Nous sommes toutes des Initiatrices…


Quel est le Rôle d’Initiatrice de la Femme ?

Comme une douce caverne est la matrice de chaque femme ou patiemment attend, lovée comme un serpent, une belle Déesse. Cette Déesse est sans âge.. parfois vieille sage ou mère de compassion, parfois jeune flamme ou brasier ardent…

Elle est la gardienne des valeurs sacrées du féminin…

Elle seule sait faire rimer Amour avec toujours, car celui qu’elle incarne est libre. Il vole avec les ailes du partage, se nourri de respect et de lumière et se pose sur les branches de la créativité. Elle peut être douce et compatissante, ferme et intransigeante, sans jamais être mièvre.

Sa puissance est infinie car la mort et la vie sont pour elle deux amies.

Au-delà de toute dualité, les mots bien et mal n’ont pour elle aucun sens, ni même la culpabilité.

Seul le grandir en AMOUR compte, et toute expérience vécue dans sa totalité, peut une fois intégré, en être l’opportunité.

Elle connaît de la souffrance toutes les racines et sait que l’une des plus tenaces est liée aux situations inachevées car elle nous laisse sous l’emprise d’un mental affamé. Sans cesse, il nous tourmente avec cette leçon incomprise et comme une araignée, il tisse au fil de ses doutes des bandelettes pour nous momifier, dans l’attente de finaliser cette expérience inachevée.

Desséchés, nous sommes condamnées pour l’éternité à finaliser l’expérience car seul le fruit de son enseignement sera nous libérer…

Le mental enfin rassasié, Elle relâche son emprise et nous laisse la liberté de savourer notre nouvelle capacité à s’aimer et à aimer. La Déesse connaît notre histoire depuis la nuit des temps. Elle nous suit dans notre cheminement et, respectueuse de notre liberté, n’intervient que si nous le lui avons demandé.

Mieux que quiconque, elle sait que nous choisissons toutes nos expériences de vie pour intégrer les enseignements restés en suspens. Elle sait aussi que les expériences que nous attirons ne sont pas en rapport avec ce que nous méritons, ni même les seules susceptibles de nous enseigner la leçon.

Elles sont plutôt le reflet de ce que nous croyons mériter, des punitions que nous pensons devoir nous infliger comme seules capables de nous enseigner.

Patiemment, Elle attend que lassées de cheminer sous les coups de fouets de la souffrance, sur les routes sinueuses de la peur, nous prenions le temps de nous asseoir et de nous aimer assez pour enfin s’autoriser à L’écouter.

Alors, par Elle, nous serons guidées sur la voix de l’acceptation, de la non résistance, parsemée de fleurs où les leçons sont apprises dans la joie et la pleine conscience, dans l’effort et la grâce.

Au plus profond de notre caverne sommeille notre Déesse, mais des éboulis de pierres nous cachent l’accès de ce lieu oh combien sacré ! Son souffle vient régulièrement nous caresser et dans nos songes, son appel à être réveillée, attise notre créativité. Mais encore trop souvent victimes de nos contes de fée, nous attendons en vain le prince charmant, qui de la grotte, viendra déblayer l’entrée, pour venir nous éveiller d’un doux baiser.

Or, le seul prince charmant assez brave pour entreprendre ce voyage où les secrets de l’Amour lui seront révélés, est celui qui par la Déesse initiée aura été sacré chevalier.

Celui dont le cœur n’a pas encore été fécondé reste sur les terres infertiles de l’Amour non initié et, aussi charmant soit-il perpétuel conquérant, il court indéfiniment accumulant toutes sortes de territoires sans parfois même prendre le temps de s’y reposer, de les respecter, de les savourer et de les honorer.

Dans cette quête sans fin, sous la soumission à ses acquisitions, pris au piège de l’inachevé comme un esclave, il sera momifié. Si le secret qu’elle porte n’a pas été par l’Amour révélé, une conquête aussi prestigieuse soit elle, ne peut être source de satisfaction, de sérénité et de liberté. Ce genre de prince est juste capable de faire exploser l’entrée de la caverne, d’offrir à la Déesse endormie une danse endiablée, pour, très vite sur sa couche, la reposer sans avoir même pris le temps de vraiment l’embrasser et encore moins celui de l’écouter.

Il repartira au galop sans voir que dans sa précipitation, il a déclenché un écroulement obstruant plus encore l’accès à la grotte sacré. C’est au fil des siècles, que c’est peu à peu refermé, sous des murs de mensonges sans cesse renouvelés, le secret par la femme révélée de la puissance d’Amour. Il s’est vu être tristement remplacé par l’amour de la puissance de la peur « en saignée ». Est- ce au temps des cavernes, que pour mieux être protégée par l’homme et protéger son bébé, la femme a voilé sa puissance et affiché sa vulnérabilité ?

Est ce la crainte de cette puissance manifestée par la maternité ou encore la capacité à vivre comme des vagues plusieurs orgasmes d’affilée ou tout simplement, cette infinie capacité à aimer, qui à poussé l’homme à abuser de ce pouvoir, qui lui avait été donné ?

Cette crainte ne la t’elle pas aveuglé sous le glaive rougit de l’orgueil pour ignorer un sentiment d’infériorité, face à un mystère de toute beauté ? Et pris au piège de la peur, n’a-t-il pas choisi de soumettre et de nier le Féminin Šacré ?

La peur et sa sœur l’ignorance, voilà les seules responsables, de tant de siècles de violences et de souffrance…

Encore à notre époque, même au cœur des pays dit les plus civilisés, persiste l’esclavage du Féminin Šacré. Quoi que maintenue dans des formes parfois plus subtiles, il reste néanmoins toujours aussi aliénant. Sur la scène politique, les rares femmes présentes sont celles qui ont mis de côté les valeurs du féminin pour devenir parfois aussi fourbes et féroces que ceux qui maintiennent leur pouvoir sous la coupe de la peur. Il en est de même dans le monde des affaires. Le contrôle, fils de la peur, est la valeur suprême qui règne à tous les niveaux dans nos sociétés.

L’extase, la joie ou l’envie de vivre, enfants de liberté, s’en trouvent bien mal menés.

La liste est longue des discriminations, et des oppressions subie par la femme et elle touche tout les secteurs d’activités. Aucune religion n’a donné aux femmes les mêmes droits d’expression qu’aux hommes. Sa place dans l’histoire de l’humanité a toujours été reniée ou dévalorisée. Les violences et les humiliations subies sont presque considérées comme normales depuis des siècles et pas seulement par les hommes.

Nos Féministes, avec les plus belles intentions de liberté et d’égalité, se sont battues pour que nous ayons les même droits que les hommes sans même se rendre compte qu’en agissant ainsi elles donnaient encore plus de valeurs aux activités masculines en ne favorisant pas la reconnaissance des valeurs féminines.

N’aurait il pas été plus judicieux de se battre pour que le statut de mère au foyer soit reconnu et rémunéré comme tout autre activité. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui montre que la femme elle-même, en toute inconscience, maintient cet esclavage en dévalorisant les valeurs sacrées de sa féminité.

Si nous prenons le temps d’examiner avec lucidité le miroir que nous offre le lac des jugements portés sur les valeurs associées au Féminin Šacré, nous verrons sans l’ombre d’un doute, qu’il n’est en fait qu’un marécage de mensonges créé pour nous dévaloriser. N’est-il pas insensé de nous nommer le sexe faible, alors qu’une femme peu surfer sur les vagues d’orgasmes consécutifs, qui ne cessent de la vivifier, pendant que l’homme non initié, seulement après la première vague, doit sur le sable se récupérer !

N’est-il pas inconcevable que toutes les qualités comme la gentillesse, la générosité, le partage ou l’humilité, en lien avec notre capacité à aimer, soient considérées comme des signes de faiblesse, de vulnérabilité !

C’est pourtant sur la voix de l’acceptation de cette vulnérabilité, à la source même de notre capacité à aimer, que nous connectons à la plus puissante des forces ! C’est dans notre ventre, que la bombe a été placée, et c’est là qu’il nous faut retourner, pour la désamorcer.

Seule notre Déesse peut briser les chaînes d’esclaves transmises par nos mères, et maintenues par nos pères, et par la même, nous révéler initiatrices.

Libérée, notre matrice nous offre aussi l’opportunité de donner à nos enfants une première terre fertile couvertes de fleurs d’amour et de paix.

Ainsi nourris les neufs premiers mois de leur vie, ils vont naître avec un trésor, portant l’espoir d’un monde nouveau. Une femme qui aime avec respect son ventre et son sexe comme une terre sainte a fait germer chez ses enfants, la capacité à aimer et à respecter la terre, à la sacralisé et à la préserver. Ce voyage vers l’intérieur, qui à chaque pas nous dénude d’une peur, est une vrai révolution contre nos fausses convictions. C’est par nos larmes de compassion, que nous éroderons chacune des pierres et comme les rochers léchés par la mer, elles prendront la forme de statuts, symboles de nos enseignements vécus.

Dévêtu de nos peurs, l’Amour nous offrira sa puissance pour déplacer et aligner chacune de ses sculptures, créant comme dans un temple un défilé nous invitant à aller au cœur de la grotte, ou attend notre Déesse depuis bien longtemps.

Notre masculin intérieur par ces efforts révélés, comme un chevalier dévoué, au service de sa bien aimée, prendra sa juste place. Ensemble, main dans la main, réconciliés, vous pourrez aller réveiller la Déesse tout en délicatesse avec un doux baiser.

Alors, Elle vous révèlera peu à peu tous vos dons de femme initiatrice. Vous deviendrez à la fois la porte et la clef, le miroir magique ou chacune et chacun pourra trouver la faille qui lui donne l’accès, au plus profond de ces secrets…

Vous serez celle qui accueille et accompagne sans jamais diriger , celle qui révèle et incite à persévérer, sans jamais nommer, car par la Déesse vous serez nourrie, et enseignée de l’attente et du besoin de reconnaissance vous serez délivré, et du jugement préservé .Vous incarnerez celle qui, au service de l’amour, nous transporte d’Eros à Agapé.

Les rencontres ne seront plus appelées par un vide à combler mais par une plénitude à partager. Vous sonnerez l’appel, au souvenir constant, qu’entre ciel et terre, cascade lumineuse et geyser d’amour se mêlent et s’emmêlent pour nous offrir un nectar sans cesse renouvelé, qu’à chaque instant, nous pouvons savourer, quant à la présence, on apprend totalement à s’abandonner. A célébrer joyeusement la vie, par votre être nous serons conviées…

Vous pourrez alors inviter l’homme à venir traverser le temple, dans lequel chacune des statuts lui comptera l’histoire du féminin et du masculin, de leurs combats stériles à leur réconciliation possible.

Par chacune de ces statuts, il sera convié au voyage intérieur, au-delà du marais des mensonges destructeurs, dans un palais de glace vers les hautes cimes ou leurs énergies féminines, attendent d’être délivrées de leurs peurs. Sur le chemin, par son âme accompagné, il verra germer et fleurir jusque dans son cœur, les graines du véritable amour de soi. Allongé sur la terre de la caverne, aux pieds des statues, en respirant et en caressant l’humus, il recevra l’enseignement de l’humilité.

Alors, la Déesse lui offrira le feu du pardon pour forger son épée de lumière…

C’est armé de son courage, de sa patience et de sa persévérance qu’il entreprendra son voyage. Il devra affronter et pourfendre ses ombres aux yeux injectés de colère, couvert de manteaux d’orgueil, chaussées de doute et aux cœurs chargés de peur, brandissant des épées de culpabilité. Comme une onde sans cesse renouvelée, la Déesse l’aura encouragé, guidé, soutenu de son infinie tendresse.

Dénudé de son orgueil et libéré de sa peur, l’homme aura appris à s’aimer au cœur même de son imperfection et à aimer, sans attendre la perfection.

Au service de son énergie féminine, par sa vaillance libéré, sa puissance, il offrira, et chacune de ses actions, par son féminin ainsi inspiré, reflètera de l’amour l’éclat immaculé. Il pourra enfin goûter aux saveurs d’éternité, ou tout n’est qu’unité, dans ses unions de cœur à corps, avec la Déesse incarnée.

De l’extase, il saura enfin se délecter… De la joie et de la vie, il saura célébrer car dans les bras de la Déesse il aura appris à s’abandonner…

Sans regret, il pourra quitter le contrôle qui lui vient de la peur pour entrer dans la maîtrise née de la confiance. La femme, par la Déesse initié, pourra inviter autant ses sœurs que ses frères à faire le voyage, et les guider pour qu’ils trouvent en leur cœur, la clef qui les rendra libres d’aimer.

Tout son être est invitation à ce voyage initiatique. Ceux qui ne sont pas prêts à prendre leur billet l’évitent soigneusement et la craignent terriblement. Son principal enseignement est que l’amour, Source Sacrée de Vie, est avant tout notre véritable nature et que la vie n’a pas pour but de le chercher à l’extérieur de nous pour en être nourrie, mais plutôt de le retrouver en nous afin de l’incarner et de le manifester, pour le voir et le révéler dans toutes formes de vie.

Lucide plus que jamais, l’homme ne viendra délivrer du cachot où il l’a jeté, pour se rendre aveugle à la peur qui la rendu aliéné, la femme initiatrice peut-être l’instigatrice d’une révolution, d’un renversement qui sera le fruit de plus de vies que de morts.

La femme enfin consciente de la puissance de ses valeurs pourra définitivement sortir de l’esclavage et prendre sa place. Par la Déesse enseigné, elle aura intégré que le pardon est bien plus puissant que toutes formes de vengeance.

Elle ne cherchera donc pas à son tour à dominer les hommes. Subtilement, elle saura les aider à quitter leurs conditions d’esclaves aux besoins insatiables de l’égo. Alors, leurs qualités retrouveront toutes leurs beautés car librement, elles seront mises au service de l’énergie féminine…

Alors nous pourrons voir naître l’espoir d’un nouveau monde libre bâtit sur les valeurs de l’Amour…

Elisabeth Lhotellier, mars 2008.

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