Révélations de Marie sur la Vie extraordinaire de
Myriam de Magdala et de sa demi-sœur indienne Sarâla,
et sur l'Aventure étonnante de Yeshoua et Maximin...


Livret 3/6

La Découverte du "Cercle Lumière" par Myriam et Sarâla…

An 12 // Petit à petit, Myriam et Sarâla initient toutes ces femmes à la méditation. Le Cercle de méditation de Myriam grandit et se multiplie assez rapidement. Elles prennent l'habitude de se réunir soit chez Myriam à Cana, soit chez Jeanne près du temple de Jérusalem quand elles se rendent dans cette ville… Entre les deux résidences, il faut quand même deux journées de voyage qu'elles ne font que trop rarement et uniquement pour de bonnes raisons. Mais à cette époque, les grandes maisons avaient l'habitude de recevoir de nombreux visiteurs et visiteuses et ce, souvent pour plusieurs semaines.

Peu à peu, Myriam et Sarâla comprennent qu'elles accèdent à un espace très particulier qu'elles avaient définie depuis déjà cinq ans comme devant être l'Espace du Féminin Šacré mais sans en comprendre les subtilités. Néanmoins, elles s'étaient vite rendu compte que si dans le Cercle elles invitaient une personne qui dégageait une quelconque volonté personnelle de pouvoir, cela avait pour conséquence de fermer aussitôt l'accès à cet espace. Il en était de même pour les personnes tristes ou dans la colère où encore des personnes qui en attendaient un résultat quelconque. A l'évidence, seules les personnes ayant une réelle légèreté d'Âme pouvaient être admises dans un tel espace.

Le transformisme de Jean fait des émules et permet à quelques hommes de se découvrir une sensibilité profonde et leurs permettent de retrouver l'écoute intérieure qu'ils avaient quand ils étaient encore des enfants. Mais en Palestine, c'est bien moins facile qu'en Inde, les hommes considérant que le fait de souhaiter se rapprocher des femmes ne peut qu'être une action avilissante. Alors, dans la plus grande discrétion, ils sortent de temps en temps avec un groupe de femmes pour aller se promener dans la nature afin de méditer en plein air dans un espace choisi pour la circonstance et ne présentant aucun problème.

Outre Myriam et Sarâla, Jeanne et Phasaelis, s'y joignent d'autres femmes dont Débora qui est la plus jeune sœur de Myriam, Marie de Béthanie et Judith… Jean y fait toujours office de pilier, terme qui a été donné par Myriam à l'homme car c'est lui qui donne une structure aux énergies générées par le groupe de femmes. Jean ne peut absolument pas prendre la place d'une femme car son énergie corporelle reste masculine et cela ne peut pas s'inverser et ça ne présenterait d'ailleurs aucun intérêt. Par contre, en favorisant le côté féminin de ses émotions, la canalisation des Énergies l'Univers devient possible.

Pendant la première année, le Cercle Lumière de Myriam, va s'animer à huis clos. Toutes les Femmes participantes souhaitent acquérir de nouvelles connaissances mystiques. Elles ont déjà réussi à développer une Énergie très particulière qui les inonde à chaque fois d'une grande béatitude et de pleins d'Amours. Peu à peu, elles se rendent compte que cette belle Énergie qui les traverse leur profite d'abord puisqu'elle les laisse dans un état physique bien plus détendu qui leur assure simultanément une bien meilleure santé. Ce résultat a commencé à être visible au bout de seulement quelques semaines de pratique.

À cette époque, la médecine allopathique n'existe pas… Seule la guérison spirituelle est pratiquée dans les temples par des prêtres mais le résultat pratique est très aléatoire. Ils se sont arrogé une forme de thérapie à laquelle ils n'étaient absolument pas préparés alors que bien avant eux, la guérison spirituelle en relation avec les sciences de la nature était largement pratiquée par des femmes qui vouaient leur vie entière à cela. Dans le groupe d'amies de Myriam et de Sarâla, beaucoup parmi elles pensent qu'elles vont pouvoir se réapproprier ces capacités de guérison qui leur ont été retirés par les religieux.

Cette énergie qu'elles sont devenues capables de recevoir, elles ont fini par apprendre à l'orienter vers la guérison, vers les autres. Il y a tellement de gens autour d'elles qui souffrent de toutes sortes de maladies et qui en meurent, d'autres qui survivent quelques années mais dans des conditions épouvantables. Il n'y a que trop peu de moyens pour lutter contre la maladie, il n'y a que les plantes et les prières, rien d'autre.

Myriam avait appris de son grand-père les rudiments de la thérapie spirituelle. Chaque fois que la possibilité d'agir s'offrait à lui, il prenait Myriam avec lui et ils se rendaient dans un lieu de prière. Là, ensemble, ils appelaient la condescendance des Dieux et des Déesses pour aider la personne malade à guérir quand c'était encore possible ou à mourir en Paix quand son état était trop grave.

Lors d'une de leurs toutes premières visites à Alexandrie, Sarâla et Myriam rencontrent un homme charmant avec qui elles vont développer pendant de nombreuses années des échanges très importants. Cet Homme, c'est Philon d'Alexandrie, un prêtre égyptien qui a choisi une autre voie, au rayonnement impressionnant et qui viendra leur rendre visite plusieurs fois à Cana.

A chaque fois que Sarâla retourne à Alexandrie, elle ne manque jamais d'aller passer quelques jours chez lui sur l'autre rive du lac Maréotis. C'est entre l'eau et le sable du désert qu'il a créé un centre spirituel dont les membres, des hommes et des femmes, respectent une discipline et une hygiène de vie très strictes tout en restant dans une joie de vivre impressionnante. Dès qu'il lui est possible de travailler avec eux, Sarâla s'installe dans une minuscule case et entre dans l'essence du lieu, la prière de guérison.

Philon et elle sont sur un plan spirituel assez comparable et très rapidement, leurs échanges deviennent tout ce qu'il y a de plus fraternels. Quand Sarâla lui explique la géométrie du Cercle Lumière, Philon y porte un intérêt très particulier. Il est convaincu que cette pratique était connue en Égypte mais qu'elle a dû disparaitre avec les invasions hittites, grecques et romaines de ce millénaire et avec tous les changements politiques que ces invasions ont induits sur les religions.

Lors de son troisième séjour, Philon décide d'initier Sarâla aux subtilités de la sagesse antique égyptienne, et de lui transmettre les enseignements d'Imhotep l'Architecte et de Ptah-Hotep le Sage. Il lui fera découvrir le culte d'Isis et d'Osiris qui lui permettra de commencer à découvrir l'existence du concept de la résurrection dans un but très précis, accepter de mourir pour générer énormément d'Amour.

Philon lui fera également percevoir la présence de la Déesse Maât dont la loi intangible régit tout l'Univers ainsi que les Déesses Hathor, Isis, Nephtys, Sekhmet, Nout, Tefnout, Bastet, Nekhbet, Neith, dont beaucoup ont des représentations très ressemblantes au sein du panthéon des Déesses hindoues. Sarâla sera très interloquée de découvrir également l'existence des Sept Hathor qui correspondent aux Sapta Matrikas vénérées par les femmes en Inde.

Petit à petit, Sarâla découvrira qu'il existe en de nombreux temples, des groupes de femmes surtout qui œuvrent pour que l'Amour continue d'être fécond sur Terre. Mais Philon lui a fait promettre de n'en parler à personne pas même à Myriam qui ne peut encore y être initiée. Plusieurs fois, il l'emmènera dans des zones qui semblent désertiques pour y rencontrer ces groupes de femmes en marge de la société mais dont les prières particulièrement puissantes permettent de contrebalancer les actions néfastes des hommes.

Ces prêtresses utilisent un protocole de prière identique à celui que Myriam, Sarâla et Jean ont découvert en Inde. C'est un enseignement universel qui est déversé partout sur Terre mais avec des émergences plus ou moins fortes selon les sociétés en place.

Au fil des ans, en travaillant de concert avec tous les thérapeutes du centre de Philon, Myriam et Sarâla ont fini par définir des bases essentielles dont voici les principales : un Cercle Lumière doit comprendre au moins trois femmes et pas plus de sept. Il doit obligatoirement être structuré par un homme, un seul. Dans l'ensemble, il vaut mieux créer le plus de Cercles Lumière possible. S'il y a douze femmes et quatre hommes, il est préférable de former quatre petits Cercles Lumière de trois femmes et un homme chacun plutôt que deux grands Cercles Lumière.

Autrement, comme dans toutes les méditations, les participantes se placent en cercle, le centre devant forcément rester vide. Dans le Cercle Lumière, l'Énergie féminine est primordiale mais son côté profondément éthérique d'une incroyable légèreté fait qu'elle se répand partout dans l'Univers. A cause de cela, elle perd rapidement de sa concentration et ne peut être utilisée dans un but terrestre. Au contraire, l'Énergie masculine est une Énergie apparentée à la matière. Du fait de sa densité bien plus lourde, elle permet de guider l'Énergie féminine vers une orientation terrestre précise.

C'est là que le mot canaliser prend tout son sens. L'Énergie masculine se met au service des Énergies féminines en formant un canal de protection et de pénétration. Si aucun homme n'est présent alors les Énergies féminines risquent de se disperser en tout sens et de perdre de leurs puissances. Mais s'il y a plusieurs hommes, leurs différentes Énergies vont se densifier et vont gêner la concentration des Énergies féminines.

Pour guider les énergies féminines au lieu de les retenir, il est compréhensible que la densité de l'énergie masculine doit être la plus légère possible. Cela impose de n'admettre qu'un seul homme dans la structure d'un Cercle Lumière.

À Cana comme à Jérusalem, au fil des mois qui s'écoulent rapidement, le groupe initial s'élargit avec la venue de nombreuses femmes accompagnées de quelques hommes choisis par elles et initiés en toute confiance. Certaines d'entre elles ont pris l'initiative d'animer un Cercle Lumière avec leur entourage direct, chez elles… Les activités sportives et culturelles ne sont pas ce qu'elles sont aujourd'hui et pour beaucoup de femmes, participer à une action d'Amour aussi belle ne peut que remplir le cœur des personnes qui souhaitent en faire partie.

Il faut comprendre que la médecine par les plantes est largement répandue dans les milieux aisés mais elle a un coût prohibitif pour l'immense majorité des gens. Pour ces derniers, la guérison spirituelle est la seule médecine pratiquée mais comme ils n'ont souvent ni les connaissances ni la tranquillité d'esprit nécessaire à de telles pratiques, ils sont tributaires des religieux et de l'avidité dévorante de certains. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les gens d'un niveau social bien moins élevé se tournent vers des groupes de personnes capables de générer des Énergies de guérisons.

La Rencontre de Myriam et de Yeshoua…

An 21 // Myriam consacre presque tout son temps à gérer l'immense propriété que son père lui a léguée et surtout, à maintenir les nombreuses activités commerciales de ses comptoirs entre la Méditerranée et l'Inde. Heureusement, les connaissances agricoles acquises par Jean se montrent très judicieuses. Ensemble, cela leurs permet d'assurer un quotidien très confortable à tous les membres de sa famille et lui permet aussi de faire fructifier le domaine grâce à des techniques d'irrigation que Jean a su développer sur des terres habituellement arides.

Sa famille reste toujours la principale préoccupation de Myriam. Elle s'en occupe parfaitement bien, réussissant à marier ses sœurs les unes après les autres avec des hommes qu'elles aiment toutes. Le fait de rendre ses sœurs heureuses est ce qui donne un véritable sens à sa vie personnelle. C'est peu de temps après le mariage de sa sixième sœur, que Myriam se retrouve encore un peu plus seule, sa mère venant de mourir à son tour, dans la paix et la satisfaction d'une vie bien remplie. Myriam vient d'avoir 41 ans et se retrouve au sommet de la hiérarchie familiale. Désormais, c'est elle qui porte le flambeau à bout de bras…

Jean est toujours aussi présent ainsi que Sarâla mais sa solitude provient du fait qu'elle vit désormais dans une maison devenue de plus en plus vide. Le désir d'avoir des enfants lui tenaille le ventre de plus en plus fortement et elle commence à se demander si elle ne va pas se faire féconder par Jean avant qu'il ne soit trop tard pour elle. Elle sait que socialement ça ne passerait pas, il lui faut un époux reconnu par son clan social.

Au moment où elle est sur le point de prendre sa décision, un de ses cousins lointains vient à passer, il s'appelle Judas… Cela fait très longtemps qu'elle ne l'a pas vu, il est devenu un beau jeune homme de 26 ans et il se rend à Jérusalem. Il a entendu parler d'un homme qui s'appelle Yeshoua et il désire le rencontrer. Pendant toute la soirée, Judas entretient Myriam sur cet étrange personnage qui donne aux enseignements des livres sacrés des explications d'un rare niveau spirituel, bien différent des ânonnements de la majorité des rabbins. Myriam très intriguée par ce que Judas lui apprend, prend la décision de l'accompagner à Jérusalem pour rencontrer cet homme si étonnant.

C'est en fin d'après-midi, à l'intérieur du grand temple de Jérusalem qu'ils vont se croiser… Dans un coin ombragé de l'esplanade du Temple, Yeshoua est entouré de personnes qui l'écoutent attentivement. Parfois, l'un ou l'autre lui pose une question qu'il accueille avec une immense présence avant d'y répondre le plus sagement possible.

D'où elle est, Myriam s'est arrangée pour ne pas être vue par Yeshoua et elle préfère qu'il en soit ainsi tellement son cœur bat la chamade… Au bout d'un long moment, Yeshoua se lève car c'est l'heure d'une prière et il salut la foule qui le lui rend chaleureusement. C'est à ce moment que son regard croise celui de Myriam… Une évidence se fait spontanément en eux, ils ne sont plus seuls.

Myriam reste immobile, se contentant de le regarde passer à quelques mètres devant elle. Elle le suit des yeux et le voit s'éloigner dans le couloir réservé aux prêtres qui mène au temple. Elle ne peut le suivre mais ils sont ensembles… pour toujours et sans doute depuis toujours...

Phasaelis l'a invité pour quelques jours chez elle avec Judas bien sûr mais pendant la soirée, Myriam reste étonnamment silencieuse. Elle revoit ce moment fort où elle a perçu cette fusion qu'elle ne connaissait pas malgré ses connaissances du Tantra. Elle en est convaincue, ils sont tous les deux animés par la même Énergie, par la même force d'âme. De son côté, Judas a très bien compris ce qui se passe, Phasaelis aussi mais l'un et l'autre ont conscience que Myriam est une femme mûre de 42 ans alors que Yeshoua n'est qu'un jeune homme de 18 ans.

Le lendemain matin, Myriam refuse de retourner au temple… Alors Judas décide d'y aller seul et assiste à un nouvel enseignement de Yeshoua dans un autre coin du parvis, au soleil. À son retour, il raconte ce qu'il a compris de cet enseignement, un développement d'une grande intelligence qui l'étonne beaucoup de la part d'un homme aussi jeune. Avant de revenir, il s'est renseigné, Yeshoua sera de nouveau présent en fin d'après-midi au même endroit que la veille. C'est un choix délibéré de sa part car dans cet immense temple, c'est le seul espace où les femmes sont autorisées à entrer et à se regrouper.

A l'heure prévue, Myriam accompagnée de Phasaelis et de Judas s'est décidée à revenir écouter ce Yeshoua qui l'émeut tant. Elle est toute flageolante mais heureusement ces deux amis la soutiennent autant moralement que physiquement. Ils sont très en avance et il faut beaucoup d'efforts de la part de Judas pour convaincre les deux femmes de s'installer le plus près possible du banc de pierre où Yeshoua va venir s'asseoir. Myriam a fermé les yeux, elle attend… les minutes passent et à un moment, elle l'entend venir, il résonne déjà tellement fort dans son cœur.

En s'approchant de l'espace que le temple lui a accordé, Yeshoua aperçoit Myriam mais de dos. Elle est assise sur le sol, très humble au milieu de gens de toutes conditions. Il pourrait s'asseoir sur son banc et commencer son prêche mais dans ce moment présent, il n'y a qu'une personne avec qui il souhaiterait échanger et entre eux, il est certain qu'ils n'auront besoin d'aucun mot.

Alors tout doucement, il choisit de s'asseoir sur le sol, juste devant elle, sans rien lui dire, sans la toucher. Il en contemple la beauté mais surtout le rayonnement. En plongeant dans son âme, Yeshoua plonge lentement dans l'Univers où la fusion commence à se faire dans une paix commune extraordinaire…

Bien qu'elle ait fermé ses yeux, Myriam sait qu'il est devant elle, qu'il s'est assis presqu'à la toucher. Elle n'ose pas les ouvrir de peur que tout s'évapore. Alors, elle choisit de prier et elle sait qu'il prie lui-aussi et que c'est par cette prière que la fusion entre eux s'est déjà entamée… Ce moment est tellement beau, tellement lumineux, qu'elle ne peut s'empêcher de verser quelques larmes qui coulent sur ses joues…

Au bout de quelques minutes d'une intense communion, Yeshoua regarde le groupe de personnes qui attend dans le plus grand respect devant lui… Rapidement, tous comprennent qu'il n'y aura pas d'enseignement cet après-midi et les uns après les autres, les gens se lèvent et s'éloignent. Yeshoua le Nazaréen est en prière avec une femme qui ne peut qu'être exceptionnelle...

Voyant cela, Phasaelis et Judas se sont reculés et observent la scène qui se déroule devant eux. Ils sont profondément émus de voir deux êtres profondément lumineux se retrouver ainsi. Au bout d'un grand moment, tous les deux voient Yeshoua tendre sa main vers le visage de Myriam pour y essuyer quelques larmes. Alors, en ouvrant enfin ses yeux, Myriam pose sa main sur le bras de Yeshoua, un petit geste pour beaucoup mais d'une intimité profonde… Leur destin commun vient de commencer.

Myriam reviendra très tard chez Phasaelis où elle dormira paisiblement. Mais le lendemain, elle en ressortira de très bonne heure pour retrouver Yeshoua dans un coin du jardin de Gethsémani qu'il apprécie beaucoup. C'est un endroit qu'ils affectionneront pendant les années qui vont suivre et où ils viendront souvent pour s'y détendre comme pour y prier ensemble.

Pour faciliter leurs rencontres, Myriam se décide à louer une jolie demeure qui appartient à Chuza et où elle peut passer plus de temps pour y rencontrer Yeshoua. Quelques mois plus tard, son père Joseph meurt d'un accident cardiaque alors qu'il n'a que 49 ans… En tant que fils ainé, à son tour Yeshoua devient chef de famille.

Précisions de Marie : Je me retrouve veuve alors que je n'ai que 35 ans et de plus sans trop de ressources, Joseph n'ayant jamais eu pour ambition de s'enrichir. Spontanément, Myriam me propose de m'accueillir à Cana dans son immense maison désertée par ses sœurs déjà mariées. À ce moment, elle n'est qu'une connaissance de mon fils et je trouve assez incongrue qu'une femme qui n'a aucun lien avec ma famille m'invite à partager sa vie.

Devant mon incrédulité, je ne sais quoi répondre mais c'est Yeshoua, par le regard plein d'Amour qu'il échange avec moi, qui me fait accepter. J'ai encore quatre enfants qu'il me reste à élever et dont le dernier est encore en très bas âge. Mais je crains quelques difficultés pour convaincre ma vieille mère Anne de nous accompagner à Cana. C'est une merveilleuse femme qui semble ne plus vouloir vieillir. Elle est veuve depuis plusieurs années mais n'en souffre pas, mon père Joachim l'ayant comblé de bonheur tout au long de leur vie commune malgré le fait que je n'ai été que leur seul enfant et assez tardivement d'ailleurs… Quand je lui transmets la proposition de Myriam, elle me répond avec un immense sourire que c'est la meilleure chose qui puisse nous arriver. Alors, j'accepte.


Les obsèques de Joseph étant passées de plus de trois mois, Myriam et Yeshoua veulent fonder une famille et décident de se marier au plus vite. Dans les sociétés de l'époque où l'état civil n'existait pas encore, un mariage était considéré comme valide dès qu'une femme et un homme échangeaient leur première relation sexuelle. De plus, pour Yeshoua le mariage reste une obligation religieuse sans laquelle il ne peut pas obtenir une charge de Rabbin et cela reste aussi un de ses plus importants souhaits...

Les Noces de Cana…

An 22 // Elles ont lieu dans la grande maison familiale de Cana. Pour héberger les invités qui viennent de loin, des tentes ont été installés en grands nombres dans les prés tout autour. L'organisation incombe à Jean mais heureusement pour lui, Chuza est venu l'aider avec une partie de son personnel de maison… Plus de mille cinq cent invités sont présents le premier jour et près de cinq cent resteront durant les sept jours que dure la fête. Un petit groupe d'amis restera même plusieurs semaines.

Dans la réalité, Yeshoua n'a jamais multiplié le pain ni transformé l'eau en vin… Le miracle tient simplement au fait que Jean ait réussi à nourrir autant de monde pendant autant de temps. C'est en Inde qu'il a appris à conserver les aliments dans des pièces spécialement aménagées et à les stocker dans des récipients bien propres, aseptisés d'abord au feu puis repasser au four une fois remplis de victuailles et fermer hermétiquement par un bouchon ajusté d'un linge et d'un peu de cire. Pour l'occasion, ce mariage a nécessité plusieurs tonnes de boissons et de victuailles et personne n'a jamais manqué de rien ce qui était loin d'être le cas ailleurs.

De plus, Sarâla avait organisé de multiples activités afin d'éviter que certains ne préfèrent s'enivrer. May, sa mère, lui avait fait la surprise de venir avec de nombreuses amies et un groupe importants de danseuses et de chanteuses et de musiciens. Tous ont acceptés de faire ce long voyage depuis Kottayam et ont eu énormément de plaisir à effectuer parfois avec la participation de Sarâla des danses complètement inconnues en Palestine. Les musiciens ont font des prouesses musicales étonnantes.

Pensant le surprendre, Sarâla avait envoyé la trirème à Alexandrie pour y ramener son ami Philon à qui elle avait proposé de venir avec leurs amies et amis communs. C'est ce qu'il fit, emmenant avec lui plusieurs danseuses, chanteuses et musiciennes. À ses cotés, une femme d'une quarantaine d'années l'accompagnait, une femme d'une beauté rare et certainement d'une très grande puissance spirituelle.

Elle s'appelle Néthi… Jamais, elle ne fit la moindre confidence sur ce qu'elle faisait de sa vie et son regard était tellement puissant que personne n'osait l'importuner d'aucune manière. Spontanément, elle sympathisa avec tout le monde, mémorisant chaque personne qui lui était présenté.

De plus, une complicité rare s'installa entre Néthi, Anne et May qui parlaient toutes les trois le cananéen. Ces trois femmes s'isolaient très souvent des autres pour se mettre au calme. Pendant des heures, elles partageaient leurs connaissances. May avait tout appris à Sarâla, ma mère Anne m'avait enseigné les mystères de la Vie et Néthi semblait ne pas être en reste bien au contraire... Elles étaient trois femmes d'un niveau d'Amour fabuleux et qui ressemblaient parfois à des conspiratrices quand une personne pénétrait leur cercle intime.

En quelques semaines, la vie avait totalement changé à Cana. Pour Jean, l'arrivée de Yeshoua dans la vie de Myriam ne pose aucun problème. Il sait que leur relation amoureuse est terminée mais ça ne le dérange pas. Il y a entre eux, une amitié qui est d'une rare sincérité qui est bien plus forte que l'Amour. Myriam est devenue tellement rayonnante qu'il ne ressent vraiment aucune peine. De plus, à la première seconde où Yeshoua est entré dans la vie de Myriam, Jean a ressenti un profond respect pour ce jeune homme qui est tout de même 27 ans plus jeune que lui. Lui aussi ne peut douter une seule seconde que Yeshoua est le Maitre de Sagesse que Myriam attend depuis si longtemps…

Six ans de tranquillité…

An 23 // Maintenant que Myriam et Yeshoua sont mariés, Jean peut se tourner entièrement vers Sarâla. Pour tout les deux, cela créé une intimité nouvelle qu'ils ne connaissaient pas, avec ses avantages mais aussi avec ses inconvénients. Finalement, ils y trouvent un véritable bonheur et cette relation va les combler tous les deux en les laissant dans un émerveillement quasi permanent…

Trois mois après son mariage, Yeshoua est nommé Rabbin et dans un premier temps, il occupe des postes peu intéressants. Pourtant, sa notoriété continue de grandir et on vient de très loin pour l'écouter et pour discourir avec lui sur des textes sacrés parmi les plus difficiles. Certains grands Rabbins de Jérusalem ont même pris l'habitude de l'inviter dans des réunions très fermées mais où malheureusement, s'il se fait apprécier par une minorité, il se fait très mal voir par les autres…

Pour Myriam, deux bébés viendront au monde, Sarah en l'an 23 et Judas en l'an 25. Myriam est enfin maman à 44 et 46 ans tandis que Yeshoua est papa à 20 et 22 ans. Cela n'a pas été facile car dans les tout premiers mois de leur union, elle a vécu le drame de perdre un premier bébé en faisant une fausse-couche au quatrième mois de grossesse.

Durant les sept années qui suivent, Myriam et Sarâla se chargent d'enseigner toutes leurs connaissances secrètes autant que sacrées à Yeshoua et l'initient à tous les mystères en leurs possessions. Bien sûr, elles l'ont introduit ainsi qu'Anne dans leur Cercle Lumière auquel il participe chaque fois que cela lui est possible. Jean et Judas animent chacun un autre Cercle avec de plus en plus de nouvelles participantes et peu à peu, ils finiront par se dédoubler grâce à l'arrivée d'autres hommes à l'esprit bien ouvert…

Yeshoua, ayant passé douze années à étudier dans une école hébraïque, connaît parfaitement bien la Kabbale, la Bible, la Thora, tous les textes sacrés et toutes leurs subtilités mais ce que lui apportent Myriam et Sarâla est d'un autre niveau à la dimension de l'Univers. Cela l'enrichit bien plus que tous ces vieux textes en contradiction les uns avec les autres. De son côté, Anne se charge de lui enseigner les traditions et les enseignements secrets que seules les femmes connaissaient.

En fait, Myriam, Sarâla et Anne lui apprennent ce qu'est le Pur Amour.

De son côté, Judas est de plus en plus souvent présent dans la maisonnée. Lui aussi profite de l'enseignement de Yeshoua et de sa grand-mère Anne ainsi que de ceux de Myriam et de Sarâla… Peu à peu, il devient un érudit et une complicité profonde finit par le relier à toute cette équipe peu commune. Une toute autre raison le retient dans cette maison, il est amoureux de Débora, la sœur cadette de Myriam qui est la seule à ne pas être mariée.

Fiancés après quelques mois de fréquentation, ils se marieront au bout de trois ans, au printemps de l'an 29. Si Judas est certain de son amour, Débora est loin d'être convaincue que le mariage et la famille sont les voies qu'elle doit suivre. Cela fait de nombreuses années que Sarâla l'a prise sous sa coupe et qu'elle lui apprend les mystères des plantes et tout ce qui est possible d'en tirer, des baumes comme des médicaments, la différence ne tenant souvent qu'à une simple prière.

Le Grand Changement…

An 29 // C'est à l'âge de 26 ans que Yeshoua accepte de changer de voie. Cela fait à peine sept ans qu'il s'est marié et cinq ans qu'il a été nommé Rabbin au grand temple de Jérusalem, une charge très élevée. Il devrait en être très satisfait mais il a le sentiment profond qu'une autre forme de spiritualité existe ailleurs. Il voudrait se lancer dans des recherches spirituelles plus importantes, devenir un chercheur de Dieu. Sous l'impulsion d'Anne, de Myriam et de Sarâla, il démissionne de sa charge, un geste qui provoque énormément de remous dans les milieux religieux et politique. Normalement personne n'est autorisé à sortir d'une telle institution de sa propre volonté…

Il faut dire que sa grande sagesse donnait une aura très appréciable au temple et grâce aux enseignements de qualité qu'il y prodiguait, il avait retrouvé une fréquentation importante et aussi des revenus plus conséquents. Totalement incompris par la population qui condamne sa décision et réclame à grands cris sa réintégration, Yeshoua a la chance d'être soutenu dans sa démarche par le patriarche de la ville qui, en prenant position pour lui, ordonne de mettre fin à toutes les polémiques.

Le Chemin Initiatique de Yeshoua commence…

Sarâla, toujours très bien guidée sur le plan spirituel, peut enfin le prendre en main. Sans rien lui dire sur les suggestions qu'ELLE lui a murmurées, elle emmène Yeshoua pour un voyage très particulier en Égypte. A cause des jeunes enfants et de sa charge sacerdotale très importante, ce dernier n'a jamais eu l'occasion de voyager et découvrir Alexandrie lui plairait beaucoup. Mais au lieu de s'y arrêter, la trirème remonte rapidement le Nil pendant plusieurs jours jusqu'à Louqsor à côté de Thèbes.

Arrivée devant le temple de Karnak, Yeshoua et Sarâla ont la surprise de découvrir qu'une délégation de prêtres les attend sur l'esplanade juste devant le premier pylône, façade majestueuse de bâtiments impressionnants, tant par leurs grandeurs que par la perfection des sculptures qu'ils contiennent. Disposés en arc de cercle, en son centre se trouve une femme qu'ils connaissent très bien tous les deux mais qu'ils n'avaient pas revu depuis les noces de Cana, Néthi. C'est elle qui semble diriger ce groupe d'ecclésiastiques. Un regard appuyé, un simple geste de sa main et tout devient harmonie et mouvements. Après des congratulations respectueuses, Yeshoua et Sarâla apprendront un peu plus tard de la bouche même de Néthi qu'elle occupe la charge de Divine Adoratrice et qu'elle a d'ailleurs le titre d'Épouse du Dieu d'Amon dans ce temple de Karnak qui lui est dédié.

Note de Pierre : Son nom Néthi provient du nom de la Déesse Neith. À la fois vent et inondation, Neith est l'immense étendue d'eau qui fit ce qui est, créa les Divinités et les Êtres, d'où la Grande Mère rendit les germes féconds. Tout ce qui naquit sortit de cette étendue. Grande ancêtre qui fut au commencement, Elle vint au monde par ses propres moyens, Elle, la première Mère, à la fois Dieu et Déesse.

Androgyne, aux deux tiers homme et un tiers femme, mâle capable de jouer le rôle d'une femelle et femelle capable de jouer le rôle d'un mâle, Neith créa le monde avec sept paroles. Enfantant sa propre naissance, Elle fut qualifiée de "Père des Pères" et de "Mère des Mères" (Christian Jacq, les Égyptiennes).


Ainsi, Néthi est une très grande prêtresse qui est placée sous la protection de la Déesse primordiale Neith. Cette relation spirituelle particulièrement élevée lui donne une très grande puissance ainsi qu'une autonomie peu commune vis-à-vis du pouvoir des hommes, une place que personne n'oserait lui contester dans tous les temples où elle vient officier, tant sa seule présence enrichie et pacifie le lieu.

C'est bien pour les accueillir que Néthi, suivit de tous ces prêtres et prêtresses, les attend… Après les congratulations d'usages faites dans le plus grand silence, Néthi, par des gestes simples, les guide afin qu'ils s'intègrent dans une procession dont l'état d'esprit pousse au recueillement le plus total. Traversant plusieurs cours intérieures, la procession finit par ressortir à l'extérieur de la première grande enceinte, s'engage dans une grande allée et pénètre dans une seconde enceinte, le temple de Mout.

Une fois les portes de l'enceinte de ce temple refermées sur eux, Néthi leurs proposent de recevoir une initiation spirituelle très difficile qui n'est réservée qu'à une élite rigoureusement sélectionnée dont ils font partie. Yeshoua comprend l'importance de l'enseignement que May a prodigué d'abord sur Sarâla puis sur lui lors de ses séjours à Cana où elle vient au moins une fois par an pour plusieurs mois à chaque fois.

Mais maintenant, les portes de la compréhension semblent s'ouvrir devant lui. Se reprenant, il écoute avec la plus grande attention les explications de Néthi qui leurs fait aussi un exposé précis de ce qu'ils risquent l'un et l'autre en cas d'échec. Sarâla et Yeshoua l'écoutent respectueusement mais en eux, aucune crainte, aucune angoisse n'apparait, ils sont dans une confiance impressionnante.

Ils sont à l'entrée du temple de la Déesse Mout, une Déesse qui représente la Mère et qui apparait souvent à ses fidèles peu assidus sous la forme d'une lionne aux griffes acérées extrêmement dangereuse. Mais elle apparait aussi à ceux qui en sont dignes sous la forme d'une magnifique femme coiffée de la double couronne rouge et blanche, symbole de la double royauté de la basse Égypte et de la haute Égypte.

Comme par enchantement, les portes du temple viennent de s'ouvrir et les prêtres se sont disposés de part et d'autre en attendant leurs décisions. Sarâla et Yeshoua échangent un regard qui en dit long et ensembles, ils prononcent le vœu de s'engager dans cette voie initiatique. Sans la moindre hésitation, ils acceptent l'un et l'autre, en leur for intérieur, tout ce qui va leur être proposé...

Aussitôt, des assistants arrivent silencieusement pour s'occuper d'eux ; pendant tout le temps que durera l'initiation, ils auront la charge de les laver, de les purifier et de revêtir les deux invités de robes blanches immaculées. Cette première étape terminée, la procession se reforme tout naturellement et s'engage à l'intérieur du temple de Mout.

Une fois immobilisés en son centre, les couples de prêtres viennent se placer devant eux, les observent longuement avant de les saluer et de se déplacer sur le côté. Juste derrière le dernier couple, Néthi se glisse entre Sarâla et Jésus et avec beaucoup d'Amour et de douceur, elle les invite à pénétrer dans une pièce assez étroite où ils vont recevoir le premier enseignement.

Ce ne sont pas de simples cours comme à l'école… Dans ces enseignements, il y a de nombreux codes cachés et quand Yeshoua et Sarâla en intègrent un, ils sont aussitôt soumis à un champ vibratoire en provenance directe de l'Univers. Ces vibrations qui se propagent à l'intérieur de leurs corps sont toujours très dures à supporter mais elles restent heureusement à la limite du supportable. Elles ont pour but de purifier leurs corps afin d'en alléger la densité énergétique. Plus cette densité se réduit et plus ils deviennent capables de percevoir et surtout de recevoir des Énergies de l'Univers de plus en plus puissantes.

Ce sont donc de véritables épreuves que Yeshoua et Sarâla passent sans vraiment réaliser que cela met souvent leurs courages et leurs confiances en doute. Ce qui les rassure et les conforte, c'est le fait qu'ils ne sont jamais seuls. Les prêtres sont tous des membres du clergé d'Amon tandis que les prêtresses sont toutes des membres du clergé de Mout. Tous sont bien présents dans le temple et à chaque moment particulièrement difficile, ils perçoivent Sa Présence à ELLE et savent alors qu'ils peuvent agir par leurs prières pour que tout s'apaise.

Quand un enseignement se termine, Yeshoua et Sarâla sont ramenés, soit dans la salle centrale du temple, soit dans une des pièces annexes pour y recevoir tantôt un repas frugal, mais parfois pour y faire une courte sieste. A chaque fois, sans prononcer un seul mot, simplement avec des gestes doux et un regard éclatant de lumière, Néthi dirige tout ce monde par sa présence, et c'est très rassurant pour les deux candidats.

Avant chaque nouvel enseignement, a d'abord lieu le rituel de purification mais désormais il est pratiqué en plein milieu de la grande salle obscure au soleil, seulement éclairée par quelques torches qui brûlent sans dégager aucune fumée. Le temps leur est caché, aucun indice ne leur permet de savoir s'il fait jour où s'il fait nuit, ils sont totalement coupés du monde terrestre et flottent dans une dimension spirituelle dans laquelle défile une grande partie du panthéon des divinités égyptiennes. Chacun de ces couples de prêtre et prêtresse dirige un rituel bien distinct en relation avec l'une ou l'autre des divinités présentes mais à chaque fois, quand ils s'adressent à Yeshoua et à Sarâla, c'est comme s'ils ne représentaient à eux quatre qu'un seul corps et qu'un seul esprit... Ce que l'un ressent, les trois autres le perçoivent aussitôt.

Beaucoup de temps s'écoule ainsi et Yeshoua comme Sarâla ne savent absolument plus où ils en sont. C'est alors que le dernier couple vient les chercher et les emmène dans la cour intérieure du temple. La nuit est tombée et la pleine lune vient de faire son apparition... Comme pour chaque nouvelle épreuve, les assistants viennent les dévêtir, les lavent et les purifient avant de les revêtir cette fois d'une robe pourpre.

Comme lors de leur arrivée, la grande procession se reforme de la même manière et se dirige vers la sortie du temple de Mout. Puis elle s'engage dans l'allée principale en direction du temple d'Amon. S'ensuit un long parcours sous plusieurs pylônes majestueux et par un dédale de couloirs impressionnants avant de ressortir à l'extérieur devant l'esplanade d'un grand bassin, le lac sacré d'Amon devant lequel Néthi les attend...

Les prenant par la main, Néthi entraine Yeshoua et Sarâla dans l'escalier qui descend dans l'eau suivis d'un prêtre et d'une prêtresse… Arrivés au milieu du bassin, le prêtre se charge d'immerger brutalement Sarâla dans l'eau tandis que la Divine Adoratrice aidée de la prêtresse en fait de même avec Yeshoua. Surtout, ces derniers ne doivent pas résister car le but de cette immersion est de leurs permettre de percevoir nettement le fil qui sépare la Vie de la Mort, et découvrir que ce que l'on croit être une fin n'est que le début d'une nouvelle Vie à venir...

Au bout d'un temps qui ne peut être défini, Yeshoua et Sarâla sont sortis de l'eau et aussitôt soutenus par deux autres prêtres remontent l'escalier. Après les avoir aidés à reprendre leur respiration, tous les prêtres entonnent des incantations qui ont un but bien précis, finaliser la purification pour laquelle ils sont venus en ce lieu si particulier. La lune brille majestueusement dans le ciel magnifiquement étoilé et l'esplanade est baignée d'une très puissante lumière blanche… un bain de Lumière céleste.

Les incantations sont finies… Les assistants viennent les dévêtir, les essuyer et leurs remettent à chacun une longue robe blanche sur laquelle sont brodées de nombreux symboles qui témoignent du cheminement qu'ils viennent de réussir. Puis, tous retournent dans le grand temple d'Amon où ils se replacent en cercle au centre duquel se trouve Néthi.

Yeshoua et Sarâla viennent de découvrir le Baptême…

L'initiation se termine… Chaque couple de prêtre et prêtresse vient les saluer et sort les uns derrière les autres par une porte dissimulée sur le côté après leur avoir souhaiter de bien terminer la nuit. A la fin, il ne reste que Néthi tout aussi rayonnante que le premier jour. Elle les informe qu'ils sont invités à passer le reste de la nuit dans le chœur même du temple d'Amon, un très grand privilège...

Un long moment de recueillement commence pour eux et dans cet état profondément méditatif, ils perçoivent très nettement Sa présence. ELLE restera avec eux près de deux heures, le temps de leur donner Son enseignement, pour les aider à comprendre qui ils sont réellement, pourquoi ils ont déjà vécus des incarnations très importantes guidés par des Esprits d'un niveau des plus élevé qui soit. Ils découvrent qu'ils possèdent tous les deux une très grande expérience de la Création d'Amour sur cette Terre.

Quand ELLE les quitte, ils savent ce qu'ELLE attend d'eux…
Yeshoua et Sarâla acceptent de mener à bien cette divine mission.

Après cette sixième nuit passée dans le temple, Yeshoua et Sarâla sont ramenés au port par la même procession en compagnie de tous les prêtres et prêtresses. Les amis qui les attendent sur le bateau ne peuvent que se rendre compte de leurs changements à tous les deux… Certes, ils sont très fatigués mais ils sont profondément calmes, silencieux et surtout extraordinairement rayonnants. Ils ont à peine le temps de les étreindre et de saluer l'équipage du bateau que l'esplanade est presque vide, il n'y a plus que Néthi qui tient par la main une jeune fille magnifique de beauté.

Tandis que la Divine Adoratrice reste immobile au centre de l'esplanade, la jeune fille qui est sa filleule s'avance du navire, franchit la passerelle et se dirige droit sur Yeshoua et Sarâla. Avec un merveilleux sourire qui lui est largement rendu par tous, la jeune fille remet un scarabée d'or et de turquoise d'abord à Sarâla puis à Yeshoua. Ceci fait, elle redescend prestement du bateau et rejoint sa marraine sur l'esplanade. Alors les deux femmes les saluent longuement de la main pendant que l'équipage de la trirème entame les manœuvres de départ…

En Sarâla comme en Yeshoua se forme un grand vide à la limite de la panique. Mais le petit bijou que chacun tient bien serré dans sa main atténue cette sensation désagréable. L'impression d'être abandonnés se fait nettement sentir mais un simple échange du regard leurs permets de se reprendre et de comprendre que c'est maintenant le moment de rentrer à Cana.

Ils savent qu'une fois chez eux, ils devront continuer à travailler par eux-mêmes pour conforter et renforcer cette purification afin de se relier à des plans de Conscience les plus élevés qui soient. Pour préserver le recueillement de leurs deux passagers pendant ce voyage de retour jusqu'à Tyr, l'équipage évitera tout empressement. Yeshoua et Sarâla peuvent rester dans une paix intérieure impressionnante.

Néthi leurs a donné des consignes très strictes qu'ils devront respecter pendant les quatre années qui vont suivre. Ce temps leur est indispensable pour continuer de progresser efficacement vers le Cœur de l'Univers sans se mettre spirituellement en danger...

De retour à Cana, Yeshoua entame en compagnie de Sarâla une série de visites dans des hauts lieus spirituels tout autour du bassin Méditerranéen. Ils se rendent plusieurs fois à Constantinople, à Éphèse et à Pergame. A chaque fois, ils s'entretiennent avec de nombreuses personnes prévenues à l'avance de leurs arrivées. Dès qu'ils se trouvent quelque part, des invitations arrivent les unes après les autres ce qui fait qu'ils passent souvent de longues semaines à voyager d'une demeure à l'autre par des chemins parfois très rudimentaires. Des membres de l'équipage les escortent, assurant leurs sécurités dans des pays parfois hostiles. À la fin de chacun de ces périples terrestres, ils rejoignent la trirème et reviennent à Cana pour quelques semaines avant de repartir vers une nouvelle destination.

Myriam, avec ses deux jeunes enfants, ne peut pas les suivre et de toute manière, ce n'est pas son rôle… Dès qu'ils sont de retour, elle aide Yeshoua du mieux qu'elle peut en reprenant avec lui les enseignements que Sarâla et elle lui donnent depuis plusieurs années. Cet enseignement intègre l'étude des textes des Védas, profonde sagesse indienne à laquelle se rajoute l'enseignement de Siddhârta Gautama, le Bouddha. A cela ils viennent de s'engager dans l'enseignement de la grande Sagesse de Ptah Hotep, avec bien sûr, la découverte des mystères d'Osiris sur la résurrection orchestrée par les Déesses Isis et Nephtys et qui s'est manifestée sous la forme d'Horus…

Yeshoua ne prêche plus puisqu'il a abandonné complètement sa charge de Rabbin. Il faut bien comprendre que ça lui serait de plus en plus difficile car ses récentes découvertes spirituelles font que ces propos commencent à se différencier nettement de ses convictions religieuses juives d'avant. Yahvé, ce Dieu menaçant qui pousse Moïse a tué son propre fils ne fait plus partie de ses croyances. Ce Dieu, vieux, barbu, menaçant et colérique n'a rien en commun avec les Présences spirituelles qu'il a découvertes en compagnie de Sarâla dans les temples de Mout et d'Amon de Karnak.

Les Divinités présentes à Karnak ne menacent ni ne châtient...
ELLES nous Aiment et nous demandent de les aider en créant plus d'Amour.

Yeshoua va continuer de voyager pendant plus de deux ans sous les indications de Sarâla… Il suit un véritable parcours improvisé car souvent, c'est son hôte du moment qui le recommande auprès d'un de ces amis, érudit lui aussi. Toutes ces personnes visitées ont généralement un rôle social, religieux ou politique important là où ils se trouvent. À les voir tout les deux, on pourrait croire que Sarâla est devenue son ombre mais en fait, c'est elle qui est en train de préparer un évènement qui ne s'est encore jamais passé sur Terre, une manifestation divine impressionnante pour briser des structures sociales avilissantes.

Pour éviter les commérages du fait qu'elle est constamment en voyage avec un homme marié, Sarâla préfère cacher sa féminité en se donnant une apparence masculine d'ailleurs bien plus pratique pour monter à cheval, pour voyager et pour pénétrer dans certains lieux, temples ou palais. Elle prend un grand risque car cela lui est formellement interdit. En cause, la misogynie développée depuis plusieurs siècles par la civilisation grecque, par une mythologie qui rabaisse d'abord ses Déesses avant de rabaisser toutes les femmes. Le monothéisme envahit tous les pays, mais ce sont les Dieux qui sont promus tandis que les Déesses, y compris Ashéra, disparaissent…

En quelques siècles, la misogynie s'est développée à cause du monothéisme religieux qui ne voulait surtout ne plus voir aucune manifestation féminine dans ses rituels. Le premier temple de Salomon détruit en – 597 par Nabuchodonosor contenait deux bâtiments distincts, un pour les hommes dédié à Yahvé et un autre pour les femmes dédié à Ashéra. Chez les hommes ne se produisait que des conflits, chez les femmes, que des moments de pur Amour… Les religieux ne veulent plus voir cela.

Quand le temple fut reconstruit, les femmes furent cantonnées à la seule esplanade extérieure avec interdiction d'accéder aux autres espaces plus en avant, toute tentative étant lourdement sanctionné par une peine de mort. Avec une telle ségrégation entre les deux sexes, la plus grande partie de la population masculine finit par percevoir la femme comme étant forcément un être impur puisque Dieu lui-même ne voulait plus les voir. L'invention du péché originel justifia de telles déviances.

Quand Yeshoua revient à Cana, il est toujours très heureux de retrouver Myriam et ses deux enfants, Sarah et Judas, qu'il voit grandir à vue d'œil. L'Amour qu'il a pour son épouse et pour ses deux jeunes enfants est fabuleux et ils le lui rendent bien. La confiance que Myriam lui accorde est immense, tout autant que son aide spirituelle d'ailleurs. Grâce à sa fortune qu'elle met généreusement à sa disposition, elle lui apporte une aide non négligeable. Sans elle, rien ne pourrait se faire, elle est le rocher sur lequel se construit peu à peu une géométrie sacrée qui doit permettre l'émergence de l'Amour et donner à l'ensemble de cette région du monde une vision bien plus élevée de SA Présence Divine.

L'Initiation dans le Temple de Philae…

An 32 // Une échéance approche à grand pas… Quatre ans après leur première initiation dans le temple de Karnak, Yeshoua et Sarâla, s'apprêtent à retourner une seconde fois à Thèbes. Cette fois, ils ont prévus de commencer par suivre une retraite préparatoire dans le centre de Philon, au bord du lac Maréotis d'Alexandrie. Ce centre est un lieu de prière où vivent une permanence une soixantaine de personnes, des femmes et des hommes qui prient ensemble pour générer des énergies de guérison qui peuvent être renvoyées vers ceux qui en ont besoin et dont le niveau de conscience s'est amélioré depuis.

Au bout de 40 jours d'une retraite préparatoire qui leur est très bénéfique, Sarâla et Yeshoua remontent sur la trirème accompagnés par Philon. Ils remontent rapidement le Nil jusqu'au temple de Karnak. Sans le moindre étonnement, ils découvrent la présence sur l'esplanade du même groupe de prêtres et de prêtresses qui les ont reçus la première fois avec en leur centre, Néthi la Divine Adoratrice avec sa filleule qui est devenue, depuis la première initiation, une très belle et tout aussi rayonnante jeune femme. Ils sont tous là sur le quai à les accueillir le plus chaleureusement possible, tous très satisfaits de les revoir.

Un magnifique bateau, richement décoré de fleurs est amarré sur le ponton, en amont de leur point d'amarrage. Après une courte explication de la part de Néthi, tous les prêtres auxquels s'est joint Philon montent dessus en compagnie de Sarâla et de Yeshoua. Aussitôt, l'équipage composé de plus de deux cent rameurs, s'active à remonter le Nil. Quelques jours plus tard, alors que la nuit commence à tomber, le bateau arrive sur l'île de Philae qui est étonnamment déserte pour la circonstance.

Sarâla, malgré ses nombreuses visites en Égypte ne connait pas cet endroit, elle n'en a même jamais entendue parler, même pas de la part de Philon. Les troubles politiques actuels dus aux conquérants romains, font que les religieux ont bien du mal à conserver leurs édifices et leurs temples en activité. Il ne faudrait pas grand-chose pour que toutes pratiques leurs soient interdites par la force avec, pour conséquence possible, l'abandon ou la destruction de ces lieux de prières. Alors, depuis l'arrivée des romains, les cultes dédiés à Isis et aux autres Déesses du panthéon égyptien se font bien discrets, à l'exception de la fête des lumières d'Isis qui est toujours pratiquée juste après le solstice d'été.

Néthi leur explique que cela fait plus de 500 ans que ce temple a été érigé par les Pharaons de la dynastie grecque des Ptolémée parce qu'ils avaient perçus la présence d'une puissance spirituelle des plus élevées sur cette minuscule île posée au milieu du Nil et dédiée à la grande Déesse Isis. Des cultes en toutes simplicités lui étaient rendus depuis près de deux mille ans par des groupes de femmes et de prêtresses qui finirent par mettre en place une organisation spirituelle dont la direction fut d'abord confiée à la Reine d'Égypte. Cette charge sacerdotale s'équilibrait parfaitement avec celle du Pharaon et la Reine prenait alors la dénomination d'Épouse du Dieu…

Note de Pierre : Plus tard, la charge de travail de la Reine devenant de plus en plus importante, il fut décidé de confier la direction de ces groupes de prières à une femme souvent très proche du Pharaon, parfois une de ses filles, et qui acceptait de consacrer sa vie entière dans la plus grande dévotion possible envers les Déesses. Cette charge était tellement importante qu'il était impensable pour une telle prêtresse d'envisager une maternité qui la rendrait indisponible pendant de longues années. La transmission de la charge se faisait par la formation d'une filleule commençant très jeune, cette dernière devant apprendre tous les arts créatifs, les danses et les musiques sacrées. Elle devait devenir capable de gérer un harem, maison protégée par Pharaon dont le mot prête à confusion. C'était une université qui était peuplée d'une multitude d'artistes œuvrant dans tous les domaines artistique et qui bénéficiaient d'un environnement conséquent en personnel de service, en fermiers et en soldats pour les protéger. Certains harems pouvaient regrouper plus de 6.000 personnes.

Le sanctuaire de l'île sainte de Philae possède un lien étroit avec une autre voisine, l'île sainte de Bigeh consacrée au Dieu Osiris. Par un étroit chenal, les prêtres et prêtresses d'Isis se rendent tous les dix jours sur l'île de Bigeh pour honorer le Dieu Osiris assassiné par le Dieu Seth mais ressuscité par Isis et Nephtys sous la forme du Dieu Faucon Horus. Le tombeau du Dieu Osiris est décoré de 365 tables d'offrandes et à chaque visite, le clergé y transporte une magnifique statue d'Isis afin qu'elle puisse lui offrir son lait...

Personne n'aborde sur l'île sainte de Philae sans y être autorisé par la Divine Adoratrice ou par sa suppléante. Seuls les religieux et personnes hautement considérées sont autorisés à aborder l'île et parmi eux, bien peu sont autoriser à pénétrer à l'intérieur de la salle Hypostyle. Parmi elles, quelques personnes seulement sont autorisées à entrer dans le sanctuaire d'Isis. Personne n'ose contrevenir car le risque pour les imprudents est d'être foudroyé par les Énergies d'Isis et d'errer indéfiniment dans les mondes obscurs.

Il fait déjà nuit quand le bateau du temple de Karnak vient s'amarrer au ponton mais aucun mouvement ne se fait entendre. Apparemment, le temple d'Isis est vide mais une présence spirituelle immense en émerge peu à peu. Les prêtres et les prêtresses ont tous conservé un calme impressionnant tandis que Yeshoua, Sarâla et Philon sont un peu décontenancés par ce qu'ils commencent à percevoir. Sur le large pont du bateau où sont disposés des tapis très épais, Néthi donne la consigne à tous de se disposer en cercle. Yeshoua et Sarâla sont invités à se placer dans le cercle mais ils sont placés face à face, en opposé dans l'axe du bateau tandis que Néthi invite Philon à se placer légèrement en dehors du cercle, juste dans un coin qu'il trouve d'ailleurs particulièrement confortable. Après un premier rituel composé de chants et de prières, tous s'assoient pour entamer une méditation de groupe qui durera le reste de la nuit. Yeshoua et Sarâla ne peuvent s'empêcher de s'endormir mais quand ils se réveillent au petit matin, ils découvrent qu'ils ont tous été recouverts de très chaudes couvertures de laine.

La seconde Initiation au culte d'Isis et d'Osiris,
Aux mystères de la Résurrection…

Le Premier Jour : Un premier groupe de six prêtres se placent en avant de la procession et Yeshoua est invité à se mettre juste derrière eux, lui-même étant suivi par les six derniers prêtres. Sur un signe de la Divine Adoratrice, la procession se met en mouvement très lentement alors que des musiciens installés le long du premier pylône au Sud se mettent à jouer une musique lente mais pénétrante. Après avoir tourné au milieu de la cour, la petite procession se décale sur le côté gauche et pénètre dans le temple par le Mammisi, le Temple de la Naissance qui sert à célébrer le mystère de la Naissance Divine. Une fois par an, Isis y met Horus au monde…

La première salle n'est pas très grande et elle est volontairement sommaire, il n'y a aucune décoration. Les portes se referment derrière les derniers prêtres mais cette fois, c'est eux qui vont procéder aux rituels de purification et qui proposent à Yeshoua de le laver, de le purifier et de le revêtir d'une nouvelle robe de couleur verte sur laquelle des symboles ont été brodés. Pendant toute la journée, des rituels assez agressifs alterneront avec des moments de repos pour se nourrir et s'hydrater. Ces rituels ont pour but d'inviter Yeshoua à se débarrasser du poids de son incarnation terrestre. Les vibrations qu'il reçoit sont immenses et heureusement, les prêtres sont très présents car Yeshoua est souvent dans un état de transe qui le laisse néanmoins dans une grande sérénité. Ce travail continue une partie de la nuit jusqu'à ce qu'il s'endorme très fatigué. Alors, les prêtres sortent et le laissent seul dans cette première pièce dédiée à la Renaissance.

Le Deuxième Jour : Aux premières heures, Yeshoua est réveillé par un prêtre et est invité à se lever. A ce moment, la porte d'accès à la deuxième salle s'ouvre. Les prêtres y sont déjà. La pièce est un peu plus grande et possède une porte de plus qui doit donner dans la salle hypostyle. Cette pièce est décorée de nombreuses sculptures qui représentent la naissance et l'allaitement de l'Enfant-Dieu Horus. Après un repas de jeun fait uniquement de bouillons, Yeshoua est déshabillé, lavé et purifié comme la veille. Une fois séché, il est revêtu d'une robe bleue finement brodée d'autres symboles. Puis commencent de nouveaux rituels qui s'enchainent les uns derrière les autres et qui concernent la naissance et les premiers stades de la petite enfance. D'une certaine manière, Yeshoua est en train de se préparer à naitre en une nouvelle Vie en se débarrassant de toutes les souffrances de son enfance. N'a-t-il pas été enlevé très tôt à sa mère ? N'a-t-il pas été enfermé pendant 12 ans dans une école hébraïque ? L'organisation de la journée est la même que la veille. Pendant que deux des prêtres sont en contact direct avec lui, les dix autres scandent des prières et chantent des litanies à la gloire de la Mère du TOUT. De nouveau tard dans la nuit, Yeshoua s'endormira très épuisé.

Le Troisième Jour : De nouveau, il est réveillé aux premières heures du jour. La porte d'accès à la troisième salle s'ouvre et il voit qu'à l'intérieur, les douze prêtres l'attendent. Cette salle est un peu plus grande mais n'a qu'une porte de sortie. Les peintures sur les murs représentent des scènes de l'enfance et de l'adolescence d'Horus, juste après son allaitement par sa mère Isis cachée dans les marais pour échapper à Seth. Le repas est toujours aussi frugal et il en sera ainsi pendant les douze jours que dureront cette Initiation Sacrée.

Après sa toilette, Yeshoua est revêtu d'une robe de couleur rouge. L'état de transe des deux jours précédents commence à se réduire nettement et il commence à reprendre pleinement conscience de ce qu'il vit. Il se sent de moins en moins décalé et de plus en plus centré sur ce qu'il doit découvrir. Il sait qu'il a toujours la possibilité de reculer, de faire demi-tour et aussi de faire comme Isis, se cacher dans les roseaux. Mais alors, il sera toujours traqué par sa conscience et ne sera jamais plus au calme. Il a prit un engagement il y a déjà quatre ans de cela et il ne doit surtout pas renoncer. Yeshoua doit perdre ses dernières résistances, il est indispensable qu'il entre dans l'acceptation la plus totale et le troisième rituel va dans ce sens. Les deux prêtres qui le dirigent alternent des prières avec des séries de questions auxquelles Yeshoua n'a que le temps de répondre par OUI ou par NON… Une seule mauvaise réponse pourrait l'éliminer de suite. Or il y a des centaines de questions dont beaucoup paraissent vraiment trop simples mais qui servent à briser sa résistance sans aucune pitié. Au bout de plusieurs heures quasi inhumaines, le silence se fait pendant quelques minutes…

D'un seul C(h)œur, les douze prêtres reforment un cercle autour de Yeshoua et entament une litanie à l'attention de la Grande Déesse Isis. Les douze voix pénètrent totalement les murs de la salle qui se mettent à vibrer en amplifiant la puissance de la litanie, la transformant en Chant Šacré. La puissance vibratoire du lieu augmente dans des proportions impressionnantes et Yeshoua perçoit un espace qui est en train de changer… Ils sont dans une autre dimension face au Cœur de l'Univers. A un moment, tous se taisent et écoutent ce merveilleux Šilence. Longtemps, tous les participants vont rester debout, totalement immobiles, soutenus par une foi commune qui les anime tous. Puis les vibrations s'estompent et chacun retrouve sa présence sur Terre. A la joie qui inonde tous les prêtres, Yeshoua comprend qu'il vient de réussir son passage, se relier à la Conscience de l'Univers. Après une dernière libation prise en commun, les prêtres se prosternent un à un devant Yeshoua avant de se retirer, le laissant seul pour la nuit.

Le Quatrième Jour : De nouveau, Yeshoua est réveillé aux premières heures du jour. Sans changer de salle, deux prêtres lui font sa toilette et le revêtent d'une nouvelle robe mais de couleur jaune brodée avec de nouveaux symboles, en plus grand nombre d'ailleurs. La porte s'ouvre et Yeshoua, encadré par les deux prêtres, retraverse les trois salles avant de rejoindre la salle centrale où l'attendent les dix autres prêtres positionnés en arc de cercle. Face à eux, les douze prêtresses… et au centre Néthi accompagnée de Sarâla qui viennent d'entrer. Elle est vêtue d'une robe de la même couleur que celle de Yeshoua qui rejoint la place que Néthi lui désigne face à Sarâla… Le soleil est en train de se lever et le recueillement est total...

Mais de son côté, pendant ce temps, qu'est-ce que Sarâla a vécu ?

Pour Sarâla, rien ne s'est passé ainsi. Depuis le bateau, où elle était restée en compagnie de Néthi est de Philon qui semblent se connaitre depuis très longtemps, elle a regardé le groupe de prêtres encadrant Yeshoua disparaitre dans cet impressionnant monument. A son grand étonnement, le groupe de prêtresses quittent leurs réserves et redeviennent des femmes très joyeuses avides de mettre de l'animation sur le pont du bateau. Sarâla s'y retrouve entrainée et un long moment plus tard, Néthi en tête, toutes retraversent le ponton en courant et en chantant jusqu'au milieu de l'esplanade. Pendant qu'ils dormaient, des petits bateaux ont abordés de l'autre côté de l'île et ont déposé du personnel et du matériel. Un groupe de musiciennes vient de s'installer à côté du temple d'Horus et commencent à jouer des litanies très douces. Des serviteurs sont en train de dresser de grandes tentes sur l'esplanade. L'une d'elle est totalement fermée et c'est dans celle-là que les prêtresses entrainent Sarâla.

Tout en chantant et en dansant, elles la déshabillent et l'invitent à s'immerger dans un bain de couleur rose claire très fortement aromatisé. Sarâla y est soigneusement lavée et après ce moment délicieux, elle est revêtue d'une très belle et très fine robe de couleur verte. Les jours suivants, le rituel se répétera, la robe changeant seulement de couleur, une robe bleue pour le 2ème jour puis une robe rouge pour le 3ème.

De nombreuses activités ludiques vont s'enchainer pendant ces trois jours. Certaines de ses prêtresses s'avèrent être des danseuses de très haut niveau et elles font à Sarâla de très belles démonstrations de danses sacrées égyptiennes. En retour, sur des airs joués par les musiciennes, Sarâla leur offre quelques improvisations de danses sacrées indiennes qui semblent bien appréciées par Néthi et par sa filleule qui vient de se joindre au groupe. Au bout d'un moment, toutes ces femmes pleines de vie l'invitent à découvrir et à partager leurs propres danses.

Pendant plusieurs heures, Sarâla répètera des pas et des enchainements qu'elle ne connaissait pas mais qu'elle reconnait comme étant des danses d'un très haut niveau d'élévation. Bien que la joie soit partout présente sur l'esplanade, Sarâla est complètement épuisée. Elle aussi n'a ingéré que des aliments liquides car, comme Yeshoua, elle doit respecter une certaine diète.

Tard dans la nuit, les prêtresses qui sont toutes devenues des amies l'invitent à se coucher sous une tente montée juste pour elle dans un recoin de l'île le plus au Sud de l'île, à côté du pavillon de Nectanébo décoré des quatorze colonnes dédiées à la Déesse Hathor, chacune invoquant une étape particulière dans le cheminement de l'Être.

Les deux journées suivantes se déroulent de la même manière. Malgré tous les soins qui lui sont prodigués, Sarâla est quand même très inquiète. Les explications qui lui sont données par Néthi devraient la rassurer mais elle lui a expliqué qu'avant d'aller plus loin, Yeshoua a besoin de suivre un rituel de purification qui doit lui permettre de retrouver son androgynéité spirituel afin de lui permettre de devenir réceptif aux deux courants d'Énergies de l'Univers, les Énergies féminines et les Énergies masculines.

Normalement, recevoir les deux Énergies fondamentales en même temps provoque un foudroiement instantané quand la personne n'a pas suivie une initiation rigoureuse. Le corps entier est soumis à des courants qui peuvent détruire certains organes et c'est pour cette raison que les femmes ne peuvent recevoir les Énergies masculines, ces dernières détruiraient leur Utérus.

Sarâla n'a pas besoin de suivre la même initiation car elle n'est concernée que par la réception des Énergies féminines. De plus, Néthi lui apprend qu'elle a été reconnue comme étant Fille d'Isis, ce qui l'autorise, comme pour toutes les prêtresses présentes autour d'elle, à entrer dans le sanctuaire sacré sans préparation particulière, son degré de pureté étant largement satisfaisant.

Le Quatrième jour de nouveau : Avant le lever du Soleil, Sarâla est de nouveau délicieusement réveillée par la filleule de Néthi qui lui apporte une collation. Puis, les deux prêtresses qui l'accompagnent, se chargent de lui faire sa toilette et de la revêtirent d'une splendide robe jaune. Puis elles rejoignent le reste du groupe devant la grande porte du temple où toutes s'asseyent sans le moindre murmure, dans le plus grand silence. Derrière elles, une armée de serviteurs démontent et évacuent sans précipitation afin de respecter le silence du lieu, l'ensemble du campement improvisé. En quelques minutes, l'esplanade est de nouveau vide et les petits bateaux repartent sur la rive Est du Nil avec tous le personnel. Seul Philon est autorisé par Néthi à rester sur le Parvis en conservant l'usage du bateau du temple de Karnak toujours amarré au ponton mais entièrement vidé de son équipage qui a été emmené sur la rive Ouest du Nil.

Un premier cri d'oiseau retentit… Alors Néthi se lève, remercie le faucon et invite les prêtresses à se joindre à sa prière envers le Dieu Horus, ce qu'elles font avec une très grande joie. Puis toutes ces femmes, Néthi en tête tenant fermement Sarâla, entament une très dynamique sarabande sur le parvis du temple d'Isis. Au moment où le premier rayon de soleil perce, Sarâla entend distinctement un second cri d'oiseau, certainement le même Faucon. À ce signal, les prêtresses se regroupent sur deux files devant la grande porte, et d'un geste précis de Néthi, Sarâla est invitée à se placer à son côté droit au milieu d'elles. Dans un silence impressionnant, la grande porte s'ouvre…

Tout en entamant un chant particulièrement doux, les prêtresses se mettent en mouvement, franchissent le premier pylône pour pénétrer dans la grande cour. Par un joli mouvement d'ensemble, les douze prêtresses se placent près du centre en demi-lune, Néthi entrainant Sarâla au centre de l'arc de cercle ainsi formé. Dès qu'elles sont de nouveau au calme, la porte du Mammisis s'ouvre pour laisser sortir le groupe composé de dix prêtres qui se placent de manière à fermer le cercle, laissant un passage libre au milieu d'eux pour Yeshoua et les deux derniers prêtres.

Ils arrivent peu après et sur une invitation de Néthi, Yeshoua franchit le cercle pour la rejoindre au centre. Pendant que le cercle est complètement fermé, Yeshoua et Sarâla se congratulent timidement sous le regard plein d'Amour de Néthi. Pour tous les deux, l'émotion est intense et ils profitent de ce moment pour s'étreindre longuement. Sarâla contemple Yeshoua, il a changé, son rayonnement est différent, tout en lui s'est adoucit et cela l'impressionne fortement. Très calmement, Néthi les sépare, place Yeshoua à sa gauche et Sarâla à sa droite en les invitant au recueillement.

Alors, l'un des prêtres entame le premier couplet d'un chant… Puis, une prêtresse entame le couplet suivant, suivie par un second prêtre, lui-même suivi par une seconde prêtresse et ainsi de suite. Malgré que ce chant soit très long, personne ne voudrait le voir se terminer, il crée un lien particulier entre tous très puissant. Après que le cercle entier ait chanté, Néthi, d'une voix magnifique, entame le dernier couplet puis lève son bras droit. A ce moment, les portes du premier pilier se ferment. Elle le rebaisse, pivote d'un demi-tour et le relève.

Alors, dans le plus grand silence, les portes du second pylône s'ouvrent. Dans une très belle harmonie, les prêtresses et prêtres placés à droite glissent les uns vers les autres tandis que les prêtresses et prêtres placés à gauche en font autant. Dans un magnifique mouvement, la procession se reforme suivie de Néthi qui entraine Yeshoua et Sarâla très intimidés par l'ambiance de recueillement qui règne dans ce lieu. Dans un silence qui n'en est pas vraiment un, ils entrent les uns derrière les autres dans le saint des Saints, le temple dédié à Isis.

Ce qui se passe désormais ne peut être raconté, cet espace est aussi secret que sacré… Néthi les a laissés aux mains des prêtres et prêtresses avant de se retirer par une porte bien dissimulée. Pendant les neufs jours qui vont suivre, Yeshoua et Sarâla vivront les épreuves initiatiques ensembles et ne seront séparés que pour la toilette du matin, celles-ci ayant lieu dans des espaces différents. Tous les matins, ils sont revêtus d'une robe d'une nouvelle couleur, identique pour tous les deux et sur lesquelles un nouveau symbole brodé sur le devant est ajouté aux précédents.

Les couleurs seront l'orange pour le cinquième jour, le saumon pour le sixième jour, le rose pour le septième jour… Chaque jour, des rituels de plus en plus difficiles leurs sont proposés, et souvent, ils n'ont qu'un très court instant pour se réconforter du regard quand ils changent d'espace. Néthi n'est présente que Toujours accompagnés par un couple de prêtres, ils sont amenés dans l'une des douze salles du Temple d'Isis sans y rester plus que le temps nécessaire à une prière particulière qu'ils doivent apprendre très rapidement et qu'ils doivent comprendre avec leur cœur.

Au matin du huitième jour, ils sont revêtus de robes noires et cette couleur les étonne beaucoup. Pendant toute la journée, ils ne verront aucune flamme, aucune lumière, aucune torche, et ils seront confinés dans des salles plongées dans l'obscurité. C'est l'initiation de l'Ombre… Quand la nuit est bien avancée, ils sont conduits le long d'un escalier qu'ils grimpent en tâtonnant jusque sur la terrasse du temple d'Isis. De là, avec les prêtres et les prêtresses au complet, ils vont découvrir un panorama nocturne impressionnant avec la pleine lune qui se reflète dans les eaux du Nil. La voûte étoilée est personnifiée par la Déesse Nout, une femme au corps bleu constellé d'étoiles et qu'elle cintre au dessus de son frère Geb de couleur sombre qui symbolise la Terre à qui elle offre son lait, les Énergies de l'Univers.

Yeshoua et Sarâla comprennent que les prêtres vont interroger les étoiles pour définir les actions à mener pour préparer Yeshoua à la mission qui lui a été confiée par la Grande Mère. Exceptionnellement, ils sont tous eux aussi vêtus de robes noires afin qu'aucun rayon lumineux ne puisse se révéler sur la terrasse. Jamais Yeshoua et Sarâla n'avait vu un ciel aussi beau, aussi noir mais aussi lumineux. Ils n'ont rien d'autre à faire que de rester silencieux dans une profonde contemplation de la beauté de l'Univers.

Peu à peu, ils finissent par s'y identifier et bien avant de redescendre, ils savent que désormais ils font partie intégrante de cet Univers, ils sont en lien étroit et profond avec la Conscience de l'Univers. À leurs côtés, cinq prêtres et trois prêtresses examinent les moindres détails de ce magnifique ciel étoilé et dans le silence, ils partagent leurs observations pendant plus de deux heures. Quand ils ont terminé leur lecture, l'un d'eux lance le cri du Faucon. Alors, dans l'escalier, des torches s'allument permettant à tout ce monde de redescendre dans la grande salle du temple qui vient d'être éclairée par de nombreuses torches.

Yeshoua et Sarâla ne sauront rien de ce qui a été observé et consigné par les prêtres mais ils savent qu'ils ont vaincus la puissance des mondes obscures.

Du neuvième au onzième Jour : Tout ce qui se passe pendant ces trois jours reste encore plus secret. Il n'y a que la couleur des robes qui peut être connue, le marron foncé pour le neuvième jour, le bleu foncé pour le dixième jour et le rouge foncé pour le onzième jour. Cette onzième nuit, Yeshoua est conduit dans la crypte du Dieu Osiris au sous-sol, tandis que Sarâla est emmenée dans le sanctuaire même d'Isis. À Chacun est donnée la possibilité de se relier à l'un ou à l'autre de ce fabuleux couple divin…

Le Douzième et Dernier Jour : Le soleil est levé depuis quelques heures déjà quand les portes des deux immenses pylônes s'ouvrent très lentement. Dehors, les musiciennes sont installés dans le fond de l'esplanade d'où elles entament une musique très douce mais assez gaie. La procession des prêtres et prêtresses sort lentement du temple d'Isis tout en se dirigeant vers l'esplanade. Yeshoua et Sarâla, épuisés mais rayonnants, sont vêtus de deux magnifiques robes totalement blanches sans aucune broderie cette fois. Arrivés au centre de l'esplanade où les attend Néthi, les prêtres et prêtresses décrivent une large courbe afin de revenir face à Sarâla et à Yeshoua. Dans un profond respect, par groupe de deux, ils se prosternent à leurs pieds, puis retournent avant de s'éclipser à l'intérieur du temple dont les portes se referment dès qu'elles sont franchies par le dernier couple auquel Néthi s'est joint.

A part les musiciennes qui continuent de jouer des mélodies très douces, Yeshoua et Sarâla se retrouvent seuls comme abandonnés… Le bateau du temple de Karnak n'est plus là et ils attendent de savoir ce qu'ils doivent faire. Soudain, du fond de l'île, la même armée de serviteurs arrive avec les tentes et tout ce qu'il faut pour faire un banquet. Mais cette fois, c'est un banquet qui est organisé uniquement pour eux deux. Ils n'ont rien mangé de solide depuis leur arrivée ici même douze jours plus tôt et ils ne peuvent qu'apprécier pleinement les mets et les boissons d'une rare délicatesse qui leurs sont servis par un personnel particulièrement attentif…

Pendant tout l'après-midi, ils vont dormir profondément ce qui leur permettra d'évacuer une grande partie de la fatigue engendrée par cette initiation sacrée. Alors que la nuit est sur le point de tomber, une très belle femme vêtue d'une robe jaune comme le soleil, la filleule de Néthi, les réveille doucement et les invite à la suivre sur le ponton où les attend une petite felouque.

Sans se poser la moindre question, ils embarquent tout les trois dessus. La femme se met à la barre et avec une grande dextérité, laisse glisser l'embarcation vers l'ile voisine de Bigeh dédiée au Dieu Osiris.

A l'évidence, il doit y avoir beaucoup de monde dessus car en s'en approchant peu à peu grâce à une légère brise, ils aperçoivent les lueurs de nombreuses torches et commencent aussi à entendre une musique particulièrement gaie. Ils sont attendus… Deux hommes se chargent d'amarrer la felouque à un ponton décoré de lampions. Simultanément, Yeshoua et Sarâla comprennent qu'ils sont attendus sur cette île la plus sacrée de l'Égypte, la demeure d'éternité d'Osiris dont les visites ne sont autorisées que pour y fêter le culte de Sa résurrection.

Au bord de l'esplanade, Néthi et Philon les attendent rayonnant de joie et de bonheur. C'est ce dernier qui va les aider à s'extraire de la felouque sans prendre de risque. Pour la première fois depuis leurs arrivées à Alexandrie, Yeshoua et Sarâla le voient pleinement détendu. Ayant réussi l'initiation aux mystères d'Osiris il y a déjà de longues années de cela, Philon avait de bonnes raisons de craindre quelques difficultés. Le groupe de prêtresses et de prêtres sont de nouveau là pour les accueillir mais ils sont difficiles à identifier car, pour la circonstance, ils se sont débarrassés de leurs vêtements sacerdotaux pour des vêtements de fêtes de toutes les couleurs. Les danses et les chants vont se succéder une grande partie de la nuit et peu à peu, l'île finit par se vider. Tous les petits bateaux repartent emportant autant les prêtres et les prêtresses que le personnel et les musiciennes. Ne reste qu'une jolie tente qui a été installée à l'intention de Yeshoua et de Sarâla pour qu'ils y passent la nuit, seuls en compagnie d'Osiris…

Quand ils se réveilleront tard dans la matinée, ils découvrent qu'à part eux, l'île est complètement désertée de toute présence humaine. Ils sont seuls mais la petite felouque qu'ils ont prise pour venir a été laissée à leurs dispositions au bout du ponton…. Ils n'ont qu'à monter dessus et à se laisser descendre dans le courant jusqu'à l'île de Philae.

Le bateau du temple de Karnak est ancré à une très courte distance du ponton et leur frêle esquif se dirige naturellement vers lui. Sur le pont, Philon leur fait de grands signes pour qu'ils le rejoignent, ce qu'ils font avant de grimper prestement sur le bateau.

Cela fait treize jours qu'ils sont arrivés et dès qu'ils sont à bord, le capitaine donne l'ordre d'appareiller et d'entamer la descente du Nil pour retourner au temple de Karnak. Avec Philon, ils ne sont plus que trois passagers. Néthi et tous les prêtres et prêtresses ont certainement dû rester dans le temple d'Isis pour parachever le travail accompli sur les deux îles saintes. Philon est très heureux, car c'est lui et Néthi qui ont parrainé leurs initiations et il a de bonnes raisons d'être très fier de ses deux amis.

Trois jours plus tard, ils débarquent devant le temple de Karnak où les attendent tout l'équipage de la trirème de Myriam. Les prêtres et prêtresses ne doivent revenir que le lendemain à l'exception de Néthi et de sa filleule qui sont restées sur l'île de Philae. Ce sont les membres du clergé de Karnak qui leurs font l'honneur de les accueillir, avec l'équipage au complet, dans l'intérieur de l'enceinte du Temple, l'occasion pour chacun de découvrir l'endroit où Yeshoua et Sarâla ont reçu leur précédente initiation.

Ils resteront trois jours au calme en ce lieu, période tampon qui leur est nécessaire afin de retrouver leur authenticité humaine, avant de réintégrer la société des hommes.

En discutant avec Philon, ils comprennent que la première initiation n'avait pour but que de tester et de renforcer leurs fois qu'ils ont continué à faire grandir lors de leurs nombreux voyages auprès de personnes qui avaient pour tâche de cerner la moindre des imperfections encore en eux...

Yeshoua et Sarâla sont enfin prêts, il est temps de rentrer en Palestine,
En deux mois, ils ont réalisé une traversée du désert peu commune…


Fin du Livret 3/6



© Pierre pour CROIX de LUMIERE. . .



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