Le Matérialisme…


Pendant cet intermède avec le sacro saint, j’ai été tour à tour une fille qui ne sait pas ce qu’elle veut, une fille qui hésite, une fille qui côtoie quelqu’un qui ne lui correspond pas. J’ai été surprise de mes réactions face à certains de ses comportements. Je me suis souvent demandé pourquoi j’ai laissé faire, pourquoi j’ai été perméable à ça, à lui, alors que je savais pertinemment que cela n’aboutirait à rien. Toujours pour le téléphone ?

Il y avait l’envie, c’est certain. Envie d’avoir cette vie qu’il m’a dépeinte et qu’il voulait soit disant m’offrir. Cela avait l’air facile, si facile. J’avais juste à être avec lui, sortir avec lui, coucher avec lui, voyager avec lui et apprendre toutes ces langues. Ca aurait pu être cool.

Toujours est-il que j’avais quelqu’un dans ma vie, donc absolument pas en attente d’une relation quelconque ou d’une quelconque relation. J’en avais une, même si elle ne me satisfaisait pas entièrement, je ne me dédouane pas, juste que c’est vrai, ça n’allait pas fort dans mon couple.

En cherchant à comprendre pourquoi j’avais laissé la porte ouverte à toutes ces fenêtres, le mot matérialisme s’est inscrit en gros, en gras, dans mon esprit.

Et j’ai eu honte et j’ai eu mal...

J’en étais donc une, également. Mince. Choc. Déni, d’autant plus que je ne compte pas le nombre de fois où j’ai eu des débats animés à ce propos. Le matérialisme de la femme, vaste sujet qui anime nos hommes. Chacun y va de sa définition, qui souvent varie (je me limiterais à celle connue de ma personne, la femme noire en général, camerounaise en particulier). Donc nos hommes, qui sont écœurés, convaincus que de nos jours, nous le sommes pour la grande majorité.

Adieu l’amour sans conditions, l’amour pur et beau réunissant deux êtres. Il paraît qu’il faudrait que j’arrête Walt Disney. Exit la noblesse des sentiments, tout me semble faussé. Nous sommes tous méfiants. Les femmes : blessées, humiliées, trompées, battues, bafouées. Les hommes : blessés, humiliés, trompés, battus (j’en connais), bafoués.

Je m’étonne toujours du nombre de célibataires 'bien sous tous rapports' que je connais, des deux sexes. Chacun à la recherche d’un idéal de plus en plus difficile à rencontrer à un coin de rue, mais également à tous ces dîners organisés par des amis, en couple, qui veulent tellement que l’on soit heureux, que l’on ait quelqu’un, quelqu’un de bien.

Trouver l’amour, le business est porteur. On voit fleurir des sites de rencontres, pour l’amour, pour le cul. Des agences matrimoniales, partout.

Mais pourquoi ?

Qu’est ce qui a fondamentalement changé ? Notre définition de l’amour? Notre conception du bonheur? Nos attentes? Nos espoirs ?

Et comment faisaient nos parents ? 30, 40, 50 ans de mariage. Mariage à vie. Etait-ce grâce à la patience de nos mamans (accessoirement nos papas)? Ou grâce au comportement de nos papas (plus rare dans le sens inverse) qui préservaient le foyer familial même s’ils menaient double jeu ? Premier bureau, deuxième bureau, puis au détour d’une conversation l’on apprend qu’au lieu de 4, on est 6, 7, 10. Que notre mère est au courant depuis toujours. Frustrations ? Non pas forcément. Les grandes familles ont aussi leur charme.

Mais je m’éloigne du sujet de ma note : le Matérialisme…

D’après le Larousse (désolée c’est tout ce que j’ai sous la main) : position philosophique, attitude de ceux qui considèrent la matière comme étant la seule réalité.

Ok. Je comprends. La définition que j’avais en tête est plus réductrice, elle se réfère généralement aux femmes mais peut aussi concerner les hommes. Si j’essaie de résumer, une femme matérialiste est celle qui choisit ses partenaires en fonction de leur matériel. Le matériel physique rentre–t-il en considération ici ? Puis-je la qualifier aussi d’opportuniste ?

Des multiples conversations que j’ai eues à ce sujet, il ressort que les femmes d’aujourd’hui sont trooooooooooooop matérialistes. Il paraît que l’on a les grandes ambitions de notre président. Paraît que l’on chasse plusieurs lièvres à la fois, les gains étant proportionnels au nombre bien entendu. Pour la majorité de nos hommes, une femme matérialiste n’a pas de cœur, ne peut pas aimer, met le matériel avant les sentiments c'est-à-dire pas de matos, pas de sentiments. Si tu n’as rien, oublie-la. Elle a un objectif précis. Se sucrer.

Je trouve ces assertions un peu hypocrites, car si je me réfère à celles la, la majorité est matérialiste car une relation est un échange de bon procédé. On est avec quelqu'un parce qu’il nous apporte quelque chose. Quelque chose mais quoi? Je précise ma pensée.

- Une femme qui ne sort qu’avec des personnes susceptibles de lui apporter un style de vie luxueux (ce n’est pas grave si ces personnes sont généralement plus âgées qu’elle) est-elle matérialiste ? Pour moi non. Du moment qu’elle assume ses choix, elle sait mieux que vous ce dont elle a besoin. Elle aime le luxe, c’est son truc. Même si son choix se fait en fonction du portefeuille, elle est honnête.

- Une femme qui a peine draguée (restaurant, cinéma, opéra), dégaine ses charges : loyer, école à payer, famille à assumer, … est-elle matérialiste ? Pour moi encore non. Elle t’informe de la situation et tu as le choix: soit tu assumes soit tu t’en vas. C’est simple.

- Une femme qui aime son gars mais a un sponsor (le Sugar daddy, l’homme qui finance, qui a des pepettes) est–elle matérialiste ? Le sponsor la finance et elle finance son gars. A priori elle est matérialiste avec le sponsor mais pas avec son mec.

- Une femme qui a plusieurs partenaires, pas forcément/uniquement sexuels, en simultané, chacun ayant une fonction précise, payer le loyer, payer les voyages, payer les sorties etc. Ils peuvent aussi être multifonctions. Pour moi, elle est la femme matérialiste par excellence, ses relations reposant uniquement sur son intérêt.

Une relation est un partage (fallait bien que je l'insère, non?), il faut de la réciprocité pour que cela fonctionne bien. Honnêtement je ne sortirais pas avec un homme qui n’a rien, matériel, mental ou humour (avoir les trois n'est pas obligatoire, mais whaou si c'est le cas!).

C’est clair et net…

Je me sens matérialiste dans le sens où j’aime les belles choses, les voyages, le shopping à outrance, les sorties, les bons restaurants. J’aime mon homme et je l’aime aussi parce qu’il peut m’offrir toutes ces choses. Cependant, s'il demeure que l’amour n’est pas forcément réciproque, les attentions à la personne doivent l’être. C’est une condition d’harmonie, à mon sens.

Pour en revenir au saint, j’ai culpabilisé pour le téléphone mais pas longtemps. Je ne vaux pas un téléphone.

Lenaelle

Version PDF de ce Texte de Croix de Lumière...