A ta première visite, nous t’avions fait oublier ton Cœur en Cristal dans la grotte de la Sainte-Baume. Il y a passé une nuit et tu ne l’as récupéré que dans l’après-midi suivante après que nous y ayons déposé de très belles Énergies. Ce soir, tu vas le déposer toi-même dans une anfractuosité de la chapelle du Saint-Pilon juste derrière toi et pour la suite, nous verrons demain…

A bientôt, Pierre.


Quand je reçois ce genre de message, j’ai toujours beaucoup de mal à revenir sur Terre… Je dois d’abord reprendre conscience de mon propre corps puis de tout l’environnement dans lequel j’évolue et ça peut prendre une dizaine de minutes.

Lentement je me rapproche de la chapelle et je commence à rechercher une anfractuosité capable d’accueillir mon Cœur en Cristal sans que l’on puisse me le voler. Je n’ai pas à chercher longtemps… Sur la face Nord, à l’abri des rayons directs du Soleil et à deux mètres du sol, je trouve une cavité qui correspond exactement. Je glisse le Cristal dedans et je place un caillou devant pour en dissimuler le contenu.

C’est dimanche et il y a beaucoup de monde malgré la difficulté de l’ascension sur des chemins très escarpés et très rocheux. Mais pendant les deux minutes qui m’ont été nécessaires, il n’y avait personne à proximité de moi. Alors que je reprends mon sac, des gens sont arrivés de tous les côtés à la fois, vraiment étonnant…

Le cœur (le mien) est tout ce qu’il y a de plus léger... Aussi, c’est avec la sensation de marcher sur de la mousse que je prends la direction du Col du Saint-Pilon et que j’entame la descente sur l’Hôtellerie. En passant à proximité de la grotte, j’entends qu’une messe a lieu en ce moment. En octobre 2008, le Pape a rappelé à la communauté catholique que les personnes divorcées, même par la force des choses, étaient excommuniées et qu’elles n’avaient même plus le droit de pénétrer dans les "lieux saints" de cette religion devenue extrêmement sectaire… Mais ça ne me dérange pas et j’avoue même avoir de plus en plus de mal à participer à ce type de cérémonie dont le contenu des prières me laisse de plus en plus perplexe. Essayez par vous-même d’en développer une, l’Avé-Maria par exemple… Vous verrez, c’est non seulement stupide mais très blessant pour Marie qui a d’autres actions à mener que de prier pour nous… J’ai d’ailleurs, pour Elle, une profonde vénération et énormément de respect.

Je continue ma descente vers l’hôtellerie dans une ambiance estivale et familiale très vivante… La manière dont je me sers de mes bâtons de marche pour descendre le chemin très escarpé semble épater beaucoup de monde… Je me sens tellement léger que je glisse sur les blocs de pierre, volant presque au ras du sol tout simplement. Finalement, peut-être que je suis moi aussi porté par deux Anges… rire.

De retour à l’hôtellerie, je prends possession de ma chambre et j’opte d’abord pour une bonne douche. Après un petit moment de détente, je me rends à la salle à manger pour le dîner en petit groupe…

Le temps de flâner à table et il est 21 heures, l’heure des Vêpres dans la chapelle et à laquelle je décide de participer. Heureusement, on ne me demande pas mon livret de famille… Je suis venu et je reviendrai en ce lieu seulement pour partager une foi commune avec les personnes présentes, une foi qui n’a rien à voir avec les textes mécaniquement chantés ou récités, une foi qui vient du Cœur de chacun et qu’aucune religion ne pourra jamais s’approprier…

Et la nuit tombe… dans mon lit, je repense à tout ce que j’ai vécu cet après-midi et je remercie Tiyi. Alors qu’une certaine torpeur commence à m’envahir, soudain je visualise mon Cœur en Cristal dans son anfractuosité… Huit arcs, du blanc le plus lumineux qui soit, vont s’abattre sur lui dans des formes, intensités et provenances très variées. Puis, tout disparait mais je sais que des Énergies Spirituelles de très hauts niveaux se sont ancrées dedans. J’entends Tiyi me dire que je dois remonter le chercher dans l’après-midi et que je recevrai d’autres instructions à ce moment.

Lundi 06 septembre…

Je n’ai pas très bien dormi, le lit est étroit et si je veux me retourner, je risque de tomber… Je me rattraperai plus tard. Dès que j’ai pris le petit déjeuner toujours en petit comité, je prends tout mon équipement photo pour prendre des clichés dans la grotte. Cette fois, j’ai pris le flash cobra ainsi que le trépied et même une télécommande. Il me faut à peine une demi-heure pour y arriver et comme il n’y a encore personne dans la grotte, je vais pouvoir me faire plaisir.

L’an dernier, deux de mes photos m’avaient laissé pantois et cette fois, c’est cette photo d’une des nombreuses reliques de Marie-Madeleine qui rayonne d’une manière assez particulière. La photo a été prise sans flash avec un temps d’exposition de ¼ de seconde, réglage manuel de la focale à 13 et l’Iso à 1600, objectif fixe de 50 mm… Je n’ai donc eu besoin d’aucun apport de lumière artificielle, et aucun rebond lumineux n’a été possible.

Mais alors d’où viennent ces rayons bleus...

? ? ? ? ? ?

C’est juste après avoir pris cette photo qu’une première personne va entrer dans la grotte. Un dialogue s’établit tout naturellement et il est évident que nos chemins ont de nombreux points communs. Il est bientôt l’heure de la messe et nous préférons quitter cet endroit et redescendre à l’hôtellerie par un chemin plus long mais bien plus confortable aussi. Williams, c’est son prénom, possède une sensibilité peu commune et notre conversation va me permettre d’aller plus en profondeur de moi-même… Après deux heures de partage particulièrement riche, nous nous séparerons devant l’entrée de l’hôtellerie.

Pour le repas de midi, il n’y a pas grand monde de nouveau mais ce soir, nous serons très nombreux, plus de 100 personnes. En attendant, je dois remonter à la chapelle du Saint-Pilon... Je me mets en marche et trois quart d’heures plus tard, je suis sur place. C’est à ce moment que Tiyi s’exprime de nouveau à moi…

Pierre, récupère ton Cœur en Cristal,
Tu dois maintenant le déposer en un autre lieu que je vais t’indiquer.

Difficilement, j’extrais le Cœur en Cristal de l’anfractuosité où je l’avais mis la veille. Je ne m’étais pas rendu compte que la fente était aussi étroite et comme il a glissé dans le fond, je dois faire preuve d’une grande dextérité pour l’en extraire.

Puis je commence à descendre la pente en direction du Rocher quand je sens une présence très tendre autour de moi. Sans chercher à comprendre, je me laisse guider… Mes yeux se posent sur une dalle de pierre ou sur un buisson et je sais spontanément que je dois progresser dans cette direction…

Alors que je suis à moins de cent mètres du Rocher, Tiyi m’interpelle en me prévenant que j’entre dans un espace sacré, un espace dédié au Féminin Šacré… Il est donc important pour moi que je m’immerge totalement dans mon identité féminine, condition fondamentale si je veux percevoir le côté sacré de ce lieu et m’en enrichir spirituellement bien sûr…

Je commence à comprendre ce que l’on attend de moi et je me laisse aller. Je suis monté en un temps record et la fatigue physique qui s’ensuit va m’être très salutaire dans la mesure où le relâchement que mon état de fatigue entraine va me permettre de réduire grandement ma résistance corporelle. Seule une grande détente, physique et intérieure, peut me permettre de continuer dans cette orientation si particulière…

Je vais essayer de vous expliquer comment étant incarné dans un corps d’homme, je peux me relier à ma dimension féminine… La plus grande différence qu’il y a entre la femme et l’homme est l’absence d’Utérus pour ce dernier, le reste n’était que futilités puisque des femmes arrivent à se faire passer pour des hommes et des hommes pour des femmes. Mais pour l’Utérus, il n’y a aucune copie possible. Or en son centre, se trouve un temple qui permet à toute femme de recevoir des Énergies spécifiques en provenance du Cœur de l’Univers. Mais ce Temple n’a rien de matériel, il est seulement spirituel et reste en place même chez les femmes qui ont dut se faire enlever l’Utérus…

Un homme qui veut se relier à son Féminin n’a qu’à se convaincre qu’il a en son ventre un Utérus, certes fictif, mais muni lui aussi en son Cœur d’un temple spirituel. Il n’a qu’à en visualiser la présence et à en percevoir tout le rayonnement. Ce n’est pas si compliqué que cela peut paraitre simplement parce que c’est parfaitement vrai mais trop de femmes et encore moins d’hommes le savent…

Ce n’est pas la première fois que je fais ce travail d’identification à mon féminin et il ne me faut que quelques secondes pour lâcher mon identité masculine…

Tiyi continue de guider mes yeux et donc mes pas. Arrivé au pied du Rocher côté Chapelle, Elle m’incite à le longer par la droite, ce que je m’empresse de faire. Presque dans le bas, je m’immobilise complètement médusé, je suis sûr de connaitre ce lieu, j’y ai certainement vécu et de plus, j’entends Tiyi qui me dit :

Pierre, tu vois cet arbre… Il a grandi là où se trouvait ma demeure et le petit buisson que tu vois seul au milieu d’un espace sablonneux était l’endroit d’où je présidais toutes les cérémonies ayant lieu sur cette esplanade.

Descends jusqu’à l’Arbre, touche-le, sens-le… Imprègne toi de son Énergie et après, découvre toute l’esplanade… Chaque bosquet est à une place particulière qui correspond à un évènement du passé.

Pendant près de 20 minutes, je vais parcourir cet espace en tout sens, veillant scrupuleusement à rester en connexion profonde avec mon féminin. Chaque fois que je regarde l’Arbre, je sens la douceur de Tiyi, chaque fois que mes yeux balaient l’esplanade, je perçois la joie que des milliers de femmes ont déposée en ce lieu. Sans trop comprendre, à un moment, je me dirige d’un pas décidé vers le buisson devant l’Arbre de Tiyi… Je m’arrête quelques secondes avant de faire un tour complet autour de cet arbre particulièrement vert pour une région aussi desséchée en ce moment.

De nouveau, Tiyi s’exprime à moi… Pierre, je t’invite à monter sur le Rocher. Traverse le dans sa plus grande longueur et place toi à l’endroit le plus élevé…

Je pose mon sac mais je garde le Cœur en Cristal dans ma poche… Je crois que j’ai compris que je dois le laisser quelque part au sommet. J’y arrive justement et je ne peux m’empêcher de découvrir l’immense panorama autour de moi. D’ici c’est encore plus majestueux que depuis la chapelle du Saint-Pilon…

Je fais un rapide examen de tout cet espace et d’un coup, mes yeux s’immobilisent sur une anfractuosité placée au Nord du Rocher, anfractuosité protégée par un morceau de roche ressemblant, du moins pour moi, à une tête de Cobra. Comme à la chapelle, si je place le Cœur en Cristal dessous, il sera protégé du rayonnement direct du soleil… En faisant ce constat, j’entends un rire très doux derrière moi qui me permet de comprendre que mon raisonnement est juste.

Alors sans la moindre hésitation, je dépose mon Cœur en Cristal sous la protection de cet Uraeus de Pierre… Tiyi vient de me dire qu’il doit rester ici deux nuits complètes… Je reviendrai donc le chercher mercredi matin…

Sans plus attendre, je redescends la crête du Rocher, reprends mon sac à dos et après un salut du Cœur, je repars en direction de la crête vers le Pas de la Cabre. Une fois dans le passage, je jette un dernier coup d’œil sur le Rocher sachant que je suis loin d’en avoir découvert tous les secrets. Au moment où je m’engage dans la descente, de gros nuages commencent à s’approcher et des rafales de vent commencent à se faire sentir. Sans perdre de temps, je redescends pour rejoindre l’hôtellerie.

Une bonne douche plus tard, je me retrouve dans la chapelle pour la fin des Vêpres mais surtout pour le moment de l’Adoration qui se fait dans le silence, ce qui me permet de faire le calme en moi et de prier comme je l’entends…

Peu après, c’est l’heure du dîner. Une partie de la salle à manger est occupée par un groupe de pèlerins venu en bus et composé de personnes âgées. Elles sont encadrées par des franciscains particulièrement gentils. Mais un autre groupe de près de 50 personnes et beaucoup plus bruyant se fait tout de suite remarquer. Ce sont des experts automobiles et leurs épouses qui ont été amenés ici par un comité d’établissement… Côté recueillement et respect des lieux, on peut faire mieux sans grand effort… quel gâchis pour l’équilibre spirituel de ces lieux… Après le repas, ils vont sortir pour rentrer fort tard et fortement éméchés pour certains et toute la nuit des personnes se lèveront pour des besoins personnels…

Mardi 07 septembre :

Aux premières heures, le vent forcit et la pluie commence à tomber. A sept heures, ayant passé une nuit blanche à cause de ces vacarmes, je décide de me lever et de retourner à la chapelle pour les Mâtines suivies des Laudes. Après le petit déjeuner, comme il pleut encore un peu, je remonte dans ma chambre et je me recouche pour une sieste réparatrice. Quand je me relève, la pluie a cessé de tomber. Je vais pouvoir sortir même si la montée à la grotte risque d’être bien plus difficile.

Le groupe de pèlerins passe la journée à Saint-Maximin et nous ne sommes qu’un tout petit groupe pour le repas de midi. En discutant avec ma voisine, Anne-Marie, nous décidons de partir à la recherche de la grotte aux Œufs que je sais être un lieu d’initiation au Féminin Šacré

Je commence d’abord par expliquer à Anne-Marie comment bien régler et utiliser ses bâtons et nous partons allègrement à la découverte de cette grotte. Comme dimanche après-midi, je n’arrive pas à retrouver la bifurcation qui y mène. Nous parcourons tous les sentiers de la falaise sans le moindre succès et à un moment, nous ne sommes qu’à une centaine de mètres de Pas de la Cabre. Je propose de nous rendre à la chapelle du Sait-Pilon mais Anne-Marie ne veut pas s’avouer perdante et insiste pour que nous continuions la recherche de la grotte aux Œufs.

A un moment, je découvre ce qui pourrait être une bifurcation mais rien ne l’indique… Alors que je cherche un repère, je plante machinalement l’un de mes bâtons juste devant moi et ce faisant, j’étale un tas de graviers déposé par l’érosion devant un gros galet qui est à l’angle des deux sentiers. C’est alors qu’une flèche peinte en vert apparait… C’est bien la direction de la grotte aux Œufs qu’elle désigne… Je dégage entièrement la marque et nous nous engageons dans cette direction…

Cinq minutes plus tard, nous arrivons sur la petite esplanade de la grotte aux Œufs, esplanade très encombrée par des arbres désormais bien trop grands et par des murs construits par un ermite. Une petite averse nous pousse à nous mettre à l’abri dans la grotte qui est minuscule, à peine trois mètres carrés… Cet espace n’était pas suffisant pour y vivre mais parfaitement adapté pour y recevoir une initiation au Féminin Šacré

Juste avant de repartir, j’aperçois une feuille sèche en forme de Cœur attachée à la paroi rocheuse par un amalgame de fils d’araignée. Depuis combien de temps est-elle ainsi suspendue ?

La pluie menaçant de revenir, nous décidons de redescendre tranquillement à l’hôtellerie de la Sainte-Baume. Les sentiers sont de plus en plus glissants et sans l’aide des bâtons, nous nous serions retrouvés de nombreuses fois sur les fesses.

Nous avons juste le temps de prendre une douche avant le dîner. Les pèlerins sont de retour mais la nuit ne sera pas plus calme pour autant.

A une heure du matin, un orage d’une violence impressionnante s’abat sur la région… La foudre va même tomber plusieurs fois très près de l’hôtellerie et des trombes d’eau vont se déverser pendant près d’une heure faisant certainement de très gros dégâts dans tous le pays. Le sommeil viendra quand même juste après mais pour une bien trop courte durée.

Mercredi 08 septembre :

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la naissance de Marie, mère de Jésus et c’est ce même jour à 12h30 que passera la nouvelle lune de septembre, lune placée sous le signe de la Vierge et dans l’axe Vierge / Poissons… Encore une coïncidence troublante. Mais l’influence de la Lune commence à se faire sentir douze heures avant et persiste 12 heures après. L’orage est donc arrivé quand la Lune noire s’est approchée. Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de penser à mon Cœur en Cristal exposé sur le Rocher à toutes les Énergies naturelles de la Terre.

En descendant à la salle à manger, je ne peux que découvrir les dégâts, infiltrations d’eau, tuiles tombées du toit, branches d’arbres brisées. Pire, la machine à café n’a pu se mettre en marche, l’alimentation ayant été coupée par les systèmes anti-foudre… Je n’aurai que du lait chaud à boire, ma dose de caféine va certainement me manquer… mais peut-être est-ce mieux ainsi… rire.

Je suis prêt en quelques minutes et malgré le temps toujours menaçant, je m’élance à l’assaut du Saint-Pilon. Des rafales glaciales ne cessent de claquer entre les arbres, les essorant à mes dépens. Je monte moins vite que les jours précédents car le sol, jonché de branches cassées, a été gravement raviné. Plusieurs arbres sont brisés en travers du chemin et le beau sablé qui menait à la grotte de Marie-Madeleine n’existe plus, emporté par un déluge d’eau. Le sol est encore plus glissant qu’hier mais cela ne me gêne nullement, j’ai mes bâtons bien en main.

Trois quart d’heures plus tard, je franchis le Col du Saint-Pilon. Juste à ce moment, le soleil fait une percée à travers les nuages… étonnant. Sur la cime, les bourrasques sont très violentes et je ne peux douter un instant d’être complètement seul, du moins en tant qu’être humain. Je m’approche rapidement du Rocher qui est devenu, vu le temps qu’il fait, particulièrement lumineux. Je sors mon appareil photo pour prendre de nouveaux clichés mais je me rends compte que les deux batteries sont vides… L’appareil est "resté en marche" et comme j’avais moi-même désactivé la mise en veille automatique, je ne peux rien prendre, tant pis… Je suis un peu désabusé quand même…

C’est à ce moment que Tiyi m’annonce que ce matin nous allons travailler dans le "Secret du Féminin Šacré et que ce n’est pas par hasard si je ne peux prendre de photos… Comme il y a deux jours, Tiyi m’invite à réintégrer mon Féminin avant de pénétrer dans l’Espace du Rocher, ce que je fais par une courte méditation comme deux jours avant…

Cela fait, de nouveau je vais me laisser guider par Tiyi qui m’incitera à entrer en résonnance avec ce lieu. Mais secret oblige, je ne peux rien exprimer de ce que j’ai perçu ce matin. Je ne peux que raconter l’exploration beaucoup plus large que j’ai faite de l’esplanade, du partage que j’ai eu avec l’Arbre de Tiyi qui m’a offert deux pommes de pin toutes vertes et du plaisir que j’ai eu à récupérer mon Cœur en Cristal sous bonne garde mais quand même bien rincé par l’orage… Un de ces jours, certainement, je découvrirais les Énergies qui y ont été placées et peut-être serais-je même habilité à les utiliser pour la guérison spirituelle.

Les bourrasques se sont calmées. Cela fait plus d’une heure que je suis dans cet espace et il est temps que je m’en aille. Je fais mes adieux à ce lieu et je prends la direction du Pas de la Cabre… Arrivé dans la passe, je me retourne une dernière fois et je reste complètement médusé. Je viens de comprendre… Sans réfléchir, je sors mon appareil photo, je l’allume et je prends ??? Trois photos ??? Avant qu’il ne se coupe, batteries effectivement complètement vides… Impressionnant.

Je reprends mon chemin et quelques secondes après avoir franchi la passe, le soleil disparait derrière un gros nuage noir. Encore un hasard certainement… Je ferai donc la descente sous un ciel de nouveau couvert.

De nouveau douche… Puis je fais mes bagages que je charge dans ma voiture. Juste après le repas de midi, je quitte la Sainte-Baume et je prends la route pour rentrer chez moi. Il y a en moi un réel malaise… J’aurai aimé revivre cette époque en ce lieu puisque Tiyi m’a dit que j’y ai vécu dans trois vies différentes, la première pendant toute une vie comme femme de main, la seconde le temps de devenir une Veilleuse talentueuse et la troisième pour une vie entière dédiée à cette communauté.

Le lendemain, je découvre une à une les photos prises pendant ces quatre jours. Celles qui concernent le Rocher me provoquent des vibrations très fortes accompagnées d’une joie immense…

Il m’a fallu un moment de réflexions pour savoir si je devais laisser les trois dernières photos au secret. Non, si j’ai pu les prendre c’est parce qu’il y a une volonté pour qu’il en soit ainsi. Au lieu de la décrire, j’ai préféré rajouter quelques commentaires pour partager avec vous qui me lisez ce que j’ai pu ressentir en ces lieux…


Placée en pleine falaise orientée plein Nord,
La Grotte de la Sainte-Baume est très froide et très humide
Et sa mise en valeur a été faite par des religieux avides de pouvoirs.

Sur l’autre Versant, celui qui se trouve au Soleil,
Se trouve un immense Sanctuaire dédié au Féminin Šacré
Que des générations de Femmes avaient mis en valeur par Amour…


L’ombre d’un côté, la Lumière de l’autre…


Tiyi, Reine d'Égypte.



© Pierre pour CROIX de LUMIERE. . .




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