Jeu d’Échec ou Jeu de Réussite…


Dès que notre mal-être devient trop important, nous nous lançons, selon notre courage, dans une quête spirituelle de tel type, de tel genre, qui ressemble à ceci ou qui ressemble à cela…

Quelque soit le chemin choisi, nous serons toujours inviter à nous recentrer sur nous-mêmes. Alors, à l’aide de moyens tout simples, nous acceptons d’entamer un travail de recherche pour retrouver notre centre intérieur.

A un moment, nous croyons l’avoir trouvé et nous avons envie de nous y arrêter et ce serait bien dommage. En effet, ce centre n’est que le point de départ de tout notre cheminement personnel et c’est depuis ce Point que nous avons la possibilité de redécouvrir peu à peu un espace immense qui nous habite aussi, l’Univers.

Enfants, nous avions déjà perçu ce centre mais l’immensité que nous apercevions alors nous avait affolés. Peu à peu, à cause de notre entourage qui ne savait que nous faire partager ses angoisses et ses incertitudes, nous avons commencé à prendre peur de cette immensité. Nous avons alors fait le choix de la meubler en y mettant pleins "d’objets" qui étaient censés nous rassurer.

C’est là que, pendant de nombreuses années, nous avons concentré tous nos efforts pour fabriquer pleins d’objets de pouvoir et de protection, des refus et des certitudes, des convictions et des évictions. Nous avons faits des choix de vie qui nous permettaient d’éviter les critiques et jugements de notre entourage, parents, amis, enfants. En fait, nous sommes devenues une fabrique à étiquettes pour nous-mêmes et souvent pour les autres qui nous en "offraient" à leur tour.

Et un jour, le décor nous satisfait. Il nous protège et nous rassure tellement bien que nous ne nous rendons pas compte qu’il ressemble à une cave bien encombrée avec le minimum de lumière possible. Notre perception des mondes s’est fortement réduite et ça nous plait quand même, nous l’avons créé de nous-mêmes et cela seul compte à nos yeux.

Dans cette cave le calme règne mais nous nous rendons compte que nous manquons d’air ou plutôt d’Énergie. Qu’importe. Pour en trouver, un jour, nous décidons d’entrouvrir notre porte…

Cette Énergie dont nous avons besoin, ce ne peut être qu’une autre personne qui peut nous l’amener, c’est du moins ce que nous croyons fermement à ce moment. Alors nous n’avons plus qu’un souhait, partager cet espace que nous avons longuement créé avec un autre.

Et là, il y a peu de chance pour que ça convienne à cet autre qui a lui aussi créé son décor bien à lui. Faut-il quitter notre espace pour aller dans celui de cet autre ou est-ce à cet autre de venir dans notre espace ??? Ou encore doit-on s’efforcer de fusionner ces deux espaces en un seul qui risque d’être encore plus sombre ?

Si on est jeune, les deux espaces sont encore peu encombrés et la fusion des deux est souvent aisée. Mais à partir d’une certaine ancienneté, les deux espaces sont tellement surchargés que la fusion devient quasiment impossible. Si on tient vraiment à cette fusion, alors il devient indispensable de libérer de l’espace en faisant un gros nettoyage intérieur.

On pourrait comparer ce nettoyage à
un jeu d’échecs géant avec les deux camps,
les pièces noires et les pièces blanches.

Le jeu commence… et les pièces tombent les unes après les autres. Le terrain se vide jusqu’au moment ou l’un des joueurs se retrouve en position "Échec et Mat". Il a perdu et l’autre peut lui imposer sa victoire et surtout, son espace… aie, aie, aie…

Il y a une autre façon de jouer qui n’est pas très connue et c’est bien dommage. Elle consiste pour les deux camps à accepter de perdre les plus grosses pièces dès le départ. (Voir le texte : Douze Gros Cailloux à Méditer...)

Si les stratégies de jeu que l’on pratiquait avant laissent la place à une véritable volonté de progression et de découvertes de cet immense Espace vide qui nous fait si peur, alors, à un moment, les deux Reines se retrouvent face à face et la partie ne peut plus continuer, il n’y a donc pas de perdantes.

Le plateau est quasiment vide… Il n’y a plus que deux pièces, les plus belles et les plus fortes, qui peuvent le parcourir en long, en large, en travers, d’autant de cases qu’elles veulent. Elles peuvent se croiser ou s’éloigner, se frôler ou se toucher mais elles ne peuvent plus se manger… Et l’Espace qui nous faisait si peur auparavant nous enivre désormais…

Ce jeu d’Échec mérite t’il encore son nom ?
Ne devrait-on pas le renommer

Le jeu de "Réussite"

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© Pierre pour CROIX de LUMIERE. . .




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