Hypatie : Femme Philosophe,
Astronome et Mathématicienne...



De 370 à 415 après Jésus-Christ.


Au quatrième siècle après Jésus Christ, depuis l’antique cité d’Alexandrie en Égypte où tu vécus, très peu de choses nous sont parvenues de toi, chère Hypatie. Cependant les savants, les philosophes et les poètes, à travers les siècles n’ont jamais cessé de te rendre hommage. On a dit de toi que tu étais Minerve réincarnée...

Plus près de nous, des philosophes comme Descartes, Newton, Leibniz ont contribué à faire connaître tes travaux. Tout récemment, la Nasa donnait ton nom à un jour de son calendrier.

Mais quel mystère étais-tu donc pour que ta présence, malgré les rares traces des écrits que nous ayons de toi (quelques lettres, quelques phrases qui ont pu être préservées de la destruction), nous rejoigne de si loin et nous parle toujours ?

À l’approche de ce que fut ta vie, nous le comprenons davantage et nous ne pouvons nous empêcher d’être émus par la puissance du témoignage que tu nous livres.

Tu étais fille d’un mathématicien du nom de Théon, considéré à son époque, comme l’homme le plus cultivé de l’Égypte. Il t’apprit tout ce qu’il savait des enseignements de Pythagore, de Platon et de Socrate ; tu étudias les théories de Ptolémée, tu étudias l’astrologie, l’astronomie, la philosophie et les différentes religions du monde. Plutarque d’Athènes t’enseigna la Théurgie cette science profonde des mages qui fait appel à la connaissance spirituelle des pouvoirs de la Nature. Tu fus en Égypte à la tête de la plus importante école de philosophie à Alexandrie où tu enseignas la philosophie naturelle, la musique et les sciences.

Les témoignages historiques font mention non seulement de ton intelligence exceptionnelle mais aussi de ta bonté et de ta nature vertueuse, toi dont la beauté émerveillait. Quelques mots simples, empreints d’intériorité et de modestie nous parviennent de toi et traduisent la qualité de ton être :

"Soyez bon et gardez votre voix basse"...

Par la profondeur de tes enseignements et la qualité de ton éloquence, tu devins une grande pédagogue, cherchant à éveiller chacun à sa propre intelligence et nombreux étaient ceux et celles qui venaient des villes éloignées pour t’entendre commenter Platon et Aristote ainsi que les œuvres des grands mathématiciens. "Réservez votre droit de penser, - écrivais-tu - parce qu’il est préférable de penser incorrectement que de ne pas penser du tout".

Toute ta vie, tu as cherché la vérité afin de la transmettre et de la préserver contre les fanatismes de l’ignorance et du dogmatisme religieux. Tu as cherché, dans une époque trouble empreinte de fétichisme, à éclairer tous ceux qui venaient chercher la sagesse auprès de toi et tu exerças une influence majeure sur les plus grands esprits de ton siècle.

Tu eus un disciple fameux, Sinécios de Cyrène, à qui tu enseignas les lois de l’Univers et la voie de la connaissance intérieure. C’est à travers des lettres que vous vous échangiez que l’on te rencontre un peu. L’on y apprend que tu réalisais certains outils dont l’Astrolabe qui servait à l’étude des mouvements des corps célestes, instrument avec lequel tu enseignais l’astronomie. L’on te connaît plusieurs inventions aussi dont un instrument servant à distiller l’eau et l’hydromètre servant à mesurer la gravité de l’eau.

Nous n’avons plus les traités majeurs d’Astronomie et de Mathématiques que tu écrivis, ils furent détruits, mais l’on sait que tu écrivis un commentaire sur Diophante, un traité d’Astronomie et un commentaire sur les sections coniques d’Apollonius. On te connaît un important traité d’Algèbre et de Géométrie. Tu développas, en géométrie, le concept de l’Hyperbole, de la Parabole et de l’Ellipse et les rendit plus accessible à la compréhension. Tu eus en occident un impact profond sur le développement des Mathématiques et l’on te considère comme la première Femme en occident à avoir eu une influence déterminante sur les Mathématiques.

Ta quête de la Sagesse n’avait d’égale que ton combat pour la liberté de penser et tu dénonças toutes formes de superstitions ou de dogmatismes. "Toutes religions formelles et dogmatiques sont fallacieuses et ne doivent jamais être acceptées comme absolues par quiconque se respecte" écrivais-tu.

Mais au 4ème siècle après Jésus Christ, à l’époque où tu vécus, régnait l’obscurantisme et le chaos. Les pères de l’Église voyait d’un mauvais œil que grâce à tes cours sur Platon et sur Plotin, tu révélais les mystères religieux inventés par l’Église. Alors, ceux-ci te considérèrent comme dangereuse... De plus grâce à ta connaissance de la Théurgie, tu instruisis les masses sur les pouvoirs de la Nature et expliqua que ce que l’autorité cléricale nommait Miracle divin afin de s’assujettir les foules n’était que l’utilisation des pouvoirs de la Nature. "Enseigner des superstitions comme des vérités est la chose la plus terrible" peut-on lire de ta main...

Il n’en fallait pas davantage pour que Cyrille qui représentait l’autorité de l’Église à Alexandrie, jaloux et envieux de ta popularité auprès du peuple et opposé à Oreste, gouverneur civil de l’époque auquel tu t'étais liée d’amitié, fomente un complot. Une meute d’individus brutaux s’insurgèrent contre toi. Sur la place publique, ils se saisirent de toi et lacérèrent tes chairs avec des coquilles d’huîtres avant de brûler ton corps.

Dernière Etoile de la Sagesse antique comme te surnomma Helena Petrovna Blavatsky, tu connus la fin tragique des Pionnières qui ébranlent les dogmes et ouvrent de nouveaux chemins. Mais ton respect de la vérité, ton amour de l’humain dans sa conquête de lui-même te permirent de préserver les lumières d’un savoir afin qu’il parvienne jusqu’à nous. A travers les siècles, ta ferveur est un phare qui transperce les obscurités et certainement, tu tiens la lampe de Minerve la Déesse, pour guider ceux qui de tout temps cherche la Source Lumineuse de la Sagesse.


Citations d'Hypatie :

Toutes les religions formelles et dogmatiques sont fallacieuses et ne
doivent jamais être acceptées comme absolues par quiconque se respecte…


Réservez votre droit de penser, parce qu’il est Préférable
de penser incorrectement que de ne pas penser du tout…


Enseigner des superstitions pour des vérités est la chose la plus terrible…


Origine : www.journeedelafemme.org / femmesdepouvoir_f.htm


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