L’Autre, souvent un simple Placard pour nos peurs…

Trouvez l’âme-sœur, notre moitié, notre complémentarité… Tout le monde connait les difficultés que nous rencontrons pour trouver ce complément que nous croyons indispensables à notre vie.

Mais pourquoi est-ce si difficile de trouver chaussure à son pied…

Simplement parce que nous cherchons quelqu’un qui va répondre à nos attentes, attentes qui sont très souvent de nous rassurer sur nos doutes, nos peurs, nos angoisses de toutes sortes et ce, sur tous les sujets de la Vie qui nous accrochent et nous perturbent.

En fait, nous ne cherchons rien d’autre qu’un placard qui pourra tout contenir dans le seul but de nous décharger de tout ce fatras douloureux que nous ne supportons pas car nous sommes persuadés que c’est cela qui nous empêche d’être heureux.

Notre inexpérience, quand nous sommes encore jeunes, nous permet de trouver un grand placard avec des portes largement ouvertes et qui va permettre de fonder une famille. Mais au fil des années, avec l’éducation des enfants qui nous accaparent, nous pouvons ne pas nous rendre compte que nous continuons à remplir le placard d’en face qui, de son côté, continue de nous remplir de tout de ce qui ne va pas en lui.

Et un jour, c’est l’accident… L’un des deux placards craque, ses portes s’ouvrent violemment en claquant sinistrement et tout son contenu se déverse violemment avant de nous renvoyer en pleine face, réveillant au plus profond de nous des souffrances et des doutes que nous avions crû bien cachés.

Face à ce déluge qui nous submerge, il nous faudra quelques années pour tout évacuer ou plutôt pour redonner une esthétique plus rassurante à chacune de nos facettes.

Quand notre état semble nous donner satisfaction alors nous nous décidons à repartir à la recherche d’un second partenaire mais en fait, nous recherchons un deuxième placard, bien plus grand que le précédent, simplement parce que la peur de l’échec qui nous envahit en permanence a grandement augmenter le volume à stocker.

Mais en même temps, nous sommes devenus suspicieux et dans toutes les rencontres que nous engageons, nous restons particulièrement hermétiques. Ne vaut-il pas mieux ne pas prendre de risque sinon nous pourrions très vite être submergés par le contenu de la personne en face de nous.

En fait, par prudence, nous sommes devenus un tout petit placard et face à nous, défilent des personnes qui ont réduits le leur comme nous. A l’évidence, jamais nos doutes, nos peurs et nos angoisses, qui n’ont fait que croitre, ne pourront tenir dans le bien trop petit placard qui se présente à nous…

Cette quête peut dure des années et chaque échec augmente le volume à dissimuler alors que les placards en face continuent de rétrécir…

"Mission impossible"…

Pourtant, après un long travail de réflexion, grâce à des rencontres qui nous ont permit de mieux nous percevoir, nous en arrivons à la conclusion qu’il est temps d’abandonner cette idée de trouver "chaussure à son pied" et qu’il faudrait simplement réduire le volume de tout ce que nous trainons derrière nous.

Alors nous rentrons dans une phase de recherche sur les différents moyens de réduire cet encombrant paquetage… Lectures de livres philosophiques ou à caractères spirituels, stages de développement personnel, thérapies aussi diverses que contradictoires… le parcours du combattant qui doit d’abord découvrir que le plus beau combat que l’on puisse gagner, c’est celui contre soi-même, contre ce Soi bien trop égotique. Sinon, ce paquetage continue d’augmenter de volume tant que nous rejetons la responsabilité de notre mal-être sur les autres et que nous attendons des miracles de la médecine ou des religions, miracles qui ne viendront jamais.

Après d’énormes efforts, nous découvrons que nous sommes l’unique responsable de notre état et que les autres n’étaient là que parce que nous voulions les charger de nos doutes et de nos souffrances. Devant ce qui n’est qu’une évidence, nous décidons d’abandonner ce très mauvais schéma de vie. Grâce à cette ouverture de conscience, en très peu de temps, notre paquetage va se réduire à une peau de chagrin au point que nous découvrons que nous avons bien plus de facilité à trouver chaussure à notre pied puisqu’un tout petit placard devrait nous suffire désormais.

Et nous pouvons encore aller plus loin en reprenant notre vie dans sa totalité sans laisser le moindre morceau à d’autres. Mon corps est malade, j’analyse et je comprends pourquoi… alors la guérison intervient naturellement. Je deviens mon propre thérapeute et toute ma vie s’illumine. Je deviens philosophe et je peux partager le plus largement possible.

A ce moment, je découvre que je n’ai plus rien dans mon paquetage…
Et que je n’ai plus besoin de trouver un placard, même tout petit…
Ma liberté existe parce que je me suis vidé de mes doutes et de mes peurs.

Mais alors je n’ai plus besoin de l’Autre…
Au lieu d’ouvrir les portes de mon vieux placard
Je peux désormais ouvrir les portes de mon Cœur.



© Pierre pour CROIX de LUMIERE. . .




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