Révélations de Marie sur la Vie extraordinaire de
Myriam de Magdala et de sa demi-sœur indienne Sarâla,
et sur l'Aventure étonnante de Yeshoua et Maximin...


Livret 1/6

Rencontre avec Marie à la Casa de Joao de Deus…

Note de Pierre : Je tiens à bien faire comprendre qu'avant ce voyage, je ne me m'étais jamais intéressé à la spiritualité, que je n'avais rien de mystique et que je regardais la majorité des livres qui en traitaient avec une très grande prudence et beaucoup de doutes. Mais il y a une qualité que je possède, c'est ma sincérité et c'est grâce à elle que j'ai osé traduire le plus fidèlement ce que j'ai vu, vécu, entendu et perçu en sachant pertinemment que je serai rapidement décrié y compris par mes amies les plus proches.

Pour rester dans l'ignorance, c'est facile, ça ne demande que peu d'efforts, il faut seulement dénier, souvent bien au-delà de l'évidence présente devant nous. Mais pour accepter des connaissances bien plus profondes, des présences spirituelles extraordinaires, il faut beaucoup de courage, il faut la Foi. Pour reprendre l'un des messages de Saint Ignace de Loyola :

Pour ceux qui croient aucun mot n'est nécessaire ;
Pour ceux qui ne croient pas, aucun mot n'est possible…

Tout commence le mercredi 27 février 2008 :

Je suis en ce lieu depuis dix jours et ce matin, je viens de présenter une nouvelle requête à Joao de Deus alors qu'il travaille en ce lieu sous canalisation avec des grands maitres ascensionnés chargés d'aider à la guérison physique mais surtout spirituelle.

Ma requête a dû plaire puisque Joao m'invite à me joindre aux Médiums qui sont en méditation devant lui depuis près de trois heures. Un assistant me désigne une place libre sur laquelle je m'installe… Ainsi je vais pouvoir participer aux énergies de guérison dont ont tant besoin les personnes qui viennent en ce lieu pour guérir "miraculeusement".

Quelques minutes seulement viennent de se passer quand mon corps se met à vibrer fortement, certainement une nouvelle incorporation des Entités de Lumière si nombreuses et si actives en ces lieus. Si nous refusons ces vibrations par une simple contraction, Elles repartent et nous laissent "tranquilles". Mais si nous acceptons leurs présences, le travail vibratoire commence et nous permet de nous libérer de beaucoup de tensions et de douleurs dans le seul but de nous aider à progresser...

Soudain, j'entends ce message…

"Pierre, quitte ta tristesse et remplie toi de Joie…"

L'émotion est aussi rapide que puissante car je sais que ce message est terriblement vrai mais je n'ai aucune idée de qui il provient… Je fonds en larmes tout en m'efforçant de gêner le moins possible mes voisins. Quand je retrouve mon calme, je ne peux que demander :

Mais qui me parle ainsi ?"

Aussitôt j'entends une très belle voix féminine qui me répond :

"Je suis Marie…"

De nouveau je fonds en larme et il me faut plusieurs minutes avant de l'entendre me dire :

"Comme toi, j'ai dû accepter de changer de vie.
Ce n'était pas mon choix personnel mais je t'en parlerai plus tard…"

Puis je la sens s'éclipser mais au fond de moi, je sais qu'Elle est très présente. Ce moment de silence, en pleine méditation avec les médiums du centre, me permet de faire le point… Ai-je vraiment accepté de changer de vie ? Oui sûrement puisque Marie vient de me le dire mais l'ai-je vraiment accepté ?

Une demi-heure plus tard, alors que j'ai retrouvé mon calme, Marie revient et me réconforte dans le choix du chemin que j'ai accepté de prendre. De manière inattendue, trois ans avant, j'ai reçu un vieux livre où, sur la couverture, dans le cercle cosmique de Shiva, un coin a dût enfoncer le livre provoquant comme une blessure à la tête de la Déesse Parvathî. Un an plus tard, c'est une statuette de la Déesse Sarasvatî privée de sa liberté, de la connaissance et de toute activité spirituelle qui me tombe entre les mains dans des circonstances aussi étonnantes qu'impressionnantes.

Six mois plus tard, c'est une sculpture d'une magnifique Devi qui m'attend comme attachée à un piquet et dont une pointe de sa couronne est cassée, un acte qui m'indique le vacillement de Sa puissance spirituelle sur la Terre. Les trois fois, j'ai reçu ce message :

"Pierre, tu dois aider à la guérison de la Femme"…

Devant la puissance trois fois répétée de ce message, le 05 décembre 2006, je prends l'engagement de suivre le chemin qui m'est désigné et d'accepter tout, vraiment TOUT ce qui me sera alors demandé.

C'est à la fin du voyage qui m'a amené en ce lieu que je sens Sa présence ainsi que celles de Myriam et de Sarah. Je suis très inquiet car ce voyage et ce séjour de trois semaines, je ne les ai pas choisis, ils m'ont été offerts mais j'avais hésité. Mais come j'avais promis de tout accepter, alors j'ai donné mon accord et ce soir, je suis très désemparé. Pourtant, en me couchant, je sens des caresses très appuyées sur mon visage.

Deux jours plus tard, le 19 février 2008, 444 jours exactement après mon engagement, je découvre, grâce à la radiesthésie que je pratique depuis quelques semaines avec la plus grande prudence, que je suis guidé par trois merveilleuses Entités de Lumière, Marie, Myriam et Sarah, et ce, depuis un jour de juillet 1999 où j'étais resté en extase devant une fresque représentant un groupe de saintes femmes. Plus tard, je découvris le véritable nom de Sarah qui n'avait rien d'une domestique, Sarâla…

Peu avant la fin de la méditation de ce matin surprenant, mon corps se met à vibrer de nouveau et je comprends que "Marie vient de me quitter". La cession du matin se termine bientôt et c'est avec une très grande joie que je retourne à la Casa dans l'attente de la cession de l'après-midi. Après le repas et à l'heure prévue, j'entre dans la salle pour participer à la méditation collective avec près de 140 médiums d'un côté et plus d'une centaine d'autres personnes, dans deux autres pièces mais en simple méditation.

La prière commence immédiatement suivie d'un sermon en portugais. Puis la musique diffusant des chants religieux se fait entendre. C'est très beau, et je sens, comme ce matin d'ailleurs, la puissance impressionnante qui se dégage de cette salle…

Soudain, comme ce matin, mon corps se met à vibrer… Je ne sais ce qui se passe de nouveau et patiemment, j'attends mais rien ne vient. Au bout de deux ou trois minutes, j’ose poser une question :

"Qui est là…"

Pas de réponse… J'insiste en réitérant ma question et je continue par celle-là :

"Marie, si c'est toi, donne-moi un Signe…"

Les haut-parleurs de la Casa diffusent des chants religieux en boucle et l'un d'eux est justement en train de se terminer… Un autre commence, c'est l'Avé-Marie de Schubert...

"Merci Marie..."

Effectivement c'est bien Elle, toute joyeuse de sa facétie. J'avoue que j'ai du mal à croire à ce que j'ai vécu ce matin, surtout que j'ai trop tendance à faire un bilan négatif de ma vie. Aussi me vient cette question :

"Marie, pourquoi est-ce que tu t'occupes de moi ?"

Avec beaucoup de tendresses, Marie me répond :

"Mais Pierre, je peux m'occuper de millions de personnes
en même temps, n'en soit pas étonné…"

Jamais un moment de silence n'a contenu autant de beautés et d'Amour que celui qui suit ce message. Quelques minutes plus tard, comme Elle me l'a promis ce matin, Marie me raconte son histoire…

La Prise de Conscience de Marie…

An - 14 // Je suis venue au monde le 08 septembre de l'an - 14 et je fus accueillie par ma mère Anne et mon père Joachim d'une manière très inattendue pour eux, mes parents étant déjà très âgés. Dès le début, ils me considérèrent comme étant un cadeau divin et ils surent m'apprendre des valeurs humaines et spirituelles très élevées. Ma mère était une femme très respectueuse et très pieuse qui m'a élevé dans l'Amour de Dieu et du prochain. Elle avait la chance de vivre et d'évoluer dans un niveau social parmi les plus élevés de la Palestine ce qui fait que j'ai été élevée dans une véritable bulle d'amour mais ils ont eu la sagesse de ne pas me cacher les nombreuses souffrances de ce monde.

C'est ainsi que je suis devenue une jeune fille très gaie, très espiègle également. Mais ma gaieté naturelle était souvent mise à rude épreuve par toutes les souffrances que je voyais autour de moi… Les gens mouraient victimes de maladies toutes aussi graves les unes que les autres. Souvent, les enfants partaient avant d'atteindre l'âge de cinq ans. Des maladies telles que la lèpre provoquaient des scissions terribles dans les familles… Sans compter les conséquences de nombreux conflits dus à de nombreux envahisseurs, égyptiens, babyloniens, grecs et romains qui se succédaient depuis plusieurs siècles.

Un jour, alors que j'avais treize ans, j'ai invoqué la Grande Déesse Ashéra que ma mère et ma grand-mère m'avaient appris à vénérer toute petite. Je pratiquais la religion juive, bien sûr, et mes prières allaient à Yahvé. Mais en secret, beaucoup de femmes juives continuaient de prier sa parèdre Ashéra qui avait été retiré de tous les rituels religieux juifs lors de la réécriture de tous les textes sacrés 700 ans plus tôt.

Je lui ai demandé de l'aide pour tous ces gens qui souffraient… Nuit après nuit, ELLE a écouté mes prières sans que je le sache et une fois, ELLE s'est fait entendre pour me dire que mes prières l'avaient touchée et qu'ELLE m'avait entendu. Bientôt, Marie, Je t'enverrais l'aide que tu Me sollicites…

L'Annonciation...

An 2 // A seize ans, je souhaitais me marier avec un beau jeune homme du village voisin que je connaissais depuis toujours et que j'aimais beaucoup… Une nuit, Ashéra est venue me parler et m'a demandé de choisir Joseph pour époux et qu'avec lui, j'aurai la possibilité d'accueillir un bébé peu commun. J'ai protesté, je trouvais que Joseph était bien trop rigide de caractère. Certes, il était un grand travailleur qui priait sans cesse même avant de couper un arbre. Ses constructions étaient réputées pour leurs qualités et pour leurs solidités. Il était l'un des plus importants maîtres charpentiers de toute la Palestine et il travaillait essentiellement sur de gros édifices, des temples et des palais parfois.

En temps que jeune fille très gaie, je le trouvais bien trop sérieux, exactement à l'image de ses constructions. Il avait 14 ans de plus que moi et n'avait pas encore connu de femme, bien trop occupé qu'il était par son travail. Mais Ashéra a tellement insisté que j'ai fini par accepter d'épouser Joseph. Par rapport au calendrier en vigueur sur Terre, cela correspond en l'an 2, j'avais seize ans et j'étais pleine d'espérance…

Joseph, je ne l'ai pas vraiment aimé tout de suite mais au fil des années, j'ai beaucoup apprécié sa présence à mes côtés, sa haute stature sécurisante, sa douceur et son immense respect envers moi. Je n'ai jamais regretté mon mariage… Joseph était un homme de cœur qui débordait d'Amour et dont la seule crainte était de ne pas m'aimer suffisamment fort. Il est toujours présent sur cette si belle Terre dans le cycle des incarnations et je veille tout particulièrement sur lui.

Depuis le début, Ashéra me demandait de mettre au monde un bébé au destin très particulier. Je me souviens… Joseph était tout tremblant quand nous nous sommes unis pour la première fois. Je n'avais pas plus d'expérience que lui mais ma grand-mère m'avait expliqué depuis plusieurs années ce qu'un homme et une femme pouvait partager ensemble et je n'étais pas du tout étonnée de ce que je découvrais à chaque caresse de Joseph. C'était assez drôle car, en même temps qu'il me caressait, il priait Yahvé pour qu'il l'aide à avoir beaucoup plus de douceur pour moi. En même temps, je priais Ashéra pour lui dire que j'étais prête… Quand doucement il s'est introduit en moi, nous avons senti leurs deux Présences pendant une grande partie de la nuit. Le lendemain, en me levant je savais que j'étais enceinte.


Note de Pierre : L'histoire de la conception par l'Esprit Saint n'est qu'un mensonge de plus inventé en 1854 par le pape Pie IX qui prétendit avoir reçu cette connaissance de la voix même de Dieu. Il écrivit la bulle "Ineffabilis" dans le seul but de rappeler aux femmes qu'elles sont des êtres impures. En élevant Marie à un niveau divin, il souhaitait seulement créer un écart encore plus grand pour rabaisser davantage les femmes. Finalement, ce pape n'était que le digne descendant d'un mysogine bien connu sous le nom de Simon-Pierre… Lamentable.

La Nativité…

An 3 // Dans l'année qui a suivi notre mariage, Yeshoua est vraiment né pendant que nous faisions un voyage à Bethléem d'où Joseph était originaire pour le grand recensement de la population. Comme de coutumes, les membres de sa famille qui nous recevaient avaient aménagé un bâtiment à usage agricole pour y hébergé tous les membres de cette grande famille venus pour la circonstance. C'était très confortable et tout le monde s'amusait beaucoup de ce qui nous apparaissait bien plus comme étant une sympathique réunion de famille.

La naissance de Yeshoua nous a beaucoup étonnés car il était attendu dans six semaines. Il était vraiment minuscule mais dans son regard, il y avait déjà une force extraordinaire qui fait que personne ne s'est inquiété de sa santé. La Vie circulait en lui avec une rare intensité. Pour moi, sa mère, je percevais qu'il était déjà mature et que c'était pour cette seule raison qu'il était déjà sorti de la matrice.

Contrairement aux croyances, ce ne sont pas des mages qui sont venus nous saluer lors de sa naissance, ce sont simplement les trois Esprits ascensionnées qui lui ont été attaché de suite pour le guider. A la dimension de l'Univers, tout Esprit qui reçoit l'autorisation de s'incarner sur la Terre, bénéficie d'une aide spirituelle qui se concrétise par un lien indéfectible avec au moins trois Esprits (en plus de celui qui nous est personnel) et qui sont chargées de nous soutenir dans notre incarnation présente. Mais normalement, ces Esprits Ascensionnées n'arrivent que quand l'enfant atteint une certaine maturité et une réelle indépendance spirituelle à l'âge de sept ans.

C'est par leurs intermédiaires, qu'Ashéra m'a demandé de prendre soin de cet enfant presque comme si c'était son propre fils… C'est ainsi que j'ai eu la confirmation qu'Elle avait entendue le vœu que j'avais émis quatre ans plus tôt et que ce vœu commençait à se réaliser à travers moi et mon bébé. Avant sa naissance, je ne savais rien et par la suite, je n'en ai jamais parlé à personne, pas même à Joseph. Garder ce secret pour moi, c'était comme si je voulais me convaincre que j'avais rêvé et que rien n'était vraiment réel. C'est rassurant de se taire mais ce n'est pas le meilleur choix.

Il faut que je te précise, Pierre, qu'auparavant, avant la montée du monothéisme, Ashéra et Yahvé étaient pour les hébreux ce que sont Isis et Osiris dans la spiritualité de l'Égypte antique, ou encore ce que sont Shiva et Shakti pour les hindoues. C'est pendant le règne de Josias, entre - 640 et - 609 qu'eut lieu la plus importante réforme religieuse juive dans le seul but de purifier les temples de tous les éléments polythéistes, notamment en détruisant Ashéra qui était considérée comme étant l'épouse de Yahvé, qui était lui-même considéré comme étant le fils de El, le Dieu suprême, Créateur de l'Univers. À ce moment, Yahvé prit la place de son Père…

En même temps partout dans le Monde, des hommes décidèrent de prendre le contrôle de la spiritualité en se créant des Dieux à leurs images mais surtout, en rejetant et méprisant l'existence et la présence de toutes les formes de Divinités féminines. Le crime spirituel fut institué pour toutes les personnes qui refuseraient ce changement. Comme toutes les femmes juives, je ne pouvais invoquer Ashéra que dans le plus grand secret ou seulement avec des amies en qui j'avais totalement confiance.

Dans toutes les géométries sacrées qui ont émergées sur Terre, la Divinité féminine emplit tout l'Univers de son Énergie qui est toujours la plus légère qui soit alors que son parèdre masculin, bien plus matérialiste, ne peut développer qu'une Énergie bien plus épaisse. Comme Shiva, il peut détruire et reconstruire les mondes en faisant toujours preuve d'une autorité impressionnante. Au contraire, la Divinité Féminine amène toujours la légèreté, la douceur, la beauté et bien sûr, l'Amour même quand elle prend de terrifiantes apparences…

Je vais te parler de Yeshoua, de son enfance volée…

Yeshoua, bien que très chétif à sa naissance, n'a eu aucun problème de croissance. Les maladies le touchaient comme tous les enfants mais aucune ne l'a mis en danger. Il s'éveillait avec un immense sourire, le gardait souvent toute la journée et s'endormait avec. C'était un enfant très calme, plutôt solitaire et qui observait beaucoup. Il apprit très tôt à marcher et devint rapidement autonome ce qui m'arrangeait beaucoup à cause des grossesses qui suivirent. Il pouvait rester des heures à contempler un paysage, à observer la nature ou à comprendre le travail des insectes sur le sol.

A trois ans, Joseph l'emmena pour la première fois au temple. Yeshoua fut fasciné par ce que le rabbin enseignait. Il buvait ses paroles comme s'il les connaissait déjà. Devant une telle assiduité, Joseph prit la décision de l'emmener le plus souvent possible et Yeshoua devint l'élève le plus jeune et le plus assidu du Temple.

An 8 // Quand il eut atteint cinq ans, il avait acquis une connaissance impressionnante des textes sacrés. Il était capable d'en réciter beaucoup de mémoire. Comme il se faisait remarquer par ses connaissances inhabituelles, il m'a été demandé de le présenter à des docteurs de la loi, des prêtres du temple de Jérusalem ainsi qu'à des membres du Sanhédrin, l'autorité spirituelle juive.

Après l'avoir questionné sur de nombreux sujets normalement inconnus à son âge, ils ont décidé de l'envoyer sans tarder dans une école hébraïque pour qu'il y étudie les textes sacrés. Mais la vraie raison, c'était uniquement pour mettre Yeshoua sous leurs contrôles afin de ne plus être ridiculisés en public par un si jeune enfant. Je n'ai rien pu faire, pour ces hommes de pouvoir, je ne comptais pas et personne, pas même Hérode-Antipas, n'osait s'opposer au grand prêtre Anân sans raison valable… Mon fils n'en était pas une et contre mon avis de mère, ils m'ont enlevé mon fils aîné chéri…

Je suis revenue seule à la maison et j'ai pleuré pendant des mois tellement ma peine était immense. Ashéra m'avait confié son fils et on venait de me l'enlever… Pourtant jamais je n'ai ressenti Sa colère en mon encontre, bien au contraire. Elle continuait de m'entourer de Sa tendresse et Elle venait me consoler quand j'étais trop triste. Sans cesse, Elle me remettait pleins de joies dans le cœur… De plus, par Ses messages personnels qu'Elle me distillait, je savais que Yeshoua se portait bien et que lui aussi était entouré de Son Amour.

Heureusement, j'avais déjà eu trois autres maternités, deux jumelles suivies d'une troisième fille et tout récemment deux jumeaux, cinq enfants en plus de Yeshoua, tous en bonne santé et qui m'occupaient beaucoup. Six autres enfants verront le jour pendant son absence qui durera douze ans. Mais parmi eux, quatre seulement parviendront à l'âge adulte.

Le Retour de Yeshoua…

An 20 // Yeshoua est revenu alors qu'il avait 17 ans, c'était un homme très beau qui rayonnait d'une force intérieure fabuleuse. Quand il a franchi le pas de la porte et qu'il s'est présenté à moi, je suis restée sans voix. Dire qu'il était beau n'avait aucun sens, il était lumineux et l'Amour que je lui ai porté à ce moment, dépassait largement l'Amour qu'une mère peut porter à ses enfants.

Il semblait envahi d'une très grande joie de vivre mais je sentais qu'il y avait en lui beaucoup de souffrances. Alors souvent, nous allions nous promener dans la nature environnante quand le soleil était très bas et là, il me racontait ce qu'il avait vécu enfermé dans cette école noyée dans les profondeurs du temple de Jérusalem. Il ne pouvait en aucun cas sortir de l'enceinte car Anân, le grand prêtre, veillait à ce qu'il ne soit jamais dans des lieux où il y avait du public. Finalement, ne l'avait-il pas séquestré ?

Yeshoua se préparait à une vie religieuse mais en attendant qu'il prenne ses fonctions de rabbin, les plus grands érudits du pays qui venaient au temple souhaitaient chaque fois converser avec lui car sa connaissance des textes sacrés était non seulement immense et mais reconnue comme étant digne d'être entendue.

Un an après son retour, Yeshoua avait alors 18 ans, pendant qu'il donnait un enseignement religieux à des enfants dans la grande cour extérieure du temple, une femme que je ne connaissais pas encore vint pour le voir. Elle s'assit légèrement en arrière sur le rebord d'un muret et attendit que Yeshoua termine son enseignement. Il la remarqua mais ce ne fut que le lendemain qu'ils se rencontrèrent. C'était Myriam de Magdala, une très belle femme de 42 ans…

Maintenant, je vais te raconter son histoire…

Myriam de Magdala…

Avant toute chose : Tous les protagonistes de cette histoire faisaient partie de la haute bourgeoisie juive, phénicienne, égyptienne et syrienne, de l'aristocratie pour certains. Joseph, comme mon fils Jésus, était un descendant direct de David, roi très célèbre, père de Salomon qui érigea le premier temple de Jérusalem. En aucun cas, Joseph ne pouvait être un simple charpentier de village. Il était aussi un architecte car la structure en bois constituait souvent la totalité de la structure d'un bâtiment. Elle était aussi la partie la plus élevée, la plus importante et la plus difficile à réaliser dans les constructions de l'époque.

Les gens de ton époque oublient que l'école obligatoire n'est venue que bien plus tard et que les blocs de papier comme les stylos ne faisaient même pas partie de l'imaginaire. A cette époque, accéder à la connaissance n'était pas quelque chose d'aisé puisque, pour un ouvrier, un codex de l'époque ne contenant que 7.000 caractères (deux feuilles A4) lui aurait coûté un an de salaire. L'écriture était réservée à une corporation spécifique, les scribes, qui détenaient grâce à cela, un pouvoir politique réel qu'il valait mieux ne pas dédaigner. Être un érudit nécessitait des moyens financiers très importants et imposait à ces personnes de partir dans de longs voyages pour découvrir des villes réputées pour ce genre d'échanges, Aleph, Éphèse, Alexandrie et bien d'autres.

Trois siècles plus tôt, Alexandre le Grand avait fait promettre à son général Lagide (qui deviendra le pharaon Ptolémée I) de créer l'impressionnante bibliothèque d'Alexandrie en imposant la saisie de tous les codex. Une fois saisis, des centaines de scribes se chargeaient de les traduire avant de les recopier. L'original était conservé dans la bibliothèque tandis qu'une copie en était remise au propriétaire qui y trouvait souvent son intérêt, la copie pouvant être de meilleure qualité.

La Naissance de Myriam, ses origines…

An - 21 // Elle s'appelle Myriam de Magdala, nom de la bourgade d’où sa famille maternelle est originaire et elle est l'aînée d'une grande famille qui ne comprend que des filles quoi qu'en dise l'histoire. Sa mère s'appelle Eucharie et son père, Syrus, est de race royale. Á un moment de sa vie, il a dû occuper le poste de régent du royaume de Syrie pendant quatre ans en attendant que le prince héritier puisse régner. C'est donc dans une famille illustre que Myriam découvre la vie…

Quant à Lazare, il n'est pas vraiment son frère mais seulement son demi-frère de onze ans son ainé, un enfant que son père a eu avec une femme quelques années avant son mariage alors qu'il n'était qu'un tout jeune adolescent. Syrus avait dû le recueillir dans la maison de son père car la mère était décédée en le mettant au monde. Alors il l'avait confié à la famille d'un de ses employés. Lazare n'était pas un enfant très futé et les études ne l'intéressaient nullement. Il était plutôt paresseux et il a été rapidement délaissé par le père et le grand-père de Myriam.

Une fois adulte, Syrus s'est marié avec Eucharie, une jeune femme digne de son rang et Myriam est venue au monde dans l'année. Elle a été régulièrement suivie par neuf sœurs dont deux ne survécurent pas et par cinq frères dont aucun n'a survécu plus de cinq semaines.

Pour Syrus et son père, soucieux de transmettre leurs connaissances, il va se poser un grave problème, il n'y a aucun garçon et ils vont certainement devoir choisir de les apprendre à Myriam, celle-ci semblant avoir des dispositions assez exceptionnelles pour les études et d'en faire leur héritière spirituelle.

D'origine phénicienne, son père et son grand-père sont les héritiers d'une longue lignée de voyageurs, explorateurs et négociants qui se déplacent sur Terre, y compris à travers les déserts, avec des caravanes de chameaux, sur l'eau grâce à deux flottes de solides navires. Lors du siège de Tyr, un peu plus de trois cent ans plus tôt, Alexandre-le-grand avait mis un terme à la suprématie sur mer des phéniciens mais ces derniers, ayant choisi un comportement bien moins agressif et bien plus diplomate, avaient fini par reprendre en main leurs activités. Peu à peu, ils avaient reconquis leurs domaines de prédilections avec une grande discrétion mais surtout avec une réelle efficacité.

En secret, le père et le grand-père vouent, comme beaucoup d'habitants de cette région proche de Tyr, un culte sincère au Dieu de la vie et de la mort, Baal, ainsi qu'à la Déesse de la fécondité, Ashtart. Ce culte d'Ashtart est partagé avec Milqart dont le nom signifie "le Roi de la ville", et qui porte le titre de "Baal de Tyr". Milqart, protecteur de la famille royale et de toute la cité de Tyr est au centre de toute une mythologie au cours de laquelle il meurt et renaît chaque fois faisant vivre le mythe de la mort et de la résurrection à l'instar du mythe égyptien d'Isis et Osiris.

C'est de nouveau le triomphe de la Vie sur la mort qui assure la prospérité de la cité. Ce culte est pourtant interdit depuis la prise de Tyr en - 333 par Alexandre-le-Grand. Après les grecs, depuis - 64, la ville de Tyr est sous la domination romaine mais elle jouit tout de même d’une grande autonomie. Ainsi elle est de nouveau redevenue prospère et elle est même devenue un centre d’études philosophiques que fréquentent assidument et animent de temps en temps le père et le grand-père de Myriam.

Ils possèdent une flotte d'une trentaine de navires dont le port d'attache est justement le port de Tyr. Cette flotte se compose de navires marchands auxquels se joignent quelques birèmes bien armées chargées de les protéger des pirates. Pour leurs déplacements personnels, Syrus a fait l'acquisition d'une trirème très rapide, 54 rames de chaque côté, ancrée dans le port d'Hépha plus proche de leur résidence, un fief familial qui se trouve à Cana en Galilée, à 30 kilomètres à l'Est de Tyr et à l'abri du Mont Carmel…

A cause des invasions grecques et romaines, les phéniciens restent très prudents pour tout ce qui concerne leurs savoirs et leurs connaissances. Depuis toujours, ils ne se les transmettent que de père en fils. Mille trois cent ans auparavant, ce sont leurs ancêtres, les Cananéens, qui avaient mis au point le premier système d'écriture basé, non sur la représentation de l'objet décrit comme pour les égyptiens mais par la représentation d'un ensemble de sons permettant de décrire le nom de l'objet.

C'est ainsi qu'ils ont créé le premier alphabet composé au départ de seulement 22 caractères. Pour des raisons évidentes de facilité et à cause de leurs incessants voyages, le Cananéen s'était rapidement imposé comme une langue parlée et écrite très intéressante pour correspondre sur les plans commerciaux, philosophiques et même politiques. De la Haute-Égypte à L'Inde, le Cananéen était universellement pratiqué dans les milieux les plus élevés…

Le père et le grand-père de Myriam sont bien sûr détenteurs de très grands secrets notamment dans les domaines de l'Astronomie et de l'Astrologie. Ils sont aussi des érudits de la véritable Kabbale originale apparue en Égypte bien avant Moïse et ils connaissent une forme de langage aussi secret que sacré qui s'appelle le Tarot, le langage des Dieux.

Tout deux fréquentent régulièrement les plus grandes bibliothèques, surtout celles d'Alexandrie, de Constantinople, d'Éphèse, de Babylone et de Pergame. Le Tarot n'est accessible que dans une seule langue, le Cananéen, et même avec de bons professeurs, il est très difficile de pénétrer de tels milieux. Ces bibliothèques ne sont pas du tout des lieues de lecture comme aujourd'hui, ce sont des universités, lieus d'échanges ou des érudits viennent librement y donner des enseignements de très hauts niveaux que contredisent régulièrement les personnes présentent et qui ont pour but de créer des joutes verbales fort intéressantes.

Le Tarot a fait son apparition simultanément de la Chine jusqu'en Haute-Égypte, il y a environ 6.400 ans et il a permit à toutes les classes régnantes de cette époque de communiquer entre elles dans un esprit de Paix. Considérer comme un langage divin, ce Tarot universellement reconnu a permit, à chaque pays qui y avait accès, de prospérer dans la Paix. Les risques de conflits ont souvent été réglés par un tirage effectué devant les deux protagonistes par leurs spécialistes réciproques. Pour ceux qui avaient confiance en cette science, ne pas écouter le Tarot ne pouvait qu'attirer une punition terrible de la part des Dieux…

Les Aléas de la Vie…

Il y a une dizaine d'années de cela, suite à une attaque de pirates en pleine mer contre un de leurs bateaux, le grand-père a été grièvement blessé et il est presque devenu paraplégique. Ne pouvant assurer son équilibre, il ne peut plus voyager comme avant et il est obligé de rester à Cana où ses activités se réduisent de plus en plus à la seule gestion du domaine. Prenant conscience du temps dont il dispose, il prend la décision de s'occuper de transmettre son savoir à sa descendance.

Ses petits-enfants n'étant que des filles, il se met à la recherche d'un garçon à qui il peut faire cette transmission… Le transmettre à une fille est socialement impossible à cette époque, aucun précepteur n'a le droit d'enseigner à une fille sans prendre de grands risques car les lois juives interdisent formellement de transmettre un savoir quel qu'il soit à une femme…

Deux ans plus tôt parmi le personnel de sa maison, un couple est mort tragiquement laissant seul un petit garçon prénommé Jean. Particulièrement drôle et intelligent, Jean qui était âgé à ce moment de cinq ans avait déjà été pris en affection depuis très longtemps par le grand-père. Au lieu de le laisser partir chez un de ses oncles, il avait pris la décision de l'intégrer à sa propre maisonnée. En ce moment où il se cherche un successeur, en le regardant jouer, il comprend que ce petit garçon a certainement un beau chemin à mener dans cette vie présente.

Depuis trois ans, Jean se révèle être un excellent compagnon de jeu pour Myriam et aussi pour ses plus jeunes sœurs. Chaque jour, le grand-père a de multiples occasions de se rendre compte du degré d'intelligence peu commun aussi bien de Myriam que de Jean avec qui il partage régulièrement de grandes discussions philosophiques sur la vie, discussions qu'il encourage au plus haut point bien sûr.

L'Apprentissage de Myriam et Jean…

An 16 // Quand Myriam fête ses cinq ans, Jean en a déjà huit. Le grand-père décide qu'il est temps qu'elle commence à apprendre à lire et à écrire. Son grand-père s'exprime souvent en grec, en latin ou en cananéen et de ce fait, elle et Jean les parlent déjà couramment… Officiellement, il recrute un précepteur pour Jean, un précepteur à l'esprit aussi ouvert qu'intéressé à qui il demande d'accepter la présence de Myriam aux côtés de Jean… Les règles étant ainsi respectées, Myriam et Jean commencent ensemble l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Le Début de l'Initiation… en l'an -13

Trois ans plus tard, ces deux jeunes élèves étant parfaitement assidus et l'entente entre eux vraiment exceptionnelle, le grand-père décide de commencer à les initier à des connaissances bien plus secrètes… Pour les autres membres du clan familial, il ne fait que transmettre son enseignement à Jean sans avouer à quiconque qu'il en fait d'abord bénéficier Myriam. D'ailleurs, il est particulièrement fier de sa petite fille qui, à l'évidence, a des capacités plus élevées que celles de Jean et qui est une bien meilleure élève… N'a-t-elle pas d'ailleurs de qui tenir !

Ce subterfuge marche à la perfection. Pendant dix ans, il devient leur professeur privé et il leur enseigne quasiment tout ce qu'il sait, les langues, les religions anciennes et contemporaines, l'Astronomie et les Mathématiques, l'Astrologie sans oublier le Tarot. Des amis à lui, tout aussi érudits, viennent parfois passer quelques semaines, voire quelques mois à la maison familiale et trouvent tout à fait naturel et plaisant de partager leurs connaissances avec ces deux enfants exceptionnels… Pour Myriam et Jean, ces visites finissent par leurs donner un enseignement complémentaire d'une très grande richesse…

Pendant ce temps, Syrus, le père de Myriam, continue de parcourir les pays voisins à cause du négoce qu'il entretient entre la Palestine, la Méditerranée et l'Inde. Il doit gérer les voyages de nombreuses caravanes de chameaux et les expéditions de ses bateaux dont certains sont capables de naviguer très loin, même en haute mer grâce à des équipages du plus haut niveau possible pour l'époque. Ces derniers sont capables de se guider grâce aux étoiles la nuit, grâce à la position du soleil le jour…

Pour les caravanes, le trajet est toujours le même car il est également le plus sûr et le mieux protégé. Partant souvent de Tyr, Syrus remonte avec une caravane de chameaux jusqu'à la ville d'Alep en contournant le désert de Syrie. Puis il traverse la verdoyante Mésopotamie en longeant l'Euphrate, très peu navigable, et il rejoint le golfe persique à Bacra (Bassora).

Là, il charge sa cargaison sur deux ou trois de ses navires d'origines indiennes tandis que sa caravane repart en sens contraire avec le chargement que ses mêmes navires viennent de ramener d'Inde. Pour l'essentiel, ce sont des tissus nobles en soie, des meubles et des objets en bois merveilleusement travaillés, des épices et des parfums, des teintures et des pigments pour la décoration des temples et des grandes demeures.

Lors de la traversée de la Mésopotamie, il arrive souvent que Syrus quitte la caravane pendant plusieurs semaines pour se rendre seul, avec une petite escorte, dans des villes importantes de la région traversée. Dans ces lieues culturellement très riches, il rencontre et s'entretient à chaque fois avec des amis de longue date qui sont tout comme lui des érudits. Cela fait de nombreuses années qu'il fait ainsi et son grand-père déjà avant lui. Ils sont d'ailleurs très bien connus et surtout, ils sont très respectés pour leurs très grandes connaissances et pour la grande sagesse dont l'un et l'autre ont toujours fait preuve. Quand, quelques jours plus tard, une autre de ses caravanes passe, il les rejoint et reprend son voyage en direction de l'Inde.

A Bacra, Syrus embarque sur ses navires dans le golfe persique avec ses marchandises et en deux ou trois semaines de cabotage, il accoste sur la cote occidentale de l'Inde dans des ports bien connus. Depuis très longtemps, il existe une colonie juive qui est bien implantée au Kerala entre le port d'Allepey et la ville de Kottayam. A chacune de ses visites, il ne manque jamais de s'y rendre pour y retrouver des amis fidèles dont le Radja en personne.

À chaque fois qu'il revient à Cana, Syrus ne peut que constater les progrès importants faits par Myriam et Jean. Dès qu'il dispose d'un moment, il prend la relève du grand-père, vérifie la progression de leurs connaissances et en complète aussitôt l'enseignement… Le grand-père, ne voyageant plus, ne peut se maintenir à un aussi bon niveau que grâce à ce que son fils lui apprend après chacun de ses voyages et qu'il lui transmet toujours avec un très grand plaisir. En fait, ils sont bien plus que Père et Fils, il y a entre eux une communion d'une extraordinaire profondeur.

Myriam et Jean sont devenus de grands passionnés de ces deux sciences normalement réservées aux hommes que sont le Tarot et l'Astrologie. Elles sont interdites aux femmes malgré quelques exceptions dues au rang social comme Cléopâtre qui y excellait et qui s'en ait souvent servie pour diriger l'Égypte… Grâce à cela, il était devenu très difficile à ses prêtres de la manipuler comme ils l'avaient fait depuis plusieurs siècles avec les membres de sa dynastie et avec les plus grands notables de sa cour.

Parce qu'elle est une femme, Myriam a un avantage, elle est douée d'une très grande écoute intérieure. Ainsi, elle développe rapidement une capacité peu commune qui fait qu'elle se fait particulièrement remarquée dans la société locale. Mais, du fait qu'elle est une jeune fille, elle ne peut être reçue officiellement par les classes intellectuelles et religieuses les plus élevées de Palestine. Quand à Jean, étant d'origine prolétaire malgré la protection de Syrus, il est hors de question de le laisser entrer dans ces milieux très conservateurs. Heureusement pour eux deux, les rencontres privées à Cana en présence du grand-père ne manquent pas.

Mais un jour, le Grand-père ne se réveille pas…

An - 3 // Il est parti dans la nuit sans la moindre maladie, sans la moindre souffrance, il avait quand même 82 ans… Myriam en a alors 18 et Jean 21. Tout deux se trouvent très démunis face à cette disparition, face à ce vide qui vient de se créer dans leurs vies. De plus, quand cet évènement se passe, son père Syrus est en voyage en Inde mais alerté au plus vite par un messager, il n'en revient qu'un bon mois plus tard…

Pendant ce temps, Myriam, avec l'aide de Jean, a dû tout assumer. Ils ont dû soutenir sa mère et ses sept sœurs, recevoir les condoléances de gens dont ils ne connaissaient même pas l'existence et dont certains sont à l'évidence très intéressés. Pour une jeune fille comme elle, cela représente des difficultés colossales face à une société totalement contrôlée par des hommes qui se montrent particulièrement rapaces dans ces moments-là, essayant de profiter de la situation.

Pour la société de l'époque, il est certain qu'à 18 ans, Myriam devrait déjà être mariée depuis deux ans au moins. Et comme il semble qu'elle n'ait encore jamais connu d'homme et qu'elle serait donc vierge, les prétendants affluent sans cesse à la demeure familiale sans y être invités. Elle est l'aînée de la famille et elle est donc la future héritière d'une très belle fortune. Myriam a déjà du mal à se remettre de la disparition de son grand-père qui lui a tout donné pendant tant d'années, alors, face à cette meute de courtisans, elle se sent très agressée même si Jean fait de son mieux pour la protéger.

Heureusement, dès son retour, Syrus fait le ménage ramenant rapidement le calme dans la maison. Mais comprenant qu'elle sera de nouveau l'objet de convoitises dès qu'il repartira, il ne veut pas la laisser seule à Cana. Il confie la gestion des troupeaux du domaine à Lazare et choisi un nouvel intendant pour les cultures parmi les membres d'une famille amie en qui il a toute confiance. Ses autres filles ne pouvant prétendre qu'à une riche dote, elles n'ont pas besoin d'être autant protégées que Myriam, la seule de ses filles qui a réussi à acquérir autant de connaissances, ses sœurs se contentant de suivre les règles et coutumes en vigueur, la tenue d'une maison et la gestion de leur personnel.

Syrus prend la décision d'emmener Myriam au Kerala et pour que Myriam puisse continuer à être protégée là-bas sur place quand il sera de nouveau en voyage, il lui attache Jean. Pour donner une structure légale et sociale à ce voyage, il décide d'adopter Jean qui devient donc son fils, son unique fils… Ainsi, pour ses amis indiens, Myriam est placée sous l'autorité directe de Jean, son frère d'adoption et son tuteur légal, ceci afin de respecter les bienséances particulièrement susceptibles de l'Inde où une femme ne peut en aucun cas être libre…

Le rôle que Syrus a dévolu à Jean est très simple : personne en Inde, ne peut attendre et demander quoi que ce soit à Myriam sans passer d'abord par Jean pour en obtenir l'assentiment. Par sa position de frère, il a les mêmes droits et pouvoirs sur Myriam que son propre père, droits pouvant aller jusqu'à la mort…

En fait, cela fait plusieurs années que Syrus avait de bonnes raisons de vouloir les emmener tous les deux en Inde… Dans ce but, cela faisait deux ans que le grand-père avait commencé à leur apprendre le sanskrit sous prétexte de favoriser des échanges commerciaux qui ne manqueraient pas de se développer plus tard. Lui-même y avait fait deux ou trois voyages par an et ce, pendant plus de cinquante ans. Il était donc normal qu'il parle le sanskrit très correctement et qu'il maitrise assez bien certains dialectes locaux. Là-bas, ne connaissait-il pas personnellement les plus grands astrologues et tarologues du pays ?

Lors d'un de ses derniers voyages avant qu'il ne soit blessé, des astrologues indiens lui avaient prédits de nombreux secrets sur la destinée de sa petite fille Myriam qui venait de naitre… Par la suite, c'est Syrus qui avait continué à s'entretenir avec les plus grands maîtres du Tarot Sacré qui, grâce à cette science, avaient découvert des facettes très secrètes de Myriam. Ces derniers avaient d'excellentes raisons de souhaiter la rencontrer car ils la connaissaient déjà très bien et ils savaient vers quel destin elle devait se diriger si elle était sagement et consciencieusement guidée


Fin du Livret 1/6



© Pierre pour CROIX de LUMIERE. . .



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